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30/11/2009

le noyé du pont de la Treille (suite)

magret.jpgCe lundi après-midi, le commissaire Magret décida de s'offrir un peu de repos après son escapade dans le pays basque. Nos amis communs en résidence à Anglet l’avaient, comme chaque fois, reçu de fort belle manière: les repas de Maïté accompagnés des vins de la cave de Raymond nécessitent, au retour, une période de diète permettant à l’organisme de se refaire une santé. Il avait donc, ce lundi, frugalement déjeuné ( ici, en Gascogne, on dit le diner à midi mais comme j'écris pour un vaste public, j'utilise le mot adéquat afin que tout le monde comprenne...), donc, il avait frugalement déjeuné d'un confit de canard arrosé d'un ballon de madiran et d'une portion de fromage de chèvre de la ferme Lou Caoubé située à Pimpous, village gascon de moyenne altitude. Il s'était installé au soleil, sur un banc des Allées Mégret d'Etigny, son illustre ancêtre, disait-il, mais sans en apporter la moindre preuve…
Il avait ouvert la Dépêche du Midi à la page des faits divers, sa préférée, et son intérêt s'était porté sur un court article disant à peu près ceci:
- On n'a toujours pas tiré au clair cette affaire de noyé-assassiné ou d'assassiné- noyé ( Magret apprécia la nuance) retrouvé sous le pont de la Treille il y a quelques jours. L'enquête, pourtant confiée à l'illustre Commissaire Magret, piétine.
- Je voudrais les y voir, ne put s'empêcher de grommeler l'illustre!

( A ce point de l'histoire, il est utile de vous reporter à ma note plus ou moins précédente, rubrique Magret, sinon vous courez le risque de ne rien comprendre à ce qui va suivre).
Il leva les yeux de son canard au moment où passait à deux ou trois mètres devant lui, assez légèrement vêtue pour cette fin de mois de novembre d’une robe de percaline rose qu’une délicate brise pyrénéenne soulevait par trop courts moments juste au-dessus des genoux, une très séduisante brune qui paraissait très préoccupée; d’ailleurs elle ne prêta aucune attention au commissaire qui pourtant la dévisageait avec beaucoup d'insistance.
- Tiens, tiens …la dame du 99 de la rue de la pousterle des Houmettous. Elle porte gracieusement le deuil de son mari! Et, diou biban, quel parfum! Magret avait un flair extraordinaire.

Quand elle fut passée, il plia son journal, le glissa dans une poche de sa gabardine beige, remit son béret d'une main preste en le calant d'abord à l'arrière du crâne, puis il tira le feutre noir vers l'avant et le pinça entre le pouce et l'index pour faire comme une pointe. C'était sa façon à lui de porter ce couvre-chef qu'il préférait aux chapeaux des policiers parisiens qu'on voit au cinéma. Il était gascon et fier de l'être, tout en conservant une certaine modestie qu'appréciaient tant ses supérieurs que ses subalternes. Voilà qui méritait d'être dit même si c'est assez inutile...
Il entreprit donc de "filer" la belle qui descendait déjà prestement les marches des allées vers la place de la Libération.

( la suite ... un jour prochain)

27/11/2009

WE

Le commissaire est parti, pour le WE, sur la côte basque. Il reprendra et terminera son enquête dès son retour, m'a-t-il promis.

IMG_1282.JPG

20:46 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (9)

26/11/2009

le noyé du pont de la Treille

J’avais écrit l’année dernière cette première enquête du commissaire Magret. Le nombre considérable (!) de nouveaux lecteurs m’oblige à une nouvelle diffusion. Pour mon plaisir personnel mais aussi par respects pour les anciens dont certains ont une mémoire d’éléphants j’ai apporté quelques modifications.

…………………………………………………..................................

magret.jpgUn dimanche matin, à l'heure où sonnaient à toute volée les cloches de la Cathédrale Sainte-Marie au risque de détériorer plus encore l'escalier monumental et de faire culbuter la statue de d'Artagnan, mon ami le commissaire Magret gara sa 4 CV sur un parking en bordure du Gers.
Il ouvrit précautionneusement sa portière à cause du vent assez violent qui arrivait de face et du plateau de Lannemezan.
- Ce n'est pas le moment de « me l'échapper » comme l'autre jour, pensa-t-il.
Car la réparation lui avait coûté assez cher! Il n'était en effet assuré qu'au tiers car sa cacugne était vieille et ça ne valait pas le coup, pensait-il jusque là, de prendre un contrat tous risques fort onéreux comme chacun sait. Il avait un peu regretté cette décision, mais, trop tard…

En plus, un vélo arrivait derrière et le vieux cycliste qui revenait du marché de la Patte d’Oie, un panier plein sur le porte-bagage de devant, un autre sur celui de derrière, n’avait pas eu le réflexe de l’éviter et s'était retrouvé à l'hosto! Cela lui avait causé des soucis… Bref.
Le commissaire descendit avec difficulté car il n'était plus très jeune lui non plus. Il aurait pu faire valoir ses droits à la retraite depuis déjà 4 ou 5 ans mais il avait peur de s'emmerder et il espérait "travailler" jusqu'à l'âge maximum, c'est à dire 70 ans. Malgré notre vieille amitié, on s’engueulait souvent sur ce sujet. De toute façon , disait-il, le coin était calme: le gascon, s'il est soupe au lait et fier, ne se laisse pas entraîner dans la délinquance sauf s'il est obligé. C'est surtout l'été qu'on peut craindre des actes de malveillance, quand les gens du nord ( au-dessus de Bordeaux) viennent en masse danser la country à Mirande et écouter du jazz à Marciac. Ils ne supportent pas le pousse-rapière et ne savent pas déguster l’armagnac. Ils boivent…
- Putain de rivière, grommela le commissaire.
pon-treill.jpgOn avait en effet retrouvé, au petit matin, dans l'eau boueuse ( il pleuvait des cordes depuis quelques jours), échoué sous le pont de la Treille, le cadavre d'un homme qu'on avait identifié.
Le commissaire se dirigea vers la rue la pousterle des Houmettos. Pas de chance, le N° 99 où il devait se rendre était tout en haut!
( une pousterle est, à Auch, une rue très pentue et très étroite).
- J'aurais mieux fait de me garer sur la place de la cathédrale, re-grommela-t-il.
Il entreprit péniblement l'ascension, arriva tout essoufflé devant le N°99. Il attendit un peu afin de reprendre son souffle, sonna. Une dame au peignoir rose ouvrit:
pousterle des houmettos.jpg- Mon dieu, dit-elle; qu'est-ce donc? ( hum, hum...pensa le commissaire)
-
On a assassiné votre mari!
- Robert?...mais ce n'est pas possible!
- Qu'est-ce que vous pariez!

Voilà, je n'en dis pas plus. L'enquête est en cours et vous comprenez que je dois préserver le secret de l'instruction. Attendons patiemment le prochain épisode...

 

 

25/11/2009

une mise au point nécessaire?

Certains ont mis en doute notre voyage en Irlande, voyage évoqué dans ma note du  20 novembre. Ce n'est pas la première fois. On ne me croit donc pas et cela me chagrine. Passer pour un affabulateur, un menteur même, m’est insupportable. J’ai pourtant apporté une preuve irréfutable: une magnifique photo de bateaux prise dans le Conemara. Cette photo a fait l’objet d’une aquarelle que Roro a présentée à l’occasion d’une exposition boétienne et qui lui a valu, et c’est justice, les félicitations de monsieur le maire et l’enthousiasme des visiteurs fort nombreux. Elle a souffert ( l'aquarelle), je le reconnais, d’un encadrement un peu bâclé et dont je suis responsable car je manque d’expérience dans ce domaine; entre autres. Mais, je m’égare: un peu d’énervement sans doute!

Notre voyage a bien été effectué… il y a une dizaine d’années, et c’est cela qui est important. Le reste n’est que remplissage…

conemara.JPG

20:24 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (6)

23/11/2009

après concert...

Beaucoup se sont inquiétés de savoir si le concert de jazz de samedi soir organisé par notre toute nouvelle association boétienne s'est bien déroulé. Je réponds, confirmant ainsi un commentaire récent de l'amie Pimprenelle qui nous avait fait le grand plaisir et l'amitié d'y participer, je réponds donc, sans restriction aucune: oui, mais... Le spectacle proposé par l'orchestre toulousain fut de grande qualité; oui, mais...

Oui, mais… Vous n'êtes pas venus et vous nous avez beaucoup manqué pour l'équilibre de nos comptes! Si la situation financière n'est pas encore catastrophique, elle va nous inciter désormais à la prudence. Nous envisageons la recherche de trios, duos... ou, de préférence, solistes afin de limiter les frais. J'ai même proposé de me produire seul et gracieusement en alternant un peu de clarinette, un peu de saxophone alto, puis ténor, un peu de chant en m'accompagnant sommairement à la guitare. Je peux même, en m'entraînant un peu, conclure à l'harmonica, par le traditionnel when the saints go marching in pas trop difficile à interpréter et que le public ne manquera pas de chanter, debout, en tapant dans ses mains avec enthousiasme sur les temps 2 et 4 ce qui déroute, en règle générale, le spectateur français qui, sottement, marque les temps 1 et 3, comme il le fait sur « la chenille » de Sébastien, contrariant ainsi le jeu de l’interprète. J’espère avoir été assez clair.

Si les responsables de l’association acceptent ma proposition, je vous tiendrai au courant afin que vous veniez nombreux encourager mon one man show.

IMG_0964.JPG

Evidemment, il est resté pas mal de cidre et des tartelettes aux pommes. J’avais pourtant suggéré l’organisation d’une soirée sur le thème « jazz et beaujolais nouveau». Je suis certain que nous aurions eu beaucoup de monde. Car, ce soir là, du beaujolais nouveau, il s’en est bu des litres et des litres pas loin de chez nous. Dommage…

Hier, nous avons tristement achevé les restes du repas que nous avions préparé pour les musiciens et nous-mêmes, à nos frais évidemment. Ce matin, Roro a jeté un grand saladier de riz avec plein de choses qu’elle avait généreusement mélangées. Si on m’avait écouté, on aurait pu en vendre quelques assiettes au moment de l’entracte.

Je ne sais pas si je vais continuer encore longtemps à m’investir dans cette entreprise au devenir incertain. Si les responsables étaient plus attentifs à mes conseils éclairés, cette asso ne serait pas dans la dèche

Ma photo: un multi-instrumentiste dans une rue de San Francisco ( vieille diapo!)

14:54 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (8)

21/11/2009

concert de jazz

Ce soir nous organisons un concert de jazz "nouvelle orléans" à Boé. Espérons qu'il y aura suffisamment de monde... pour couvrir nos frais! A l'heure où j'écris ces lignes, il reste encore des places: si le coeur vous en dit...

Je n'ai pas d'enregistrement de l'orchestre toulousain que nous avons invité; aussi, je mets un air joué avec mon orchestre il y a une dizaine d'années.


podcast

Réjane DOUCE.jpg
Le clarinettiste appuyé contre la voiture, c'est moi.

19:16 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (13)

20/11/2009

bien des choses

Chers amis,

Nous avons débarqué du ferryboat ce matin de bonne heure après une nuit agitée car le vent soufflait en rafales et nous avons subi une forte houle. Roro a eu mal à l’estomac et elle ne fut pas la seule. Moi j’ai tenu le coup, ce qui est étonnant car chaque traversée pour l’Algérie fut  une dure épreuve! Comme quoi on peut s’améliorer en vieillissant!

numérisation0004.jpgAvant de descendre sur le sol irlandais, nous avons appris par un touriste français qui avait écouté son poste de radio que l’équipe de France de foot avait gagné. Pas de beaucoup, mais elle avait gagné et c‘était l‘essentiel. Voilà un voyage qui s’annonçait bien. J’avais dans ma valise un maillot des « bleus » ( je l’emporte toujours dans mes affaires car « l’identité nationale », en parler, c’est bien, l’appliquer, c’est mieux) et l’enfilai par-dessus ma chemise. En descendant du bateau, l’envie me prit de siffler « la marseillaise » ( quand je dis « siffler », c’est évidemment de l’air que je veux parler, si vous voyez ce que je veux dire). Au moment où je m’y attendais le moins, des types, des rouquins, des costauds m’ont encerclés, la figure patibulaire et m’ont crié des trucs qui ressemblaient à des insultes. Le monsieur du poste de radio qui se trouvait à côté de moi et qui comprend l’anglais m’a conseillé d’enlever le maillot. Ce que je fis; mais franchement, je ne comprends pas pourquoi!

Si vous allez à la maison, vous n’aurez pas les tomates à arroser car je les ai arrachées avant de partir.

Nous vous écrirons depuis le Connemara où nous espérons être dans deux ou trois jours si j’arrive à m’habituer à leur putaing de conduite à gauche…

Bien des choses.

barques irlande.jpg
Roro a réussi une magnifique aquarelle grâce à ma photo.

 

19:39 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (8)

19/11/2009

parti d'henrire

                     
un manifestant ( votez pour moi).JPG
  
La confiture de cerises, trop liquide cette année, avait coulé abondamment par les trous de ma tartine ( comme dans la chanson) et je léchais la paume de ma main avant que ça ne descende insidieusement jusqu’au coude quand je déclarai à Roro:

- Je vais créer un nouveau parti!

- Allons bon ! En voilà une lubie!

Je lui expliquai que ma décision avait été prise en regardant , l’autre jour, à la télé, Patrick Sébastien annoncer officiellement et le plus sérieusement du monde son intention de rassembler autour de lui des gens de tous horizons sensibilisés aux immmmmmmenses, aux innnnnnnnombrables problèmes humanitaires afin de…, afin de…, afin de bâtir un programme sur ce thème récurent; poil aux dents. Passer de « la chenille » à un projet d’une telle ambition, faut être gonflé!

- Et… vous l’appellerez comment ce nouveau parti, demanda le journaliste un tantinet dubitatif?

- Euh… le parti humanitaire…

Et bé, putaing!

C‘est vrai; des partis, il n’y en a pas assez. Il a raison.

Donc, j’ai décidé de créer aussi le mien: le parti d’henrire. Ce ne sont pas les occasions qui manquent; il faut en profiter.

On peut déjà adhérer en expédiant un chèque à l’adresse suivante:

Parti d’Henrire

Km 103, berge du canal latéral

Boé

podcast

18/11/2009

rue du Quai...

condom64.jpgJ'ai déjà beaucoup parlé de Condom, de son "musée du préservatif", du festival des bandas…

Mais vous ignorez sans doute que ce bourg était autrefois un port actif sur la Baïse ( attention au tréma): des bateaux transportaient en effet les tonneaux d'armagnac jusqu'à Bordeaux. Les vaillants mariniers se retrouvaient après leur pénible travail dans les bistrots de la rue du Quai. A proximité de l'un d'entre eux, le plus fréquenté, un pauvre diable s'asseyait souvent sur une caisse en bois qui avait contenu des bouteilles de Buzet et , comme c'était un ancien saxophoniste de la Banda de Pimpous ( village gascon de moyenne altitude situé pas très loin) , il jouait quelques pasos particulièrement enlevés dont on peut se délecter encore si on fréquente les arènes où sont organisées des courses de vaches landaises. Théo, c'est ainsi qu'on l'appelait, plaçait son béret fort crasseux devant lui,  et les mariniers qui sont des hommes généreux ( surtout les gascons), y lançaient souvent quelques sous avant de rentrer dans leur bistrot préféré...
Le temps passa …

Un soir, une fille assez gironde bien que gersoise, débarqua rue du Quai et se mit à tapiner sans vergogne à deux pas de Théo qui, vous vous en doutez n'apprécia guère cette concurrence. Les mariniers sont, comme chacun (et surtout chacune ) sait, des hommes vigoureux et ils fréquentèrent assidument Honorine ( car c'est ainsi qu'elle s'appelait). C’est ainsi que les recettes de Théo diminuèrent fortement. Il rongea son frein pendant quelques jours. Bientôt, il n'eut même plus envie de souffler dans son saxophone. Un plongeon dans la Baïse le tenta...
Un soir sans lune, il se leva péniblement de sa caisse et il s'apprêtait à commettre l'acte fatal quand Honorine sortit du petit hôtel où elle venait d'accomplir vaillamment sa besogne. Elle était paraît-il très consciencieuse. Elle s'approcha de Théo et lui adressa gentiment la parole pour la première fois:
- Voici, dit-elle simplement en lui tendant une liasse de billets. J'aime beaucoup votre musique surtout pendant mon travail.
Et elle ajouta, tristement:
- Je dois revenir à Auch car ma pauvre maman est malade. Le trottoir là-bas, ça n'est pas marrant car toutes les rues sont en pente!

-...et...dans laquelle serez-vous, demanda timidement Théo?

vieille pousterle.jpg
Les pousterles sont, à Auch, des rues étoites et très pentues.

 

 

16:58 Publié dans bof... | Lien permanent | Commentaires (8)

17/11/2009

masculin- féminin...

Vaste sujet que je me contenterai de traiter superficiellement ce soir car:

- je n'ai pas le temps

- je ne suis pas obligé

- je me demande s'il vous intéresse vraiment

et les deux boules....jpgClaude Gagnière ( qui mérite d'être connu) écrivait que le genre, comme disait sa grammaire, est en quelque sorte le sexe d'un mot. Quand on rencontre quelqu'un il est préférable de pouvoir dire, sans se tromper, monsieur ou madame. Pour les mots, c'est pareil. Mais ça n'est pas toujours facile; comme pour certaines personnes d'ailleurs. Il existe, dit toujours Claude Gagnière, des mots qui ont une drôle de genre... Mais ce sont, heureusement, des cas exceptionnels; quoique nombreux malgré tout. Je vous laisse le soin de dresser votre propre liste. Et les bisexués! Tiens: parallèle. Deux parallèles s'aimaient... hélas! ( André Frédérique). Et pendule? " Même une pendule arrêtée a raison deux fois par jour" ( je ne sais pas qui a dit cela, mais c'est osé).

Y a-t-il une logique au moins? Pas vraiment; un seul exemple: le vagin et la verge. Je conclus cette note un peu bâclée par une chanson brève que j'ai composée (!) il y a pas mal de temps; va  falloir que je me renouvelle! 


podcast

pour les malvoyants, la légende du dessin de Poulbot: et les petites boules, ça sert à quoi?

20:40 Publié dans bof... | Lien permanent | Commentaires (5)

16/11/2009

partage équitable

Ce matin, je marchais au bord du canal en compagnie de mon ami Serge. A côté du banc bleu qui se trouve en face le château Saint Marcel ( cette information est totalement inutile et n’apporte strictement rien à mon histoire; vous pouvez donc l’oublier), donc, que vois-je… Un porte-monnaie! C’est fou le nombre de porte- monnaies qu’on perd au bord de notre canal! Je fais semblant de lacer ma chaussure droite et le ramasse subrepticement.

- Tiens, me dit Serge, que viens-tu de trouver là?

Allons bon, pensai-je, il m’a vu!

- Euh… un petit, tout petit porte-monnaie. Sans doute un enfant l’a-t-il perdu?

- Fais voir… mais non, c’est un vrai porte-monnaie; que contient-il, s’il te plaît? ( le ton de ce « s’il te plaît », si vous aviez entendu!)

solidarité.jpg

J’ouvris donc, comment faire autrement: dans un compartiment, des pièces, dans un autre des billets, pas mal de billets.

- Que va-t-on en faire ?

Je trouvai le « on » mal venu, incongru… Il ajouta :

- Et si nous partagions; en frères!

Je réfléchis et répondis:

- Je préférerais moitié- moitié.

18:26 Publié dans bof... | Lien permanent | Commentaires (6)

15/11/2009

en guise d'épilogue

La dernière note laborieusement écrite cette fin de semaine, la densité de ses trois chapitres m’ont contraint à une tellement forte concentration que, pendant ces trois ou quatre derniers jours je dus m’isoler de la vie publique, même familiale avoue-je… Ainsi m’abstins- je de toute visite, pris-je des repas frugaux, à la va-vite, dormis-je un minimum de temps, évitai-je la télévision et autres activités… Bref, je me consacrai exclusivement à l’écriture de ce qui, j’ose l’espérer, restera, dans l’immensité de l’univers littéraire, une œuvre phare.

J’abrègerai modestement cette trop courte introduction…

Le premier chapitre fut accueilli par le lecteur avec émotion. La relation de mon malaise, ressentie douloureusement, entraîna de nombreux témoignages de sympathie: je remercie aujourd’hui leurs auteurs en m’excusant de ne pas l’avoir fait plus tôt. J’imaginai d’ailleurs et dans un souci d’apaisement, un dénouement rassurant que je n’avais pas prévu au départ. Cependant je fus contrarié par le coup de fil d’un soi-disant ami qui me dit ceci ( je cite):

- Quand tu atteignis le fa dièse, tu n’étais pas loin du sol!

Comme il se marrait sans vergogne, j’en déduisis qu’il se payait ma tête.

Certains ont appris qu’une anche et une hanche, ça n’est pas la même chose: on fait ou on ne fait pas la liaison. Une dame fort honorable me proposa même cette définition : languette dont les vibrations émettent des sons…Exact, mais il faut un minimum de technique pour arriver à ce résultat

numérisation0003.jpgUn auvergnat célèbre par ses rubriques « montagnardes » ( un digne successeur du grand Alexandre Vialatte) me conseilla d’abandonner les instruments à vent au profit des cordes moins dangereuses pense-t-il. Je tripote un peu la guitare, comme Boby Lapointe et le violoncelle me tenterait. Mais le mur de Berlin est déjà tombé, l’anniversaire bâclé. Il reste d’autres murs ici ou là. Mais…

Le même aurait passé des nuits intéressantes grâce à Linda dont il imagine des rondeurs pleines de promesse confondant tessiture et tour de taille, l’une n’étant pas forcément en relation étroite ( si je peux m’exprimer ainsi ) avec l’autre; même si Ella Fitzgérald possédait certaines rondeurs. Il relève, et je le remercie de me lire avec autant d’attention, qu’il existe des mineures augmentées: j’ajouterais qu’il existe aussi des majeurs diminués. Il en cite d’ailleurs souvent dans ses rubriques.

Bonne semaine.

14/11/2009

malaise...fin

blues clarinette....jpg

Hier, un coup de fil:

 

- Salut l’artiste ( c’était la voix de Magret)! J’ai résolu ton problème de malaise. Tu fiches à la poubelle les anches que ton contrebassiste t’a achetées…

- Mais, Mag Do, fichtre de bigre… pourquoi ???

- Elles sont imprégnées d’amatoxines m’a dit le labo qui a analysé l’anche que tu m’avais confiée. J’ai téléphoné à notre ancien copain du cours complémentaire de Fleurance, le professeur Bedré…. tu te rappelles…il était très fort en sciences nat, bref…Il m’a dit qu’on trouvait ce poison dans les anamites phalloïdes.

- Les aMAnites, Mag Do!

- Si tu veux. A très faible dose, ça n’est pas dangereux. Je soupçonne ton Didier d’avoir fait le coup*: il ne supportait pas de voir sa Linda te « bader » quand tu exécutais tes brillantes improvisations… Un jaloux! Veux-tu porter plainte?

- Diou biban de macarel! … ( je suis interloqué!)… ( je réfléchis)… Non, Mag Do. Je te tiens au courant. Mais, putaing, tu es le meilleur! Merci…

J’appelai Didier:

- J’ai réfléchi l’ami: ta copine Linda chante fort bien, certes, mais elle ne convient pas à notre orchestre. Son répertoire est trop différent…

- C’est ce que je pensais aussi… J’ai trouvé des champignons ce matin. Je comptais t’en apporter quelques uns?

- Avec plaisir: nous les mangerons ensemble ce soir. Je sortirai un confit de canard et un bouteille de madiran argile rouge; ça te va?

- Evidemment…tu devrais jeter les anches que je t’ai ramenées de Toulouse; je trouve qu’elles ont un son médiocre.

- C’est déjà fait; à tout à l’heure!

…………………………………………………..............................................

*Je n’ai pas insisté sur la partie scientifique de cette histoire laissant au lecteur le soin d’imaginer comment Didier avait procédé pour rendre les anches modérément toxiques. Ne me reprocherait on pas, ne m’accuserait on pas de donner des informations dont on pourrait dénoncer le caractère pernicieux.

 

13/11/2009

malaise...suite

commissaire Magret.jpgMag Do ne voulut pas que je rentre à Boé et m’invita à passer la nuit chez lui, à Auch. J’y dormis profondément après avoir dégusté un vieil armagnac de la maison Sempé et de derrière les fagots. Le lendemain, mon malaise de la veille n’était qu’un lointain souvenir et , comme je me levai assez tard, c’est volontiers que j’acceptai de prolonger mon séjour chez mon ami surtout après qu’il m’eut dit que nous partagerions, en toute simplicité, un confit de canard accompagné de cèpes qu’il sortit dare dare du congélateur. Le tout arrosé d’un Madiran Montus Bouscassé 2oo2; ça ne se refuse pas.

Pendant que nous buvions le traditionnel  pousse-rapière, il me dit:

- Il te faut sans doute beaucoup de souffle pour jouer de la clarinette pendant toute une soirée, non?

- L’habitude Mag Do, l’habitude… Tiens, veux-tu essayer?

anche.jpgJ’allai chercher l’instrument, emboîtai les divers éléments, fixai l’anche précautionneusement sur le bec.

- Tu le places comme ceci, tu serres bien avec les lèvres… souffle, vas-y!

Mais il sortit le bec de sa bouche, fit la grimace et me dit:

- Il a un drôle de goût ton bout de bois!

- Ce sont de nouvelles anches que Didier m’a achetées à Toulouse dernièrement; on ne trouve pas cette marque à Agen. Elles sont américaines. Tu as raison; elles ont en effet un goût bizarre, de moisi. J’avais remarqué.

IMG_1216.JPG- Didier; c’est le contrebassiste? La chanteuse… c’est sa copine?

- Oui; c’est lui qui nous l’a présentée il y a peu de temps. Pas mal, non?

- Je l’ai observée; quand tu joues, elle a l’air comme fascinée!

- Tu veux rire Mag Do!

- Ton Didier, par contre, ne semble pas apprécier son attitude…Peux-tu me prêter une …anche?

Bof, une lubie, une curiosité de commissaire de police, pensai-je. Pourquoi le contrarier…

Et nous nous mîmes à table.

12/11/2009

malaise...

 

podcastNotre quartet en répétition

J’attaquai mon solo de clarinette.

J’aime bien improviser sur ce grand et magnifique classique du jazz qu’est lullaby of birland: je l’entreprends dans les graves en faisant bien résonner le bois de ma Selmer, je monte progressivement une gamme subtile en la mineur augmentée, je fais une pause d’une demi-mesure dans les médiums et je progresse vers les aigus…

IMG_1214.JPGCe soir-là, je n’étais pas loin du fa dièse, patatras, comme une nausée, un vertige et je m’étalai sur la scène.

Quand je repris mes esprits, mon ami le commissaire Magret que j’avais invité, était penché au-dessus de moi et me donnait même quelques gifles en disant:

putaing, qu‘as-tu, réveille-toi…

Heureusement, lullaby était un morceau de rappel. La foule applaudit longuement, debout, puis sortit lentement de la salle en chuchotant des et bé!… macarel! …boudiou! car, j’ai oublié de vous dire, nous jouions ce soir-là dans la salle des fêtes de Pimpous, village gascon de moyenne altitude dont la réputation n’est plus à faire.

Mes copains rangèrent tout le matériel aidés par Linda, notre nouvelle chanteuse, une fille magnifique, et dont la tessiture approchait celle de l’incomparable Ella Fitzgerald . Il faut l’entendre ( et la voir) chanter Misty d’Errol Garner! A vous donner la chair de poule!

( la suite demain, si je vais mieux)

 

 
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