16/05/2012

post-scriptum

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Un PS à ma dernière note...

Je suis confus vous n'imaginez pas à quel point! Figurez-vous que ma dernière note m'a valu une volée de bois vert de la part de la mairie de Châteauroux, Services de la Propreté, de l'Hygiène et de la Salubrité des rues, espaces verts et autres lieux publics. La secrétaire, très en colère, m'a téléphoné pour me déclarer que je ne comprenais rien à rien, que les nombreux petits drapeaux que j'avais remarqués, plantés ici, là et ailleurs avaient été placés par les services compétents à l'endroit où une crotte avait été repérée ( par lesdits services) et pas avant comme je l'avais écrit stupidement ( c'est elle qui parle!) afin que, avais-je sottement imaginé, le clebs, bien éduqué, défèquât* à proximité. Donc, j'ai bien compris désormais que des salariés territoriaux ayant acquis une formation spéciale de détecteurs de cacas de chiens, plantaient le drapeau juste à côté afin que le promeneur étourdi n'y marchât* point dedans. Donc, autant pour moi, mea culpa...comme vous voudrez.

Mais, je me pose toujours La Question: qui ramasse? Et, quand?

*Verbes à l'imparfait du subjonctif, ce qui est peut-être abusif dans le contexte.

La photo: un lavoir de Châteauroux. Notre guide nous a expliqué que les lavandières s'installent dans les barriques ( vides) afin de laver leur linge plus confortablement. Encore une idée à soumettre aux autorités boétiennes afin de réhabiliter nos tristes lavoirs du canal!

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14/05/2012

une nouvelle suggestion

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Monsieur le Maire,

Comme promis dans ma dernière correspondance et toujours avec le souci de calmer les esprits de certains de vos administrés, de mes concitoyens dans le désarroi, je me permets de vous suggérer un geste bienveillant en faveur de leur chien  auquel ils sont tellement attachés ( je ne parle pas de la laisse, accessoire rarement utilisée au bord de notre canal au grand dam du cycliste de passage!). Vous aviez, à grands frais, créé une canisette 2+.jpgcanisette à proximité de la halte nautique, un espace joliment décoré ( bravo à votre service technique et à ses dons artistiques) afin d'attirer les clébards et les inviter à y déposer leurs crottes. Erreur! L'endroit resta pendant plus de trois ans totalement vierge de souillures malgré le petit écriteau que je m'étais cru autorisé de rajouter, écriteau que quelque vandale eut tôt fait de subtiliser.

Lors d'un voyage d'études récent à Châteauroux, alors que je traversais un vaste jardin public, mon attention fut attirée par un nombre conséquent de petits drapeaux je dois ramasser....JPGcolorés plantés dans les massifs, au bord des allées, un peu partout, drapeaux représentant un chien fort sympathique. Au pied de chaque drapeau, une crotte. Voilà, me dis-je, une initiative intéressante que je suggérerai dès mon retour à Boé. Les chiens, attirés irrésistiblement semble-t-il, par le drapeau, défèquent à cet endroit précis et nulle part ailleurs ai-je constaté. Pourquoi le comportement du chien boétien serait-il différent? Pourquoi ne pas tenter l'expérience?

La question que je me pose: qui va ramasser la...merde?

12/05/2012

une solution...

Monsieur le Maire,

Vous savez combien je suis dévoué, dans la limite de mes compétences diverses, connues et parfois reconnues, à la magnifique commune que vous administrez avec tellement de compétence même si vous n'obtenez pas toujours, en retour, de la part de "certains" la reconnaissance que vous méritez. J'ai osé, pas plus tard qu'hier et afin de vous alerter, écrire une note mi-figue, mi-pruneau comme on dit chez nous, laissant ainsi à chaque lecteur et lectrice le soin de l'interpréter à sa guise en fonction de ses orientations, de sa sensibilité... Dieu me garde (comme le fredonne Charles, vous savez, le riche octogénaire Suisse ), Dieu me garde en effet d'afficher mes opinions. Je ne veux en aucun cas influencer personne. Quoique, disait le grand Devos.

cap047.jpgJe révélais donc que nos aînés, très sensibles aux rumeurs plus ou moins fondées, aux déclarations renouvelées pendant ces derniers mois par certains candidats à la dernière élection, candidats dont, je l'avoue, je ne partage pas tout à fait les idées ( je n'en dirai pas plus, restons discrets)... nos aînés, donc, étaient inquiets. Ils ont même la frousse, monsieur le Maire! Cela se voit, cela s'entend. Venez donc me rejoindre un matin au bord du canal et vous constaterez par vous-même les dégâts. Pour un avenir proche, je redoute le pire! Il faut faire quelque chose très vite, un geste qui apaise, qui rassure... Je voulais donc vous proposer, dans un premier temps, la création d'une M.S.C.L.G.P.P.A ( Milice Spéciale du Canal Latéral à la Garonne pour la Protection des Personnes Agées). J'ai déjà un peu d'expérience acquise dans l'exercice de mon activité artistique au sein de l'admirable troupe Boé si Boé la dont la renommée vicinale assure une certaine notoriété à notre cité. Je sais que vous en êtes fier. Je fus, figurez-vous, garde-champêtre pendant une soirée et obtins dans ce noble rôle un grand succès. Si vous me confiez la mise en place et, pourquoi pas, le commandement de cette milice, je vous garantis que l'Ordre régnera désormais dans notre vaste plaine, que les petits vieux, pourront, apaisés et d'un pas plus assuré que jamais promener leur clébard sans se soucier du chemineau de plus en plus présent sur nos berges...

J'aurais d'autres suggestions à formuler... plus tard  ( cette lettre est suffisamment longue)

Recevez, monsieur le Maire...

Votre toujours dévoué:

10/05/2012

port de la cagoule

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Doit-on avoir peur de la cagoule?

Les temps ont changé. Autrefois portée par le bourreau dans l'exercice de sa cruelle besogne, puis par les terroristes et agresseurs divers de banques, bijouteries et autres endroits pourvus de richesses alléchantes, la cagoule est désormais utilisée par les forces spéciales de police lors d'interventions diverses auxquelles vous avez pu assister, souvent en direct, si vous regardez la télé de temps en temps, ce qui n'est pas nécessaire...Je suppose qu'ils ne souhaitent pas, pour des raisons qui leur sont personnelles et que je comprends, être reconnus par celui-ci ou celui là. Prudence...

Désormais, le malfaiteur agit à visage découvert, avec plus de liberté, de franchise si j'ose dire.

ponpon au travail.jpgAussi devons-nous nous méfier de tout le monde. Par exemple, quand je marche au bord du canal, je ne me sens pas du tout en sécurité. Les vieux qui promènent leur clébard ne circulent qu'en groupes, de préférence tôt le matin, à l'heure où le malfrat dort encore, fatigué par ses sorties nocturnes. Certains sont armés de canne ou de parapluie même quand le temps est au beau fixe. Je les soupçonne d'avoir dressé leur chien pour faire face à une éventuelle agression. Car, sachez-le,tout est désormais possible. Le maire de Boé devrait prévenir les familles des dangers que courent leurs enfants qui fréquentent l'aire de jeux de la halte nautique. Il y gagnerait en crédibilité, son autorité en serait renforcée, sa réélection future assurée. Un certain laxisme a régné jusqu'à ces derniers temps dans notre commune et les gens ne sont pas contents du tout: c'est ce qu'ils ont exprimé il y a peu. Je n'en dirai pas plus mais je n'en pense pas moins...


08/05/2012

des enfants

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Aujourd'hui, nous célébrons le 8 mai 45...

Je suis, moi aussi, un ancien combattant, reconnu comme tel puisque je reçois, chaque semestre, une pension. Quelques mois de commando dans les chasseurs à pieds avant de me retrouver, ouf, dans ce village haut perché afin de remplacer l'instit libéré de ses obligations militaires... une aubaine! De la première période, je ne raconterai rien: d'autres ont déjà témoigné (ils y ont mis le temps certes) et je n'ai rien à rajouter car j'ai vécu les évènements globalement comme eux. De toute façon, je n'en ai pas envie... n'insiste pas Sylvie ( Sylvie est ma fille). Quelques bribes peut-être au détour d'une phrase, dans une parenthèse, si nécessaire.

Nous restons donc, aujourd'hui encore, dans ce village perdu dans des massifs arides, austères, à priori inhospitaliers, forcément hostiles au petit gars du contingent avec ses étés chauds, secs, ses hivers rudes. Rien à voir avec la Gascogne!

Ma photo a certainement été prise avant de rentrer en classe. Certains enfants révisent semble-t-il leur leçon ce qui prouverait leur désir d'apprendre, malgré tout. Car ils n'ont aucune obligation vis à vis de  l'école. Ils  viennent, ils ne viennent pas. Ils doivent aider le père, la mère. Ils ne porteront pas au maître un mot d'excuses! Le registre des présences n'existe pas. Et pourtant ils sont assidus, dans toute la mesure du possible. C'est certainement compliqué de suivre un programme dans ces conditions. Je ne sais plus quelle était ma méthode! Je pratiquais sans doute le rattrapage en continu, le soutien individuel... Bref, je devais m'adapter.

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Les filles, elles, ne venaient qu'occasionnellement sauf cas particuliers. Aider leur mère aux divers travaux domestiques, s'occuper de leurs jeunes frères ou soeurs...ne leur permettaient pas une fréquentation régulière de l'école. Ces trois jouent aux osselets, c'est certain, je me rappelle parfaitement. Les cailloux ne font pas défaut!

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Lisa, c'est bien Lisa, fille de harki, partage son temps entre l'école et ses petits frères et soeurs. Elle nous rend souvent visite au poste pour récupérer du pain qu'elle préfère, c'est certain, à la galette familiale un peu...coriace, surtout si elle a passé une grande partie de la journée dans la poche, grignotée de temps en temps selon la faim du moment. Du matin au soir, elle promène le petit frère ou la  petite soeur sur son dos. Beaucoup d'enfants ne portent pas de chaussures. J'avais négocié la douche plus ou moins hebdomadaire à la compagnie, en bas, dans l'oued. J'accompagnais les enfants, évidemment. Les filles venaient rarement. Pudeur. Cette expérience n'a pas duré longtemps, je crois. Trop risqué pour moi, peut-être?


04/05/2012

la mare

Au bord de la mare, une vieille femme ramassait du bois mort. Germain s'arrêta pour la questionner.

- Oui, mon garçon, dit-elle, c'est ici la Mare au Diable. C'est un mauvais endroit et il ne faut pas en approcher sans jeter trois pierres dedans de la main gauche en faisant le signe de croix de la main droite; ça éloigne les esprits. Autrement, il arrive des malheurs à ceux qui en font le tour...

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Je n'ai pas l'intention de recopier cette histoire en entier, histoire que vous avez dû lire, étudier, quand vous étiez au collège, dans les années 19.. environ. Quelle imagination cette George! Ces trois lignes, déjà, vous fichent une sacré frousse et ne vous engagent pas à emprunter, même en compagnie, le sentier qui, dans le sous-bois, vous conduit à cette mare rendue célèbre par notre illustre romancière. Nous cherchâmes et ramassâmes donc, chacun, trois pierres, suivant ainsi les conseils de la vieille femme et, pas très rassurés, il faut l'avouer, fredonnant " les copains d'abord" pour nous donner du courage, nous nous dirigeâmes vers ce lieu mythique. Je fermai la marche, prétextant des photos à prendre pour un reportage demandé par les services culturels de Boé informés de mon voyage d'études berrichon. Tout à coup, Roro, qui marchait bravement en tête, stoppa net et s'exclama:

- Nous y sommes!

En effet, nous y étions. C'est ce que nous indiquait un panneau placé là fort à propos, sinon, nous passions à côté sans rien voir. La mare est assez discrète en effet et, sans eau, pas facile à repérer. Nos guides ( un couple de berrichons fort sympathiques), s'excusèrent. Je leur dis qu'il n'y avait vraiment pas de quoi, que notre canal aussi avait été à sec durant tout l'hiver, que par conséquent nous étions habitués... Quand une corneille que nous n'avions pas repérée, se mit à croasser juste  au-dessus de nos têtes, nous nous regardâmes un peu inquiets.

- Le diable ... chuchota Roro.

Nous nous débarassâmes de nos pierres, oubliâmes le signe de croix et reprîmes sans nous attarder le chemin du retour. Je pris cette fois les devants afin de faire chauffer la voiture car, ce jour-là, le temps était à la fraîcheur...

Quelle aventure!

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02/05/2012

dans le berry...

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Nous avons finalement cédé à la tentation, à l'invitation renouvelée depuis deux ou trois ans par des amis pour une visite de ce coin, leur coin, que nous ne connaissions pas, où nous ne nous étions jamais arrêtés, aventurés, que nous avions négligé, j'avoue, n'ayons pas peur des mots, sans aucune raison ou prétexte à faire valoir pour nous justifier si ce n'est d'autres envies, d'autres priorités...Bref, nous y étions il y a peu.

Quand je dis ce coin, le mot est assez mal choisi car, le Berry, sans doute le savez-vous, c'est davantage le centre. Je parle du centre de la France bien entendu. Ce qui frappe le gascon habitué aux collines et vallons qui rappellent tant la Toscane à l'italien immigré, aux routes tortueuses, c'est le paysage à peine ondoyant, paisible, verdoyant, souvent illuminé par de vastes étendues de colza du plus bel effet sous le soleil... quand celui-ci apparaît ce qui fut exceptionnel pendant notre séjour.

Voilà pour une brève et très incomplète présentation de cette région. Vous en saurez plus, si vous voulez, chez Wikipédia... ou ailleurs.

Je consacrerai ultérieurement un peu de temps à ce que je considère l'essentiel, à savoir, pour commencer, l'accueil chaleureux: je vous donnerai une adresse, une seule adresse, mais quelle adresse ( plus tard, car pour le moment et pour une durée indéterminée, il n'y aurait personne pour vous recevoir)! Nous irons aussi, si je suis suffisamment inspiré, en visite ici ou là. Car, figurez-vous, dans le Berry, il y a des choses à découvrir, notamment, ne vous moquez pas, une mare! Non, pas la mare aux canards de Georges mais, je vous aide un peu, celle de George! Quelle devinette subtile, n'est-ce pas? De quoi, de qui, parlé-je donc? Si vous trouvez, vous gagnez un séjour chez des gens sympathiques.

Dans le jardin de George, rencontre avec deux blondes réjouies:

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30/04/2012

le myosotis ou bien la rose

Le myosotis ou bien la rose...j'aime bien ces fleurs, la chanson, Mouloudji aussi.

roses et myosotis.JPGComme chaque année à la même époque et pendant deux ou trois semaines, de fin avril à la mi-mai, "j'oublie" de tondre, de tondre vraiment, de tondre comme vous le faites sans doute, comme le font aussi mes voisins et beaucoup d'autres, personnes ordonnées, consciencieuses, laborieuses...Cette année, j'ai un alibi: il flotte depuis des jours et des jours et ça n'est pas fini, parait-il! Tant mieux. Je sais que celà vous fait râler même si vous admettez que de l'eau, il en faut encore et encore. D'ailleurs à l'heure où j'écris cette note l'orage gronde, l'éclair luit.

Quand je dis que je ne tonds pas, j'exagère un peu: je promène occasionnellement mon taille-herbe dans le jardin (je ne possède pas de tondeuse, ça ne serait pas du tout commode à cause des rosiers qu'il faudrait éviter, contourner sans les abimer et ça fait du bruit, ça fait peur aux oiseaux...) je me promène donc en préservant les touffes de myosotis qui, depuis quelques années, ont élu domicile, sauvagement, et ont même tendance à s'étendre, ce qui me réjouit, évidemment. J'épargne aussi, dans toute la mesure du possible, quelques primevères et, ici et là, des petits tapis de pâquerettes. Ce faisant, je n'ai pas adopté, vous vous en doutez, la solution de facilité: c'est un travail méticuleux, joserai dire....d'artiste.

contemplations.JPGNotre rosier à petites fleurs jaunes, rosier sans épines,s'est développé à une vitesse incroyable. C'est vrai que je ne l'ai pas taillé... et il m'en est reconnaissant, semble-t-il. Il est en pleine floraison et fait l'admiration des passants égarés rue des Tilleuls, rue habituellement peu fréquentée.

Certains jugeront sévèrement mon comportement, l'assimilant à une sorte de laxisme, de paresse, me classant définitivement dans la catégorie de ceux, méprisables, qui se lèvent tard. Demain, leur jugement sera conforté par ma participation, avec mon syndicat ( et oui, je suis encore syndiqué.... pour longtemps, j'espère!)

Il ferait mieux de cultiver son jardin, médiront-ils. Laissons jaser!

Roro aime notre jardin: tel qu'il est il me plaît, chantonne-t-elle. Et ça, c'est l'essentiel.


28/04/2012

le village...suite

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Nous sommes dans la rue, au milieu du village, devant l'épicerie. Une rue, une épicerie. Celle-ci n'est pas ouverte en continu. Elle répond aux besoins élémentaires de la population, propose les produits de première nécessité. Une fois par semaine, je crois, on peut y acheter de la viande. Du chevreau sans doute. Un luxe. On devine la bête pendue à l'entrée, à gauche du magasin. Je reconnais, devant l'ouverture, le plus grand de mes élèves parmi les plus assidus. Son nom...?
Un fellah tenant une pioche remonte de l'oued profond dans lequel nous ne nous aventurons jamais. Il doit y cultiver un petit lopin de terre.
J'ai pris peu de photos de ce genre. Par discrétion sans doute.
La photo ci-dessous montre l'entrée basse de la rue: l'oued se trouve derrière nous. Pour rejoindre notre poste ( il se trouve tout en haut, caché par les maisons) c'était une sacrée grimpette! Nous avions vingt ans...
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Tiens, le voici le fameux oued, caché par les dernières terrasses! Pas engageant du tout. Il paraît que le fellagah empruntait parfois, la nuit, ce passage profond et étroit pour entrer dans le village.. Il paraît...
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27/04/2012

François Morel

ph-bibliographie.jpgCe matin, comme chaque vendredi, j'écoute avec émotion le billet de François Morel. J'ai énormément de sympathie, d'admiration même pour cet homme, humoriste au grand coeur, comédien talentueux, auteur et interprète de chansons intelligentes, tantôt poétiques, tantôt drôles, souvent engagées...

Ce matin donc, l'invité de France Inter est Jean Luc Mélenchon. C'est l'occasion, pour François Morel, de rendre hommage à son père décédé, ancien cheminot, ancien communiste, tout comme Gabriel qui m'a recueilli à l'âge de quatre ans et qui devint mon père même si je ne l'ai jamais appelé papa, je crois. Gabriel était abonné au journal "le travailleur" qu'il lisait méthodiquement. Conduire les machines à vapeur, quel dur métier! Comment ne pas être communiste! La retraite à 50 ans n'était pas un vrai cadeau car, généralement, on mourrait jeune. Gabriel nous quitta donc dès atteinte la soixantaine. Un accident vasculaire cérébral. Normal... Il aurait soutenu Mélenchon, c'est évident.

Gabriel parlait, me parlait. Il m'a convaincu. Avant de devenir instit ( quelle promotion sociale, quelle fierté pour lui et Aline, ma mère!), j'ai su ce qu'était la précarité, le "tirer le diable par la queue", les difficultés à "joindre les deux bouts", " l'exploitation de l'homme par l'homme" comme il disait souvent. Grâce à lui, à sa générosité, je n'ai tout de même jamais eu faim. Ma reconnaissance est infinie. Je te promets de maintenir la barre à gauche... Papa.

( Je n'ai que deux photos de lui - en ce temps-là, chez ces gens-là chantait Brel- on ne photographiait que pour les grandes occasions. Je préfère les garder dans l'album de famille)

26/04/2012

dans le village

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Je pourrais tricher, vous dire que le gamin de droite se nomme Ahmed, celui de gauche Rachid... J'avoue: j'ai oublié. Je sais que Ahmed ou Rachid ou Ali... fréquentaient l'école mais je ne les distingue pas sur mes diapos. Les visages de ces enfants me sont tout de même familiers malgré le temps passé. Cinquante ans. La plupart étaient sans doute fils de harkis. Aujourd'hui, ils ont la soixantaine! Ils pourraient avoir la soixantaine... Certains apprenaient avec facilité les matières que j'enseignais: lecture, écriture, calcul essentiellement. Nous dessinions je suppose. Connaissant mal l'histoire de leur pays ( j'ose dire leur pays) je ne pouvais aborder ce sujet. Je le regrette aujourd'hui.
retour du village 1.JPGJ'organisais, composais mes cours comme je l'entendais. Je ne subissais aucun contrôle. De qui, d'ailleurs? Le matériel scolaire faisait défaut: quelques cahiers de récupération, des crayons, des livres de lecture et puis, quoi encore? J'enseignais du mieux que je pouvais, je crois, considérant ces enfants comme des élèves à part entière, mes élèves. Nous avions une confiance réciproque et c'est certainement ce qui m'a permis de circuler pendant plus d'un an dans le village sans être une seule fois inquiété. Je promenais, obligatoirement fixé à mon ceinturon, un révolver que j'aurais certainement été incapable d'utiliser en cas de danger! Le temps de dégainer, d'enlever la sécurité, de repérer la cible... bref, un vrai soldat d'opérette le chasseur à pieds Bartheloche! La photo le montre, l'allure fière (?), revenant au poste après sa journée de classe... je suppose.

23/04/2012

le village

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Voici la partie haute du village de N......, diapo prise avec mon kodak-rétinette acheté d'occasion au copain qui fut libéré avant moi. Une affaire. J'utilisai en effet cet appareil longtemps après mon retour. Une trentaine d'années! Je le conserve dans ma bibliothéque bien qu'il soit désormais inutilisable. Un souvenir...
Pas mal la photo, non? C'est là que je "séjournai", très involontairement, pendant les années 60/61; dans la tour qui domine le village, plus précisément.
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Ma diapo a jauni: les ans en sont la cause...
L'unique rue, pierreuse, pentue, très étroite me permettait de rejoindre ma classe quelque part, plus haut, au milieu du village. Les maisons semblent empilées, en désordre: on a du mal à imaginer un passage. D'ailleurs, souvent, celui-ci est inexistant; on marche alors sur les toits, les terrasses, comme le fait l'homme, le chaoui, sans doute un harki, qui descend en bas, à gauche de la première photo. On y rencontre souvent les chèvres qui fournissent le lait. Ce sont, avec les ânes, tellement utiles pour divers transports, les seuls animaux du village. Peut-être quelques chiens faméliques aussi? D'ailleurs, nous avions recueilli un chiot : je peux l'affirmer car j'ai une photo! Une compagnie sans doute éphémère.
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Vue sur les terrasses...
Sur les terrasses, des tas de bois glâné dans les montagnes alentour. Nous en reparlerons sans doute. Y sèchent aussi, à la saison, des fruits récoltés dans l'oued, figues, dattes... et quoi encore? Je ne sais plus. Les fenêtres sont étroites car les hivers sont rudes dans ces montagnes. Et les appareils de chauffage, vous l'imaginez sans doute, inexistants. On brûle le bois à même le sol, dans une sorte de foyer de pierre et la fumée s'évacue, tant bien que mal, par une cheminée percée dans la terrasse. La colonisation a oublié d'amener jusqu'ici l'électricité, l'eau... Peut-être avait-on voulu éviter de troubler le mode de vie ancestral de ces montagnards?
Hourra! J'ai retrouvé la photo avec le chiot; pas très claire, mais c'est une preuve tout de même! Sans elle, j'aurais sûrement oublié ce ...détail. Vous me reconnaissez, à droite, sans coiffure: l'ombre sous le nez est une moustache; pas du tout guerrière!
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14/04/2012

la queue du chat

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- Enfin, diront certaines blogueuses! Il se décide à écrire une note sur les chats! Ce n'est pas trop tôt!

Hélas, mesdames, mille et un regrets: je n'aborderai ce sujet que par le petit bout, celui de la queue  ( la queue du chat, bien sûr!) dont je n'ai d'ailleurs aucune photo pour illustrer cette note. J'avais prêté à la dame ( une excellente comédienne) qui passa tout le temps de la chanson, quatre minutes environ, (excusez-moi, j'avais oublié de vous dire qu'il s'agissait d'une chanson), qui passa donc tout le temps de la chanson accroupie sous la table, j'avais donc prêté à la dame mon écouvillon de saxophone alto de couleur fauve, mieux adapté que celui de mon saxophone ténor qui, lui, est de couleur bleue. Ce dernier écouvillon était plus gros mais on m'a fait remarquer que les chats bleus étaient assez rares. J'espère que vous savez ce qu'est un écouvillon et quelle est son utilité. Sinon, vous cherchez sur votre net. Bref...

La dame au chapeau assise à droite sur la photo se trompait souvent au cours des répétitions s'exclamant: ça y est, je le tiens... c'est lui! au lieu de ça y est, je le sens...c'est lui!... ce qui, chaque fois, nous faisait bien rire! ( le sens est assez différent). Elle ne renouvela point cette erreur lors du spectacle et, en plus, elle mit dans sa réplique beaucoup de conviction. Quelle comédienne!

Le médium qui siège au milieu a, lui aussi ( elle aussi, devrais-je écrire), parfaitement interprété son rôle. Quel talent! Quand, à la fin de la chanson, après les applaudissements nourris, prolongés, un spectateur lui demanda si elle pouvait révéler qui serait, prochainement, notre nouveau Président de la République, elle n'hésita pas une seconde; reprenant à son compte la fameuse réplique de Pierre Dac, elle lui répondit, solennellement: OUI, JE LE PEUX...La salle, debout, applaudit une nouvelle fois. Quel succés! A la fin du spectacle, dans le secret des coulisses, elle consentit, par amitié, à me confier le nom de celui... de celle... qui remp qui gouvernerait bientôt notre pauvre France... Mais je ne dirai rien car je n'ai pas le droit. J'espère que vous me comprenez.



11/04/2012

le laboureur et ses enfants


podcast

- Chanter le laboureur et ses enfants en pleine période électorale, c'est culotté, m'a dit une spectatrice à la fin de notre dernier spectacle! Je serais même tentée de vous dire que cela frise la provocation! Je vous pardonne toutefois car, cette fable, chantée sur un air de blues rural des années 20, fallait y penser...Monsieur de La Fontaine aurait certainement apprécié!

J'avoue que je n'y avais entrevu aucune malice. Mais c'est vrai, reconnais-je aujourd'hui, quel candidat oserait proclamer à la tribune du meeting ou à la télé, même sur la Une: travaillez, prenez de la peine, c'est le fonds qui manque le moins. Qu'en penseraient le chômeur, le salarié en CDD et autre petit travailleur sous-rémunéré...C'est risqué car ils sont nombreux ces gens-là!

Conclure en proférant que le travail est un trésor est, aussi, à éviter. D'ailleurs, Ils l'ont bien compris: mieux vaut promettre la lune.

Voilà une note à connotation exceptionnellement politique qui n'engage que moi. J'ai conscience du risque que je prends en l'enregistrant. Oserai-je?

J'ajoute ma photo d'un paysage gascon, prise pas loin d'ici. C'est reposant, non?

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05/04/2012

comment Nabila...

Comment Nabila a-t-elle découvert mon blog et, surtout, la note qui, exceptionnellement, évoquait, à l'occasion du cinquantenaire du cessez-le-feu,coïncidant avec la fin de mes obligations militaires, mon séjour dans ce petit village dominant le large oued et les relations cordiales que j'entretenais avec Boussouf, le vieil (?) harki. Car, il y a quelques mois, j'avais décidé, pour des raisons personnelles, d'archiver ma vingtaine de notes sur le sujet, notes bien rangées désormais quelque part, dans un fichier spécial... Aussi, son commentaire m'a intrigué, mettez-vous à ma place! Une longue communication avec l'intéressée et voilà, j'ai l'explication. Mais celà ne vous intéresse pas... un détail. Allons à l'essentiel.

Nabila est petite fille de harki, née en France. Sa famille est originaire d'une bourgade située à quelques kilomètres du village où j'ai séjourné pendant deux ans ( ce fut long!). J'ai évidemment compris son besoin de témoignages dont le mien, si possible. Son grand-père est mort, si j'ai bien compris, pendant la pacification... le maintien de l'ordre... la guerre... comme vous voulez.

Elle m'a demandé si Antoine, qu'elle a rencontré ici et là en feuilletant mon blog, était bien mon petit-fils. Message bien reçu. Faudrait être idiot pour ne pas l'avoir compris!

Que pourrais-je donc lui offrir, à Nabila, petite-fille de harki, qui présenterait pour elle, un soupçon d'intérêt, qui serait complémentaire de tout ce qu'elle connaît déjà sur cette période trouble, lointaine. Ces derniers jours les médias ont enfin ( cinquantenaire oblige?), provoqué des débats, produit des documents, diffusé des films...Je me suis reconnu souvent à l'occasion de divers témoignages. Pas toujours.

Je vais donc tenter, de temps en temps, de raconter une nouvelle fois, sans doute différemment mais avec la même sincérité, juré, quelques bribes de mon séjour de bidasse innocent, dans ces montagnes arides, austères, souvent inquiétantes aussi.

J'offre à Nabila une première image: celle d'une petite écolière du même âge qu'Antoine, gamine à qui j'ai fait la classe pendant quelques mois. A vingt kilomètres près, cet enfant aurait pu être... sa mère.

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