01.12.2008
sur la lune, vite...
Découvrez Transatlantic Swing Band!
Cliquer sur le triangle blanc et attendre que ça vienne...

La lune peut faire parfois rêver, fantasmer même...
Pourtant, certaines idées se font de plus en plus précises pour une utilisation rationnelle de cet astre: pourquoi pas un lieu de détention. Celà n'est pas nouveau: des auteurs de science-fiction ont évoqué cette possibilité depuis déjà longtemps. Leurs ouvrages lus par des responsables politiques éminents ont suscité chez ceux-ci, durant ces dernières années, une intense réflexion. Des réunions secrètes se tiennent au niveau européen, réunions intéressant en premier lieu les ministres de la justice de divers pays ( la France s'est déclarée volontaire pour assurer la présidence). Le caractère d'urgence est évident quand on sait les difficultés que connaîssent de plus en plus nos prisons pour recevoir les délinquants.
Une fois les détails techniques réglés ( transport, conditions de séjour, ravitaillement...), l'idée serait d'y acheminer en premier lieu ( je ne sais pas si on peut l'exprimer ainsi?) les criminels de guerre ou contre l'humanité sauf circonstances atténuantes bien sûr.
Pas besoin de gardiens car les évasions sont difficilement envisageables: donc, des économies pour les caisses des états déjà fort mal en point.

Une agence immobilière des Etats-Unis a déjà proposé à la vente des terrains, principalement au lieu-dit cratère de Copernic. Voilà qui permettrait d'occuper utilement les détenus: l'aménagement du "territoire" lunaire afin de recevoir les futurs propriétaires dans les meilleures conditions.
Les informations que je livre aujourd'hui sont très sérieuses car récupérées dans des ouvrages fort bien documentés et irréprochables sur le plan scientifique notamment un dictionnaire de la Bêtise très épais de Guy Bechtel et Jean-Claude Carrière.
J'ai évidemment actualisé leur propos...
19:45 Publié dans frivolités | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
30.11.2008
de rien et de tout...
Si je n'avais pas pris le parapluie, je serais revenu tout tioc. C'est ainsi que nous parlons dans nos campagnes gasconnes. Quand je suis parti faire ma promenade quotidienne au bord du canal, Roro m'a dit, l'air réprobateur:
- Avec le temps qu'il fait, tu n'es pas un peu fadorle d'aller marcher! Tu vas me revenir trempe comme une soupe! Ne compte pas sur moi pour te soigner...
Elle est bien attrapée, Roro. A part les chaussures et le pantalon jusqu'aux genoux ( et encore, à cause du vent!), tout le reste est revenu sec.
C'est vrai que la météo, ce matin, n'était pas optimiste du tout, je l'avoue.
Pourtant, quel magnifique lever de soleil; vers l'est uniquement; évidemment. J'ai pris la photo dare dare car il faisait frisquet. Derrière, vous ne le voyez pas bien sûr, le ciel est tout noir!
Certains mauvais esprits vont encore imaginer que les couleurs ont été trafiquées, que j'ai rajouté du rose tant que j'ai pu. Non; c'était ainsi. Honni soit...
Peut-être ne le savez-vous pas: Montauban jouait hier contre Perpignan en rugueby. Pour faire plaisir à Roro et remonter dans son estime, je remets une vidéo dans laquelle elle tient, superbement, le rôle de seconde ligne dans l'équipe de Boé si Boé la. Entre nous, je trouve qu'elle joue un peu "perso"...Mais chut!
18:55 Publié dans actualité | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
29.11.2008
sottise...
Classer cette note dans la catégorie "musique" est certainement abusif. Cependant, je chante et m'accompagne à la guitare. Il y a longtemps que je ne m'étais pas livré à cet exercice. La chanson est brève, inspirée, vous l'avez reconnu par le proverbe " tant va la cruche à l'eau qu'à la fin elle se casse". Pour un samedi, ça n'est pas si mal surtout que je n'ai guère le temps.
J'ajoute tout de même une photo récente prise au bord de notre canal
19:57 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
28.11.2008
mélancoliquement...
Il y a quelques années déjà, dans la salle d'attente du Dr M........ , psychiatre renommé, deux hommes attendaient, la tête baissée, sans mot dire. Le médecin appela le premier, le plus âgé et le fit rentrer dans son cabinet.
L'homme lui dit qu'il était continuellement triste, que rien ne l'attirait et que celà se communiquait à son entourage, parents, amis et qu'il en souffrait beaucoup...
- Avez-vous essayé de voyager? demanda l'éminent toubib.
- Je n'arrête pas, figurez-vous. Je suis toujours dans un train, un avion...
- Bon... Voyons. Vous devriez vous intéresser à quelque chose... Cherchons. Tiens! Une idée: et si vous alliez au cirque?
- Au cirque???
- Oui. Justement l'un d'eux, de réputation internationale, vient de s'installer dans la ville et donne une représentation ce soir même. Vous devriez y aller car le clou du spectacle est le clown Grock dont vous avez sans doute entendu parler. Il paraît qu'il est très drôle. Voilà qui vous détendrait!
- C'est impossible, dit l'homme triste.
- Et pourquoi donc?
- Je suis Grock.

Le médecin fit entrer le second patient. Ce dernier lui avoua qu'il souffrait de mélancolie chronique, que rien ne l'intéressait, qu'il avait en quelque sorte le blues, qu'il faisait des cauchemars, que......etc.
- Il vous faut bouger, vous divertir...
- Je ne fais que ça, figurez-vous.
- Bon; j'allais vous recommander le cirque mais... aimez-vous plutôt la musique?
- Oui...
- Le jazz, peut-être?
- Ah oui, le jazz est ma musique préférée!
- Et bien voilà! Allez donc ce soir écouter le quartet Plein Jazz de passage dans notre ville. Le clarinettiste est fameux paraît-il!
- Celà ne servira à rien, dit l'homme triste.
- Et pourquoi donc?
- Je suis le clarinettiste.

Plein jazz répète je rejoindrai ma belle de Georges Brassens.
19:15 Publié dans frivolités | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note
27.11.2008
mise au point
Afin de couper court à certains phantasmes ( ou fantasmes, comme vous voulez), je dois revenir sur ma note de ce dernier dimanche. La photo que j'avais prise le matin, quelque part en Gascogne, du côté de Bretagne d'Armagnac, entre deux averses, n'était pas du tout la représentation d'une érection phallique collective dans une vigne aux couleurs automnales. Loin de moi l'idée de suggérer l'image d'une telle lubricité.
Pour prouver ma bonne foi, voici le même paysage sous un autre angle.
Sont-ce des vestiges, peut-être gallo-romains? Je sais que la proximité d'Eauze, autrefois Eluza et de la villa gallo-romaine de Séviac ont pu vous conduire sur une piste hasardeuse. Comme quoi, trop d'érudition nuit parfois...

Une belle mosaïque de Séviac...
Voyons, ne sont-ce pas plutôt des piliers! Et des piliers de quoi? Oui, je vous entends ricaner: des pilers de... NON!
Des piliers de pigeonnier! Et je le prouve...
Alors, que ces messes basses cessent* s'il vous plaît, mes soeurs.
Découvrez Georges Brassens!
19:46 Publié dans en gascogne | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
mini mini... coda
Et savez-vous ce qu'elle fit la maman de Toto quand celui-ci rentra le soir à la maison... ?
Elle lui donna une de ces avoinées comme on dit encore par chez nous en Gascogne. Mais ces actes-là se perdent de plus en plus car c'est trop barbare. Il est préférable d'aller casser la gueule au professeur.
Voilà ce que j'avais envie de dire en conclusion ( optimiste) de ma note d'hier.

dessin de Duverdier
15:10 Publié dans frivolités | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
26.11.2008
mini, mini...
Découvrez Juliette Gréco!
Cliquer sur le petit triangle et ça doit marcher!
Après avoir galamment salué notre jeune prof d'anglais, Monsieur l'Inspecteur alla s'asseoir au fond de la classe comme il avait l'habitude de le faire pour mieux suivre le déroulement de la leçon. Il se trouva donc à côté de Toto ( tous les cancres s'appellent ainsi dans les histoires), près du radiateur évidemment.
Melle P.......( ou V...., je ne sais plus) était fort plaisante à regarder et c'est toujours avec beaucoup d'émotion que nous suivions le moindre de ses mouvements surtout depuis que la mode des mini-jupes avait réussi à pénétrer dans les collèges et lycées. Nous vivions juste l'après mai 68. L'information et l'éducation sexuelle n'étaient pas encore inscrites dans les programmes scolaires et toutes les occasions étaient les bienvenues pour étancher notre soif d'apprendre. Ainsi, quand notre prof écrivait au tableau, tout en haut pour commencer, en s'étirant un peu, juste ce qu'il fallait, un grand silence s'installait dans la classe.
Un peu troublée par la présence du monsieur, elle commença sa leçon. Elle se leva, nous tourna le dos et, sur la pointe des pieds, elle écrivit une courte phrase en anglais, trop courte à notre goût. Quelques stylos tombèrent, récupérés sans hâte excessive par leur propriétaire.
Elle se retourna et interrompant brutalement ce moment de recueillement, demanda:
" Qui peut me traduire cette phrase?..."
Suivirent quelques secondes d'hésitation. A la surprise générale, Toto leva le doigt. Habituellement, il ne faisait ce geste que pour solliciter la permission de se rendre au cabinet ( en ce temps là, on désignait ainsi l'endroit propice pour s'isoler). Notre prof hésita. Mettez vous à sa place: elle redoutait sans doute une de ces âneries dont Toto avait le secret. Finalement, personne d'autre ne se manifestant, elle lui dit:
" Je t'écoute..."
Toto, d'une voix assurée:
" Quel beau cul!" ( je vous dis ce que tout le monde a entendu, un point c'est tout)
Elle rougit et, très en colère, elle pria le malpoli de quitter la classe sur le champ et de se rendre chez le surveillant général.
Toto rangea ses affaires dans son cartable et, l'air renfrogné, il se tourna vers l'inspecteur et lui dit :
" Quand on ne sait pas, on ne souffle pas!"
...et il sortit la tête haute.
Cette histoire est presque du vécu...à part la fin, que vous connaissiez peut-être!
19:55 Publié dans frivolités | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
25.11.2008
éloge d'un musicien...
Découvrez Albert Nicholas!
Cliquer sur le petit triangle...
Les musiciens étaient prêts à interpréter swanee river, leur premier morceau de cette soirée consacrée au jazz de la Nouvelle Orléans.
Le président monta sur la scène dans un silence respectueux, souffla dans un micro afin de s'assurer du bon état de marche de la sono, se racla la gorge pour éclaircir sa voix de baryton:
- Chers amis de Sainte Colombe et d'ailleurs...
Les habitants de Sainte Colombe ne savent pas comment ils s'appellent mais ça ne les dérange pas du tout; ils vivent normalement et mangent à leur faim...et même plus ; c'est ce que j'ai constaté récemment.
- Chers amis de Sainte Colombe et d'ailleurs, merci d'être venus* assister à ce concert. Je peux vous assurer que vous ne le regretterez pas car l'orchestre Adijazz que nous recevons ce soir est notoirement connu et apprécié dans l'agenais, le Lot-et-Garonne, la Gascogne...et même...au-delà! C'est un honneur pour nous de l'avoir parmi nous ce soir malgré les intempéries et ce putain de match de rugby à la télé...
Je voudrais devant vous, public mélomane, rendre un hommage vibrant au chef d'orchestre car vous avez ce soir, devant vous, en chair et en os, le meilleur clarinettiste que le monde du jazz ait connu depuis Sidney Béchet...
- Et voilà, marmonna le clarinettiste... des restrictions!
* il faillit dire "nombreux"
19:10 Publié dans frivolités | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
24.11.2008
dans les Aurès (14)

Chers parents,
Je viens de terminer mon tour de garde. Nous devons essentiellement surveiller les mouvements côté montagne: comme la végétation y est très clairsemée, nous n'avons aucune difficulté pour repérer avec nos jumelles le berger, la femme qui va glâner du bois et redescend le soir lourdement chargée...et c'est à peu près tout. Les gens du village sont plus actifs côté oued où ils cultivent des céréales, font du jardinage, cueillent les fruits ( dattes et figues surtout qui sèchent ensuite sur les terrasses).

De temps en temps, on jette un coup d'oeil sur Nouader. Les terrasses sont dominées par un minaret transformé en tour de garde. Tout en haut, un harki, armé d'un fusil doit veiller à la tranquillité du village. Jusqu'à aujourdhui, il ne s'est rien passé... Tant mieux.
Le tour de garde, c'est deux heures de solitude: rien d'autre à faire qu'à gamberger.
Il m'arrive parfois, comme aujourd'hui, de penser à mes quatre mois de classe à Tours. Quatre mois d'un hiver rude durant lequel on nous en a "fait baver". Nous préparer à crapahuter dans ces montagnes en nous faisant jouer à la guéguerre dans les forêts angevines, à nous cacher dans les fourrés, à plonger dans des fossés, à marcher sac à dos au pas chasseur...quelle connerie! Et le bourrage de crâne: assister au séance de propagande du cinéma des armées avec les scènes bien choisies de la dernière guerre 39/45! Quelle mise en condition ridicule! Heureusement que je n'ai pas voulu être aspirant: commander un groupe dans le djebel, quelle responsabilité!
Ce soir, après le repas ( je ne sais pas ce que Jean-Pierre nous aura préparé) nous allons encore jouer à la belotte ou au rami; que faire d'autre? Je fume beaucoup: les cigarettes qu'on nous donne ici sont plus douces que les "troupes " françaises. Elles accompagnent le petit coup de gros rouge ou la "bibine" s'il fait chaud: je n'avais jamais bu autant de kronenbourg!
Je vous embrasse affectueusement.
Je suis juste derrière la lampe.
Et ...que diffusait le transistor "reela" ( faut cliquer sur le petit triangle)
Découvrez Marcel Amont!
De quoi faire rêver!
Rappel permanent:
On peut consulter mes autres notes regroupées dans la catégorie Algérie. Je rappelle que je ne raconte que ce que j'ai vécu et vu pendant mes 24 mois dans les Aurès, au sein du 10ème bataillon de chasseurs à pieds. Il n'y a aucune chronologie: j'écris selon l'humeur du moment. Mes photos m'aident à rassembler les bribes de mes souvenirs...car j'ai un peu oublié. Quand j'hésite, je téléphone à Jean-pierre.
19:15 Publié dans Algérie | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
23.11.2008
dimanche soir...
Je savais bien que je serais fatigué: un concert hier soir, une promenade gersoise aujourd'hui avec dîner chez la belle-soeur, de la pluie, du vent...
Le concert: nous avons été parfaitement reçu. Si la qualité de notre musique a été à la hauteur du repas préparé par les organisateurs, le public n'a sûrement pas été déçu! Pourtant, manger avant de jouer, c'est risqué!
La belle-soeur: toujours égale à elle-même... Elle cuisine gascon et c'est bon...et c'est copieux!
Maintenant, j'ai peur de m'installer devant le poste de télé.
J'essaie d'enregistrer un "Amsterdam" que nous avons répété ces jours derniers...
Hourra, ça marche!!!
La photo du jour prise ce matin quelque part dans la campagne gasconne.
21:19 Publié dans divers | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
22.11.2008
fin d'enquête...
Quel talent ce Serge Réggiani! Et quelle interprétation de la chanson de Boris Vian !
Voilà; je ne pouvais trouver mieux pour clôturer superbement une semaine d'enquête difficile.
" J'avoue" ( pour rester dans l'ambiance) que je ne savais pas du tout, quand Roro a photographié il y a bien longtemps ( j'ignore à quel endroit), ma tête sur une souche, que celà m'occuperait pendant une semaine, le jour comme la nuit car, m'étant mis jusqu'au cou dans l'ambiance de mes notes comme doivent le faire les bons auteurs, je fis de nombreux cauchemars et me voilà, ce samedi complètement lessivé même que je me demande comment je vais pouvoir souffler ce soir dans mes clarinette et saxophones car, je ne l'ai pas dit, je donne un concert de jazz Nouvelle Orléans quelque part pas trop loin... (ouf! c'est un peu long, mais comment faire autrement).
Ce début de semaine donc, j'ignorais absolument, tout comme vous, comment cette affaire allait se terminer. Et tous les soirs, je me posais la question:
- Comment vais-je faire pour achever dignement cette putaing d'histoire!
Voilà; c'est fait. Grâce à vos encouragements ce dont je vous remercie.
Je répète: C'EST FINI! . Même si certains (es), dont je taierai les noms, attendent une suite. Un corps sans tête, pour changer? Comme... Mais chut!
J'ai tout de même eu le temps d'apprécier les déclarations de Monsieur Darcosy, sinistre de l'éducation encore nationale mais si ça continue pas pour longtemps, suite à la grève réussie des enseignants qui en ont ras le bol!
Voilà pour l'essentiel...
J'ai encore pris quelques photos ces jours derniers de notre canal
En voici une, pour faire joli.
19:30 Publié dans magret | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
21.11.2008
la tête... suite et...
... peut-être, fin? ( il me tarde!)
Le commissaire Magret se rendit le lendemain au domicile d'Hector. Celui-ci était reparti dès potron minet à la palombière car, ces jours-ci, les vols se succèdaient à un rythme jamais vu.
- Je suis dans les salmis jusqu'au cou, lui dit la femme d'Hector.
- Je voulais voir votre mari... vous a-t-il parlé de ... la tête?
- Très peu. D'ailleurs il n'a plus tout à fait la sienne, figurez-vous! Toutes ces palombes, ça le rend fou. Tenez; l'autre jour, au lieu de prendre son fusil, il est parti avec une rapière qu'il avait achetée à une brocante, une soi-disant rapière ayant appartenu à d'Artagnan. Tu parles! Elle était accochée là, au-dessus de la cheminée.
"Bon dieu...mais c'est bien sûr", pensa Magret se prenant tout à coup pour le commissaire Bourrel.
Il prit congé et, cap sur la palombière. Cette fois il mit moins de temps que la veille et faillit même aller dans les décors en négociant un peu serré le méchant virage à l'entrée d'Eauze, vous voyez?
Arrivé à proximité de la cabane, il siffla comme on doit le faire pour signaler sa présence et ne pas se faire cribler de plombs. Sans attendre qu'on l'y autorise, il entra.
- Hector! vous êtes en état d'arrestation!
Si vous aviez vu sa tête à Hector! Décomposée!
- Comment avez-vous deviné, commissaire?
- Peu importe; dîtes -moi tout!
Et Hector raconta.
![]()
Fernand, il ne le connaîssait pas. C'était un emmerdeur qui, depuis quelques jours venait cueillir des champignons autour de la palombière, chantait à tue-tête de profondis, les filles de La Rochelle, la route de Chatillon... , se prenait les pieds dans les filets, rouspétait... bref, faisait un tel boucan que les palombes allaient se poser ailleurs. Hector ne le supportait plus.
Un matin, les deux autres paloumayres étaient allés rendre visite à leur toubib pour faire prolonger leur arrêt de travail maladie. Hector avait porté sa rapière. Quand Fernand arriva, Hector l'attendait l'arme à la main. L'autre se moqua de lui et le traita de ferrailleur. Hector leva la tête et s'exclama, comme s'il avait vu un vol de palombes:
- Putaing...putaing...eh bé ...!
Fernand leva la tête à son tour...et VLAM!
Hector avait caché le corps dans un fossé, pas loin et la rapière dans un fourré. Pour la tête, il n'avait pas eu le temps car ses deux collègues étaient revenus...
.................................................................................................................................................................
Le commissaire Magret allait passer les menottes au criminel quand un phénoménal vol de palombes se posa sur les branches des chênes, juste au-dessus de la palombière.
- Laissez-moi tirer une dernière fois, supplia Hector. Alleeeeez...s'il vous plait!
- Bon; vas-y petit! Et ne te trompe pas de côté, putaing!
Un bien brave homme ce commissaire tout de même. Et tellement perspicace!
19:40 Publié dans magret | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
20.11.2008
la tête...suite
Le commissaire Magret stoppa net: le chasseur de palombes est prêt à tout pour préserver son territoire et un coup de fusil en direction des intrus histoire de leur "dégourdir les jambes" n'est jamais exclu. Magret le savait.
- Je suis le commissaire Magret. Je viens pour la tête.
Il perçut des chuchotements, s'approcha, trébucha dans des fils tendus parmi les fougères, s'étala...
![]()
Un homme vint le relever:
- Entrez, monsieur le commissaire.
Celà va retarder l'enquête mais je dois expliquer aux ignorants qui se sont égarés dans ce blog ce qu'est un palombière. Je comprends l'impatience des autres et leur demande de bien vouloir m'excuser.
Une palombière est une sorte de cabane plus ou moins grande qu'on trouve dans nos bois et dans laquelle, essentiellement, on mange, on boit, on se raconte des histoires de "culs" ( c'est comme celà qu'on les appelle, je n'invente rien), on fait la sieste... Il n'y est pas interdit de rouler une cigarette, bourrer une pipe. De temps en temps, on tire sur un vol de palombes qui a eu la malheureuse idée de se poser sur les arbres autour.
L'intérieur est fort bien aménagé et confortable: l'électricité permet l'installation du frigo ( des glaçons pour le ricard, c'est mieux), d'un poste de télé, mais oui...
![]()
Et l'enquête...où en est-elle l'enquête?
- Avez-vous vu la tête, demanda Magret?
- Oui, dit le plus rouge des trois ( car ils étaient trois). C'est même Hector qui a averti la gendarmerie de Barbotan; n'est-ce pas Hector?
- Oui, confirma Hector, un jeune costaud.
- Et le corps, Hector, vous n'avez pas une idée de l'endroit où...
- Non, trancha Hector. Si je savais...
Le commissaire prit son carnet, nota quelques détails importants, releva l'identité des trois chasseurs, leur adresse...
- Je dois rentrer à Auch pour une autre affaire non élucidée. Je reprendrai contact avec vous ces prochains jours. Adichats*...
...................................................................................................................................................................
Il rejoignit sa 4CV en chantonnant "en sortant de l'école" de Prévert, mit la radio pour avoir des infos sur le déroulement d'une grève des enseignants, grève qu'il approuvait car il aimait l'école publique...
- Des ministres sans tête, ça existe aussi... pensa-t-il.
*Familièrement: adieu
18:55 Publié dans magret | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
19.11.2008
la tête ... suite
..."au bois de mon coeur" enregistré au cours d'une répétition.
La suite d'hier:
La tête ayant été identifiée, on pouvait considérer sans trop s'avancer que l'enquête irait à grand pas.
- Etait-il croyant, demanda le commissaire à la veuve?
- Non, hélas, dit-elle en sanglotant. Mais je prévois des obsèques religieuses afin qu'il ait toutes ses chances. Mais...pourquoi cette question?
- Ses yeux étaient levés vers le ciel, comme ça, dit le commissaire en imitant le mort.
- Mon Dieu, dit la dame effrayée!
![]()
- Je ne vous le fais pas dire, et il nota quelque chose d'important sur son carnet.
Il fallait, maintenant, retrouver le corps.
- Il n'a sûrement pas été très loin, pensa le commissaire.
Il quitta Auch à bord de sa 4CV et prit la direction de Gabarret. Disons, pour être précis qu'à bisto de nas il y avait environ une quarantaine ou plus de kilomètres à faire. Il introduisit dans le lecteur une cassette du quartet " Plein jazz" sur laquelle était enregistré " au bois de mon coeur", son morceau préféré et, bien que la vitesse ne fût pas limitée à cette époque, il arriva à l'entrée du bois deux heures plus tard.
Il se gara et emprunta le sentier qui devait le conduire vers la souche sur laquelle on avait découvert la tête de Ferdinand, tête qu'on avait pris la précaution de mettre dans une boîte déposée au frais à Auch afin que les oiseaux et autres bestioles ne jouent pas avec.
Chemin faisant, il se mit à fredonner, sur l'air de "nous n'irons plus au bois":
trouver un corps sans tête
coyez-moi c'est pas chouette...
mais une têt' sans corps
alors ça c'est plus fort!
Puis de plus en plus fort:
Trouver...etc
TA GUEULE... PUTAING*!
Il n'avait pas vu qu'il se trouvait tout près de la palombière!
![]()
*Il est fréquent, chez nous, d'entendre un "g" à la fin de ce mot; c'est comme ça.
Les dessins sont de Duverdier.
18:50 Publié dans magret | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
18.11.2008
la tête
Découvrez Henrick Garell!
Il faut cliquer sur le petit triangle blanc et attendre un tout petit peu...
Avertissement: je conseille aux lecteurs et lectrices trop sensibles de ne pas lire cette note et dégage toute responsabilité quant aux cauchemars qu'elle pourrait entraîner...
Voici la "une" du journal la dépêche du midi, un jour de novembre gris des années 60...

LA TETE DU BOIS DE GABARRET...ACCIDENT? MEURTRE? SUICIDE? L'ENQUETE PIETINE
En effet, un chercheur de champignons était, deux ou trois jours avant, tombé quasiment nez à nez avec cette tête, posée sur une haute et large souche. IL crut à une plaisanterie, imaginant que le reste du corps était caché derrière. Il contourna prudemment: RIEN!
PUTAIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIN! cria-t-il, courant à toutes jambes à travers les fougères, épouvantant le vol de palombes qui allait se poser à proximité ce qui entraîna les vociférations des chasseurs qui les attendaient de pieds fermes dans la palombière d'à côté.
TA GUEUUUUUUUUUUUUUUUUULE CO................................................!
Bref; passons sur les détails.
La tête appartenait à un chercheur de champignons car on trouva, à côté de la souche un panier plein de trompettes de la mort.
Voilà qui était prémonitoire, pensa le commissaire.
Un indice, peut-être, qu'il nota sur son carnet.
La photo qui parut dans la presse permit une identification assez rapide du décapité. Une dame en état de presbytie avancée et mal corrigée, crut reconnaître son mari lequel avait quitté le domicile conjugal depuis de nombreuses années. Mais ce n'était pas lui.
Celle qui vint dans le bureau du commissaire le lendemain était plus crédible: elle fit une description très précise du visage de Ferdinand son époux qui en effet était parti cueillir des champignons trois jours avant et, bien sûr, n'était pas revenu à la maison...
L'enquête avançait.
.................................................................................................................................................................
Je m'arrête là pour aujourd'hui car je dois, vous le comprenez, me reposer un peu.
18:35 Publié dans magret | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note


