16.03.2010

Sentimental bourreau... suite d'hier

( suite d'hier...)

Le soir de la représentation arriva.


Découvrez Boby Lapointe!



Cliquer sur le petit triangle blanc...
Il était une fois
Un beau petit bourreau
Pas plus grand que trois noix
Et pas beaucoup plus gros
Des hautes et basses OEuvres
Etait exécuteur
Et pour les basses OEuvres
Etait à la hauteur
N'avait jamais de trêve
Et jamais de repos
Et en place de grève
Il faisait son boulot

Pourtant couper des têtes,
Disait-il, ça m'embête
C'est un truc idiot
Ça salit mon billot
Pour nourrir ma vieille mère
Je saigne Paul ou Pierre
D'un geste un peu brutal
Mais sans penser à mal
Sentimental bourreau
Aïe, aïe, aïe,... aïe, aïe, aïe,...

Un soir de sa fenêtre
La femme du fossoyeur
Héla l'homme des têtes
Et lui ouvrit son cœur
Depuis longtemps sevrée
De transports amoureux
A vous veux me livrer
O bourreau vigoureux!
Je vous lance une corde
Du haut de mon balcon
Grimpez-y c'est un ordre
Allons exécution!

A partager sa couche
La belle l'invita
En quelques coups de hache
Il la lui débita
L'époux au bruit du bris
Survint un peu inquiet
Il partagea l'mari
Pour garder sa moitié
Comme la dame inquiète
Suggérait : " Taillons-nous ".
Il lui coupa la tête
Et se trancha le cou

Prince prenez grand soin
De la doulce Isabeau
Qu'elle n'ait oncques besoin
D'un petit bourreau beau.

...................................................................................................................................................................
Sentimental bourreau était chanté en deuxième partie. On peut dire qu’il s’agissait d’un des moments forts du spectacle. Les chanteuses portaient une tenue de bourreau fort seyante, avec une cagoule confectionnée dans un tissu marron acheté par le trésorier. Elles l’avaient découpé avec précision afin que la bouche et les yeux soient juste en face des trous adéquats: il était toutefois prudent de ne pas bouger la tête trop brutalement afin d’éviter des désagréments lors des déplacements notamment.
medium_petit_bourreau_2.JPG
La chanson avait fort bien débuté; elle se déroulait sur un rythme enlevé et bien soutenu par la guitare du chef quand, en plein milieu, au moment où on chante « aïe, aïe, aïe... », vous savez, une chanteuse chancela et s’effondra sur la scène. Les spectateurs, imaginant que la chanson était terminée, s’étaient levés et applaudissaient avec enthousiasme pendant qu’on transportait Rosita, c’est ainsi que s’appelait notre interprète défaillante ( je n'avais aucune raison de la présenter jusqu'à cet instant précis), dans les coulisses. On pensa à un évanouissement occasionné par la cagoule. Hélas, malgré un bouche à bouche prolongé pratiqué par le chef qui possédait depuis son passage à l'Ecole Normale d'Auch son diplôme de brancardier-secouriste, on dut constater l’évidence: Rosita était morte!
Le présentateur du spectacle, Christobal, s’avança devant le rideau et, la gorge nouée par l’émotion, réussit à articuler:
- Mesdames et messieurs, veuillez excuser cette interruption indépendante de notre volonté...
Et dans un sanglot:
- Le spectacle continue!
Toute la troupe ( sauf Rosita évidemment) revint alors pour interpréter avec beaucoup d’émotion la dernière chanson du programme: de profondis scorpionibus.


( suite et fin demain)

15.03.2010

Sentimental bourreau...

medium_guillotine.2.jpg
N'ayant pas trop de temps actuellement, je publie une nouvelle fois, en modifiant quelques petites choses, ma note de l'an passé.


Cette année-là, Riton, le chef, avait décidé d’inscrire au programme du concert de Boé si Boé la, une chanson de Boby Lapointe, " sentimental bourreau ". Je sais; elle n’est pas facile mais il y a dans cette troupe des chanteurs et chanteuses de grand talent.
Tchita faisait partie de l’élite. En plus, elle était jolie,Tchita.
Elle a des yeux .Ah les beaux yeux!
Si noirs qu’ils en sont lumineux...
  ( autre chanson de Boby Lapointe)
Bébert était amoureux de Tchita et il faisait tout pour la séduire. C’était un ténor contrarié: il essayait de barytonner car ça fait plus mâle, plus macho, mais il "descendait" avec difficulté jusqu’au sol ( la note bien sûr), et encore... ! A chaque pause, il extrayait d’une poche de sa veste une petite flûte irlandaise, celle qui est en « fa » vous savez, s’isolait dans un coin de la scène et il jouait étoile des neiges, la valse brune... en lorgnant Tchita avec des yeux de chèvre morte ( c’est une expression que j’ai parfois entendue quand j'encadrais des colonies de vacances dans les Pyrénées et que j’utilise de façon hasardeuse car, de chèvre morte, je n’en ai jamais vue). Elle, faisait comme s’il n’existait pas et discutait avec les unes et les autres jusqu’à ce que le chef ordonne la reprise de la répétition.
Tchita avait un penchant pour Jack; celà se voyait à sa façon de le regarder quand il faisait la seconde voix sur le De Profondis Scorpionibus. Il n’avait aucun mal pour descendre jusqu’au mi, Jack. Il était grand, la moustache conquérante, le genre de gars qui trouble un peu la sérénité des chorales paroissiales à majorité féminine.
Heureusement, le chef avait de l’autorité, même s'il ne portait plus de cravate depuis longtemps déjà. Il avait été instit, alors...


( la suite demain)


Découvrez Boby Lapointe!





Elle a des yeux. Ah, les beaux yeux
Si noirs qu'ils en sont lumineux
Elle a des yeux. Ah, les beaux yeux
Coquins coquins et merveilleux
Elle a des yeux. Ah, les beaux yeux
Immenses et pourtant malicieux
A faire damner tous les saints du Bon Dieu.
Ses yeux.
Refrain :

C'est Tchita la créole
Elle m'obsède elle m'affole
Elle me fait du charme
Elle m'affole; elle m'alarme
Pourtant quand j'la rencontre
J'dois paraître, j'en ai honte
Pas assez énervé,
Elle m'offre du café
Tchita si, Tchita là, Tchita, Tchita, Tchita boum (bis)

Elle a des pieds. Ah, les beaux pieds
A faire rêver un savetier
Elle a des pieds. Ah, les beaux pieds
A faire rêver un financier
Elle a des pieds. Ah, les beaux pieds
A faire rêver le monde entier
Sûr qu'z'ont bien chacun cinq ou six jolis doigts
De pieds.
Refrain

Elle a aussi une caf'tière
Mais alors là quelle cafetière
Oh ! Par exemple quelle cafetière
Pour une caf'tière c'est une caf'tière
C'est une énorme cafetière
Qui la cache toute entière
Et on ne voit pas comment qu'elle est derrière
Tchita


Le petit qui a fait l'affiche
Pour sûr, lui il s'en fiche
Té ! On lui a dit "fais
Une affiche pour l'café
Peins une grosse cafetière
Et tout petit derrière
Un'pin up qui la tient
... Et le petit l'a peint !
Tchita çi ! Tchita là ! Tchita, Tchita, Tchita boum ! (bis)

13.03.2010

colombine


podcast
Cliquer sur podcast noir ( sur le vert, chez moi, ça ne marche pas).

personnages.jpgColombine, poème de Verlaine, musique de Brassens, sera au programme de notre concert de début avril à Boé ( il reste quelques places). J'ai enregistré notre vraie première répétition avec Roger à la guitare et Thierry à la basse ( mes deux compères du quartet Plein Jazz corvéables à merci!). Georges, j'en suis certain, ne me tiendra pas rigueur du style bossa nova que j'ai imaginé pour cette chanson; ni Verlaine. Je connais suffisamment leur ouverture d'esprit et ne m'inquiète donc pas.

Je m'invite aussi discrètement que possible à la clarinette ( pour le moment) afin de ne pas gêner les principaux interprètes que sont les choristes. Que dire à leur sujet? Simplement, et sans leur jeter des fleurs, que ça n'est pas, déjà, si mal mais que nous sommes capables de faire mieux encore...Nous l'avons déjà prouvé.

12.03.2010

est-ce grave?

img_Ecole-maternelle--Menilmontant--1948_Willy-RONIS_.jpgC’est la question que je me pose aujourd’hui. Figurez-vous qu’il m’arrive parfois d’inverser, de lémanger mélanger même, les lettres d’un mot … comme je viens de le faire à l’instant. Comme je pate sur mon clavier avec le majeur de la main gauche et l’index de la amin (excusez-moi) main droite, une vieille habitude dont je n’ai pas nevie de me défaire car on ne sait jamais quel traumatisme cela pourrait provoquer dans mon crâne déjà fatigué ( le « déjà » est peut-être de trop).

Je me suis inquiété (mettez-vous à ma place): quel est le doigt indiscipliné, quel est celui qui veut aller plus vite que l‘autre? Ou bien celui qui va trop lentement? Si je découvre le coupable, je ne le couperai pas certse car j’ai besoin de tous mes doigts pour jouir jouer ( voilà qu’un doigt s’est trompé carrément de lettre!) de la clarinette et du saxophone, masi je prendrai des mesures disciplinaires: je ferai appel à un remplaçant. Huit sont sur le banc de touche et n’attendent que mon signal pour crapahuter sur le clavier.

Alors, je surveille et quand je surveille, il ne se passe rien; malins ces doigts!

Je me demande tout de même s’ils sont responsables. Car ils ne font qu‘exécuter. Alors, si c’étaient les mains…ou le CERVEAU! Putaing… le cerveau! Je n’ose envisager cette hypothèse! Roro tente de me rassurer en me disant que mélanger les lettres est peut-être moins grave que les mots, les noms… Tu imagines, dimanche !

Je vous fais écouter un enregistrement de répétition récente; nous chanterons les baladins pour notre concert de début avril. Encore quelques imperfections, mais nous les corrigerons...

Il faut cliquer sur podcast NOIR


podcast

PS ( vous l'interprétez comme vous voulez): la photo est de Ronis. Aucun rapport avec la note mais j'aime.

11.03.2010

cravaté...

                                                                 - IMG_0033.JPGC'est quoi ce bazar sur le lit? Pourquoi ce déballage?

Roro m'interpelle depuis la chambre d'amis, dans laquelle se trouve une armoire en merisier clair, achetée dans les années 70 (?)... un investissement considérable à cette époque lointaine car il s'ajoutait à l'acquisition de notre pourtant humble pavillon de bord de canal modestement latéral, pavillon que nous occupons toujours et, j'espère, pour encore longtemps.

- Qu'est-ce, dis-je d'une voix innocente?

- Pourquoi cette exposition de cravates? N'étaient-elles donc plus à leur place dans notre belle armoire? Que comptes-tu en faire, s'il te plaît? Les vendre, peut-être? Les donner au Secours Populaire? ...

numérisation0010.jpg- Je t'explique, dis-je calmement ( je suis très patient!). Monsieur Chatel va sûrement faire appel à mes services compétents pour effectuer des remplacements dans les écoles et pallier ainsi les absences trop fréquentes, abusives oserais-je dire, des enseignants. Je me prépare donc. Cette mission va me permettre de porter de nouveau la cravate, attribut que j'avais abandonné depuis longtemps mais indispensable pour affirmer une autorité tellement défaillante dans nos écoles en raison des tenues négligées de nos pédagogues du moment... Je n'en dirai pas plus sur ce sujet que j'avais déjà évoqué  dans une note récente. Comment peut-on imaginer un cours sur les fractions en jeans et baskets, je te le demande!

- Je vais repasser ta Saint Laurent...

Putaing; je ne savais pas que j'avais une Saint Laurent! Je ne sais même pas la reconnaître! Celle que je préfère est une Brice d'Alban 100% soie; la classe. Je la portais pour nos soirées de gala. Pour l'école, j'en choisirai une plus sobre. Pas de fantaisie: discipline avant tout. Une, deux, une deux... etc. Ce sont les parents qui vont être contents!

09.03.2010

la pince à linge


podcast

Boé si Boé la répète la pince à linge (il faut cliquer sur podcast noir)

Cela fait trois ou quatre ans que je prédis à mes choristes, sans y croire vraiment:

- Nous chanterons la 5ème de Beethoven, version Francis Blanche; ça n’est pas facile, d’accord, mais je connais votre talent. Nous y arriverons!

Je n’aurais pas dû leur faire écouter les Quatre Barbus. Evidemment, quand on entend leur interprétation de ce morceau de bravoure, on a tendance à baisser les bras.

- On n’y arrivera pas chef*, c’est trop difficile et patati et patata…

Et bé… nous chanterons la 5ème le soir du 10 avril, à l’occasion de notre grand concert annuel ( Nous donnons un concert par an, ce qui est beaucoup!).

J’ai noté ici et là quelques petites imperfections qui seront, j’en suis certain, corrigées au cours de prochaines répétitions.

AnavonRebeur11.jpg

Reste à mettre en place une mise en scène originale. Mais faites-moi confiance, j’y ai déjà beaucoup réfléchi. Ce putaing d’hiver sera, je l’espère terminé. Aussi, j’ai imaginé que les choristes se dévêtiraient entre chaque mouvement ( je resterai seul habillé comme dans le dessin de Ana Von Reben) et termineraient en fixant leurs sous-vêtements ( pour une fois certaines en porteront ce soir-là) sur une ficelle tendue sur toute la largeur de la scène sous les applaudissements nourris et les hourras de la foule. Pour le moment, seule Roro est au courant. Elle me fait la gueule…

 

*Certains m’appellent Maître; je préfère!

PS: je voulais écrire quelque chose sur monsieur Chatel ( je ne mets pas ^ car il ne le mérite pas). J’avais commencé, ce matin, mais la colère m’a pris, en écrivant, et je n’ai pas pu continuer. Peut-être demain, si je suis plus calme.

08.03.2010

l'héritage... suite et fin

....suite de ma note d'hier...

Le lendemain, ils décidèrent de rendre visite au maire afin de lui demander conseil à propos de cet héritage compliqué.
Ce maire était aussi directeur de l'école publique donc capable de résoudre les problèmes les plus ardus. Je l'ai connu personnellement car nous étions dans la même promotion à l'école normale d'Auch, une promotion particulièrement riche en individus dotés d'une intelligence largement au-dessus de la moyenne. Et le maire de Pimpous était le meilleur en math; pour vous dire son niveau!
Il réfléchit une petite minute puis il leur dit:
vache.jpg"
Allez chez Gaston et demandez-lui qu'il vous prête une de ses vaches; c'est un de vos amis et il le fera avec plaisir. Vous aurez ainsi 18 vaches au lieu de 17 et vous pourrez faire le partage de la façon suivante:
- la moitié pour toi, Pierre ( l'aîné) soit 9 vaches
- le tiers pour toi, Paul ( le second) soit 6 vaches
- le neuvième pour toi, Jacques ( le cadet) soit 2 vaches...
Celà fait bien 17 vaches. Vous rendrez alors la dix-huitième à Gaston."

En Gascogne, les choses les plus compliquées deviennent simples... Un petit séjour dans nos vallons et vous revenez chez vous avec un ou deux points de QI supplémentaires. Garanti...

07.03.2010

l'héritage

Jules, petit paysan de Pimpous, village gascon de moyenne altitude, avait 17 vaches et 3 fils. Sa femme s'était laissé séduire par le tubiste de la Bandas Los Prunos et l’avait quitté sans tambour ni trompette quelques années après son retour des Aurès. Il faut dire que son séjour de deux ans dans ces montagnes lointaines et arides l’avait rendu taciturne, difficile à vivre…

 IMG_2282.JPGJules mourut des suites d'un repas d'ancien combattant d‘Algérie. ( Moi je n'y vais jamais; mes bribes de souvenirs me suffisent)  Il avait laissé un testament olographe qu'on découvrit dans son portefeuille en cuir de chameau acheté à Batna en 1962, au moment de sa libération.

Il léguait la moitié des vaches à l'aîné, le tiers au second, le neuvième au cadet.
Je dois vous dire que la scolarité de Jules s'était arrêtée net au niveau du certificat d'études ; il ne l'avait pas obtenu à cause d'un problème sur les fractions.
Trois enfants se partagent une croustade à l'armagnac de ...grammes. L'aîné en prend la moitié, le second... .etc. Quel poids de croustade ..........?
Jules avait de la mémoire et il trouva malin de rédiger son testament comme l'énoncé du problème en question... sans savoir d’ailleurs quel en serait précisément le résultat. Il avait fait une évaluation « à bisto de nas » ( au pifomètre si vous préférez) et cette répartition lui semblait équitable.
Les fils, qui pourtant avaient le niveau BEPC, furent incapables de trouver la solution. Alors; comment respecter les dernières volontés de leur père?
Comme Jules n'avait laissé aucune consigne particulière, ses obsèques furent religieuses bien qu'il ne soit plus rentré dans une église depuis sa première communion, et nombreux furent ceux qui l'accompagnèrent de la ferme à l'église  et de l'église au cimetière. Tous les anciens d’Algérie de Gascogne et d’ailleurs étaient présents avec le drapeau bien sûr. Le représentant local fit un discours. La tradition était respectée. Les trois fils alignés à côté du portail un tantinet rouillé, eurent droit aux bises mouillées et aux poignées de mains viriles car le gascon, comme chacun le sait, a, outre la souplesse, beaucoup de force dans le poignet ( rappelez-vous d'Artagnan)

 

………………….. demain, suite et fin………………………………..

06.03.2010

ce WE

Ce matin, à la fraîche, je découvre la longue lettre, assez pathétique, que Sophie adresse à Roro ( voir les commentaires). Cette petite est bien moins tarte que je l'imaginais. Et elle a une mémoire philoménale. Désormais, je ferai très attention à ce que j'écrirai: comme Roberval, je pèserai mes mots. Evidemment qu'il est mort René! Mais si Sophie avait bien regardé la photo, elle aurait constaté que j'avais rajeuni ... d'une dizaine d'années. Donc cette lettre est ancienne. Tout celà n'est pas grave: elle écrit avec tellement , mais tellement d'humour! Comment ne pas la pardonner...

Je me contenterai ce soir de vous raconter une petite histoire avec des images du photographe Commessy. contravention scène 1 bis.jpg

 contravention scène 2.jpg

contravention scène 3.jpgcontravention scène 4.jpgcontavention 0005 bis.jpg

05.03.2010

le jardin extraordinare


podcast
Il faut cliquer sur podcast noir ( nous répétons)

gladiateur mourant.jpg                                                  Ma chère Sophie,

Aujourd'hui nous avons visité le château de Versailles et, comme il faisait beau, nous en profitâmes ( ça ne te gêne pas si j'utilise le passé simple... je sais que tu n'es pas habituée?) nous en profitâmes donc pour nous promener dans le jardin. C'est grand; encore plus grand que notre esplanade du gravier, tu te rends compte! Ce soir, j'ai très mal aux pieds...

Nous avons découvert de magnifiques statues. Henri est resté longtemps devant celle du gladiateur mourant. Je crois même qu'il lui parlait, en douce, pendant que j'avais le dos tourné. Quand il m'a rejoint, il avait l'air bouleversé.

- Cet homme souffre énormément, me dit-il la larme à l'oeil.

Tu sais, Henri est un homme hyper-sensible... comme beaucoup d'artistes.

le gladiateur.jpgCe gladiateur, quel homme superbe! Je n'ai pas résisté à le prendre de face, de dos... Nous en avons rencontré un autre solidement attaché sur son socle va donc savoir pourquoi!

Demain nous resterons plus longtemps à l'hôtel pour nous reposer. Je te quitte.

Bien des choses de ta copine Roro

PS: Henri s'est renseigné pour la pension de réversion. Quand René mourra, tu ne seras pas à plaindre question finances: le régime de retraite des sénateurs, c'est le top!

gladiateur combattant.jpg

04.03.2010

histoire de vaches

Vous n’ignorez pas que se tient actuellement un salon de l’agriculture. Je remets donc l’histoire qui suit et que certains nouveaux lecteurs ne connaissent sans doute pas. Pour les anciens, j’ai changé le lieu ce qui leur permettra de mieux connaître cette magnifique région qu’est la Gascogne.

Surtout, ne lisez pas trop vite...

Numériser0001++++.jpgPas très loin de Faget-Abbatial, tout petit village gascon, Emilien, paysan taciturne, gardait deux vaches qui broutaient paisiblement dans un pré.
Fernand, un autre paysan qui passait par là, s'arrêta:
"
Adieu...
Té adieu..."

Car adieu chez nous ça veut dire bonjour, au revoir... quelquefois adieu; ça dépend des circonstances. Du ton aussi.
Ils restèrent assez longtemps silencieux car rien ne pressait vraiment et c'est une habitude du pays de ne pas engager trop brutalement une conversation...
- Elles mangent bien les vaches?
- Laquelle? dit Emilien.
-
La blanche
- La blanche, oui.
- Et la noire?
- La noire aussi.

Une pause.........assez longue, ma foi.
- Et...elles donnent beaucoup de lait?
- Laquelle? demanda Emilien.
-
Euh...la blanche
- La blanche, oui.
- Et la noire?
- La noire aussi.

Encore un long silence plein de méditations incertaines...
- Pourquoi me demandes-tu toujours "laquelle", interrogea finalement Fernand
-
Parce que la blanche est à moi.
- Ah...........!

Au bout d'un certain temps ...
-
Et la noire?
- La noire aussi
.
...........................................( c'est encore un silence)
-
Allez, adieu
- Oui, adieu...

( le dessin est d'Iturria)

03.03.2010

sondages

graffitis de wc++.JPGCe matin, je fus aux toilettes en emportant comme d’habitude mon quotidien car c’est, pour moi, l’endroit propice qui me permet, étant donné l’isolement, une lecture attentive des nouvelles du jour…

Les sondages! Et bé! Moi, je suis tenté de les croire les derniers sondages. Malgré le mauvais temps, ils ont laissé passer un rayon de soleil entre les nuages ( il flotte depuis ce matin).

Il parait que dans l’Iowa ( c’est quelque part aux Etats-Unis, savez-vous), un américain avait mis au point un procédé original autant qu’économique ( il paraît que c’est cher les sondages). On préparait les élections présidentielles de l’année 1980... je crois.

Donc, le sondeur avait fait passer un message radio invitant les futurs électeurs, un jour déterminé, sans doute un dimanche, à tirer leur chasse d’eau par vagues successives: 15h pour Carter, 15h10 pour Kennedy, 15h20 pour les hésitants. Des observateurs avaient pour mission de surveiller le niveau dans les châteaux d’eau: ils constatèrent une forte baisse pour Carter et seulement quelques faibles variations pour Kennedy. C’est le premier, rappelez-vous qui fut élu.

Pourquoi cette expérience, rapportée par le Los Angelès Times, un journal en qui j’ai toute confiance, pourquoi donc cette expérience, pourtant concluante, n’a-t-elle pas été renouvelée?

 

 
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