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28/04/2012

le village...suite

dans la rue principale.JPG
Nous sommes dans la rue, au milieu du village, devant l'épicerie. Une rue, une épicerie. Celle-ci n'est pas ouverte en continu. Elle répond aux besoins élémentaires de la population, propose les produits de première nécessité. Une fois par semaine, je crois, on peut y acheter de la viande. Du chevreau sans doute. Un luxe. On devine la bête pendue à l'entrée, à gauche du magasin. Je reconnais, devant l'ouverture, le plus grand de mes élèves parmi les plus assidus. Son nom...?
Un fellah tenant une pioche remonte de l'oued profond dans lequel nous ne nous aventurons jamais. Il doit y cultiver un petit lopin de terre.
J'ai pris peu de photos de ce genre. Par discrétion sans doute.
La photo ci-dessous montre l'entrée basse de la rue: l'oued se trouve derrière nous. Pour rejoindre notre poste ( il se trouve tout en haut, caché par les maisons) c'était une sacrée grimpette! Nous avions vingt ans...
entrée de la rue.jpg
Tiens, le voici le fameux oued, caché par les dernières terrasses! Pas engageant du tout. Il paraît que le fellagah empruntait parfois, la nuit, ce passage profond et étroit pour entrer dans le village.. Il paraît...
vers l' oued zz.jpg



Commentaires

Bonsoir j'ai tout lu, tout mon retard, il était important, j'aime ce blog, si sage, si bien écrit, mais aussi vous êtes instit...et puis il y a cette Algérie où comme cette jeune femme dans la recherche, vous me donnez des brides de ce que nous devons expliquer aux nôtres, les plus jeunes, mon mari était né à Alger en août 1952, Algérois, non Algérien, à 10 ans avec juste l'ours de son jeune frère, seul rescapé de leurs biens, sans manteaux, ni chaussures appropriés, il a découvert cet hiver de 1962 dans la région des montagnes de Héraime, ils ne connaissaient pas la neige, ils étaient trois enfants heureux de se rouler dans cette poudre blanche, l'innocence de l'enfance devant leurs parents et grands parents maternels, famille dispersée aux quatre coins de cette France inconnue qui était pourtant leur pays, ils ont été appelés "rapatriés", vous dites qu'il y a eu ce 50e anniversaire, que les médias ont essayé d'expliquer, j'ai un ami correspondant, à Setif dans les montagnes en Algérie lui est né en 1945, il est donc algérien, il sait car il était presque un adulte et l'ainé des enfants, son père a été torturé et mis en prison...pour rien, parce qu'il était un lettré peut être, je ne suis pas pieds-noirs, ni algérienne, née dans l'Aube, je suis celle qui essaie de comprendre lorsque mes beaux parents me racontent ou mon ami d'Algérie, ne pas dire "la guerre d'Algérie" par exemple, j'ai sous les yeux un article du Figaro magazine du samedi 28 janvier 2012, spécial je cite "mémoire d'une déchirure, l'histoire d'une renaissance : 50 ans après les pieds-noirs". Il y a de tout, il faut en prendre et en laisser, et ce n'est qu'un exemple que je vais citer, page 42 à 44 de Mr Jean Marc GONIN journaliste, les mots sont de lui et je suppose qu'il les assume, mais ce journaliste, qu'a t il vécu? quel âge a t il?
je cite : - ... "à Marseille Gaston Defferre alors Maire de la ville supporter de l'indépendance n'éprouve pas de sympathie pour ces "intrus" qui débarquent par milliers chaque jour dans la citée phocéenne, Halte au péril pied-noir peut-on lire sur des affiches placardées sur les murs du port. Dans ce climat tendu, des pieds-noirs (je dirais des français vivants en Algérie française) verront même leurs caisses jetées dans le port par des dockers CGT...le gouvernement n'est pas en reste. Le général de Gaulle observe cet exode avec inquiétude....Louis Joxe ministre des affaires algériennes voit ces arrivées massives comme une catastrophe... en conseil des ministres il explique que cet aflux cache un grand nombre de VACANCIERS qui retourneront en Algérie à la rentrée...."
fin de citation
fallait il qu'ils restent à se faire tuer? ils ne sont plus que cinq cents sur le million de pieds-noirs présents en Algérie avant l'indépendance, à continuer de vivre sur leur terre natale, sans nationalité réelle, Algériens? ou Français résidants à l'étranger? dans cet article (plus long) bien des choses nous apprennent, comme à moi, née en 1954 de français ruraux, ouvriers qui n'avaient qu'une petite radio et peu de culture, mais avec l'âge, le fait de beaucoup lire, et de côtoyer de vrais pieds-noirs et des algériens vivants en Algérie, je constate qu'il y a encore tellement d'erreurs dites même dans ce Figaro, de douleurs,
par exemple en lisant la conclusion de l'article de Mr Jean Marc Gonin je ne suis pas en accord avec lui et avec ce que mes beaux parents et leurs parents et frères, soeurs ont vécus, une fois arrivés en France, avec trois enfants l'aîné mon mari né en 1952 avait 10 ans, sa soeur 8ans et le petit 4ans, mon beau père était expert en assurance pour les voitures accidentées, ma belle mère, mère au foyer, ils sont encore en vie, ils avaient à Alger un petit appartement, une voiture, quelques meubles, l'appartement était si petit qu'il fallait replier les lits pour le jour, ils s'entendaient tous bien dans la rue les mamas étaient algériennes, d'origines espagnoles, françaises, etc... de toutes confessions et tous les enfants jouaient ensembles. Peu de français de l'Algérie française étaient argentés au contraire de la propagande, peu avaient de la famille en France, en réalité les riches représentaient que ... 3% des français d'Algérie.
je cite ce journaliste avec lequel je ne suis pas d'accord par rapport à mes beaux parents qui n'ont pas eu d'aide de la France. Ce n'est qu'un témoignage et il est vrai. Ce n'est pas un jugement.
je cite Mr Jean Marc Gonin :
"Mal partis et finalement bien arrivés, les rapatriés auront quand même obtenu de réelles compensdations de la République, ce que certains ont semblé oublier. En 1970 le Sénat chiffrait à 26 milliards de francs le total des aides et allocations. Quant aux indemnisations au titre des lois de 1970, 1974, et 1978, elle se montent à près de 29 milliards de francs. Des sommes obtenues de haute lutte, bien après que le Général eut quitté le pouvoir, notamment sous Giscard.
Au bout du compte, les pieds-noirs n'ont pas "tout" perdu. La France, quant à elle, a gagné des citoyens qui ne demandaient qu'à l'intégrer. C'est une réussite."
fin de citation
j'avais 20 ans en 1974, lorsque je me suis mariée, j'ai fait la connaissance de ses grands parents maternels sauvés et venus en France, ils n'ont jamais eu d'aide, ils vivaient à Clichy sous Bois dans ce 93, là où la france avait bien voulu les mettre. La famille, c'est à dire ceux qui travaillaient, soit souvent la génération de mon mari, et non celle de ses parents aussi infortunés, devait les aider pour qu'ils puissent manger, se soigner et payer leur loyer. Je revoie ce grand père si beau et si digne dans cet appartement triste et gris, sans meubles, juste un lit, qq chaises, une table... sans souvenirs, sans photos. De même mon beau père a tout fait pour faire vivre ses enfants et les nourrir, d'expert il a été vendeur dans une Coop, ils ont eu des difficultés au niveau sécurité sociale pour se faire soigner, il souffrait d'un hernie discale, les oncles et tantes répartis à Dijon, en Alsace, dans le midi, dans la Marne, famille écartelée, de même n'ont jamais été propriétaires pas même d'un petit logement en France, locataires dans des cités, ce n'est que la génération de mon mari avec l'aide de personne qui a pu, un peu avoir la tête hors de la boue.
Sage vous êtes, trop? car le virtuel est difficile, j'ai appris, je sais, comme ne pas citer le nom du village, donc vous témoignez, mais tout semble comme un rêve... il faut deviner.
Catherine

Écrit par : LADY CATHERINE | 28/04/2012

Le témoignage de Catherine qui vient s'ajouter au tien fait un ensemble éminemment émouvant. Bien sûr aussi que sur l'ensemble de la population de notre pays dans la tranche d'âge concernée, chacun a sans doute une expérience ou vécu des choses égales, différentes ou complètement opposées.

On n'est pas là pour juger de la vie de chacun et l'Histoire, avec le recul, doit se lire davantage par rapport au sens qu'elle fait prendre à toute l'humanité.

Je fais partie de ces gens qui considèrent toute colonisation comme néfaste au bien-être de tous même si une poignée y trouve son intérêt. Un vrai partenariat oui, avec des échanges le plus équitables possibles comme c'est inscrit sur la belle devise du pays.

Mais je m'éloigne encore.

Merci pour ta note toujours si humaine.

Bises et bonne soirée. Monique

Écrit par : monique | 29/04/2012

Comme Catherine, il y a eu dans la famille de la deuxième femme de mon père de nombreux pieds noirs d'origine espagnole. Mais ceux-ci, à l'inverse des français, avaient compris bien avant 62 que le pays serait un jour indépendant. Ils n'étaient dans ce pays que depuis la guerre d'Espagne, depuis les années 30. Peu fortunés, employés ou salariés, ils avaient vendus leurs biens et, à part un pharmacien, étaient venus s'installer entre Marseille et Port Vendres, sans franchir les Pyrénées. Franco était encore bien vivant. Ils ne laissaient derrière dans les cimetières qu'une génération, ce qui était bien différent des français.

As tu appris pendant tes deux années quelques mots de berbère ?? Et t'es tu intéressé aux contes et légendes que les parents racontaient aux enfants ?? Comment faisais-tu avec des gosses qui parlaient à peine le français ?
*

Christian

Écrit par : Christian | 02/05/2012

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