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08/05/2012

des enfants

devant l'école.jpg

Aujourd'hui, nous célébrons le 8 mai 45...

Je suis, moi aussi, un ancien combattant, reconnu comme tel puisque je reçois, chaque semestre, une pension. Quelques mois de commando dans les chasseurs à pieds avant de me retrouver, ouf, dans ce village haut perché afin de remplacer l'instit libéré de ses obligations militaires... une aubaine! De la première période, je ne raconterai rien: d'autres ont déjà témoigné (ils y ont mis le temps certes) et je n'ai rien à rajouter car j'ai vécu les évènements globalement comme eux. De toute façon, je n'en ai pas envie... n'insiste pas Sylvie ( Sylvie est ma fille). Quelques bribes peut-être au détour d'une phrase, dans une parenthèse, si nécessaire.

Nous restons donc, aujourd'hui encore, dans ce village perdu dans des massifs arides, austères, à priori inhospitaliers, forcément hostiles au petit gars du contingent avec ses étés chauds, secs, ses hivers rudes. Rien à voir avec la Gascogne!

Ma photo a certainement été prise avant de rentrer en classe. Certains enfants révisent semble-t-il leur leçon ce qui prouverait leur désir d'apprendre, malgré tout. Car ils n'ont aucune obligation vis à vis de  l'école. Ils  viennent, ils ne viennent pas. Ils doivent aider le père, la mère. Ils ne porteront pas au maître un mot d'excuses! Le registre des présences n'existe pas. Et pourtant ils sont assidus, dans toute la mesure du possible. C'est certainement compliqué de suivre un programme dans ces conditions. Je ne sais plus quelle était ma méthode! Je pratiquais sans doute le rattrapage en continu, le soutien individuel... Bref, je devais m'adapter.

des élèves.jpg

 

Les filles, elles, ne venaient qu'occasionnellement sauf cas particuliers. Aider leur mère aux divers travaux domestiques, s'occuper de leurs jeunes frères ou soeurs...ne leur permettaient pas une fréquentation régulière de l'école. Ces trois jouent aux osselets, c'est certain, je me rappelle parfaitement. Les cailloux ne font pas défaut!

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Lisa, c'est bien Lisa, fille de harki, partage son temps entre l'école et ses petits frères et soeurs. Elle nous rend souvent visite au poste pour récupérer du pain qu'elle préfère, c'est certain, à la galette familiale un peu...coriace, surtout si elle a passé une grande partie de la journée dans la poche, grignotée de temps en temps selon la faim du moment. Du matin au soir, elle promène le petit frère ou la  petite soeur sur son dos. Beaucoup d'enfants ne portent pas de chaussures. J'avais négocié la douche plus ou moins hebdomadaire à la compagnie, en bas, dans l'oued. J'accompagnais les enfants, évidemment. Les filles venaient rarement. Pudeur. Cette expérience n'a pas duré longtemps, je crois. Trop risqué pour moi, peut-être?


Commentaires

Je ne sais pas si ça s'appelle des bribes mais on comprend beaucoup de choses à te lire. S'il en est une que j'ai regrettée, moi, c'est de ne pas avoir écrit ce qu'ils savaient, ce qu'ils racontaient, Père, mère, oncles, tantes, Grand-Parents, parce qu'on décrypte mieux les choses aux témoignages. Peut-être même que parfois, ce sont des choses essentielles qui viennent à nous.

Jolie photo de ces trois jolies fillettes et leurs osselets auxquels nous jouions tout pareil au même âge.

Bises et Merci pour ces souvenirs toujours accompagnés d'une vraie tendresse d'enseignant.

Monique C.

Écrit par : monique | 08/05/2012

De cette période, alors que je n'étais encore qu'un enfant, je me souviens très bien des informations qui "tombaient" le soir à la radio : " x soldats sont tombés dans une embuscade " était, malheureusement, une phrase que l'on entendait souvent. Et le mot "fellagha" qui revenait (trop souvent) aussi...

A ton retour, enseigner à des enfants français, a dû te paraître plus facile, non ? Quoique, l'envie d'apprendre ne devait pas toujours être là !

Bonne soirée, amicalement,
Gérard.

Écrit par : CHAP | 08/05/2012

Coucou !
Trop petite pour me souvenir de cette période . Les enfants oubliaient sans doute la guerre avec l'instit .
Bonne soirée et bizoux à vous deux !
Françoise

Écrit par : françoise la comtoise | 08/05/2012

....il est beau l'enfant avec son doux sourire
ses deux grands yeux ouverts qui ne savent pas mentir
dans le mal triomphant
préserve-moi Seigneur, d'été sans fleurs vermeilles,
de cage sans oiseaux, de ruche sans abeilles,
d'une maison sans enfants
XIX Lorsque l'enfant paraît VH

Écrit par : LADY CATHERINE | 09/05/2012

henri votre url qui ne fonctionne pas
c'est une erreur
ou c'est fait exprès?
amitiés
Catherine

Écrit par : LADY CATHERINE | 09/05/2012

Bonjour Henri,

On ne peut pas côtoyer jour après jour des enfants sans laisser une partie de son âme accrochée à leurs rires et et à leurs regards.

Tu as fait ce que tu pouvais pour tous ceux-là et tu te demandes ce qu'ils sont devenus, s'ils ont retenu un peu du savoir que tu as essayé de leur donner, s'il a servi à quelque chose.

Vraisemblablement, ce qui restera de ton passage est ailleurs que dans les cahiers. Il doit se nicher dans les souvenirs de ces maintenant grand pères quand ils évoquent ta maladresse à parler leur langue ou un moment précis d'une journée particulière.

Dans tous mes voyages,souvent dans des pays pas bien riches, j'ai toujours cherché à me rendre dans une école. Et je n'ai jamais vu de maitres qui ne soient pas "mordus" par leur métier.

Amitiés du grillon

Écrit par : Christian | 11/05/2012

Merci pour ces photos Henri.
La chance a été que tu sois enseignant et puisses te trouver en contact avec ces enfants afin de leur apprendre ne serait-ce qu'un minimum, au lieu de jouer aux 4 coins dans les oliveraies et de voir tes copains tomber comme des mouches. Je te dis cela car des copains à moi ont vécu des scènes effrayantes et sont revenus dans un état mental lamentable, presque fous.
Mon frère aussi a eu de la chance mais il a pu aussi raconter.
Sûrement ces enfants qui t'ont connu et maintenant adultes, se souviennent de toi.
Bises
Geneviève

Écrit par : Geneviève | 11/05/2012

DEVOIR DE MEMOIRE

hocine le combat d'une vie par croaclub

lien vers http://www.dailymotion.com/video/xl0lyn_hocine-le-combat-d-une-vie_news

En 1975, quatre hommes cagoulés et armés pénètrent dans la mairie de Saint Laurent des arbres, dans le département du Gard. Sous la menace de tout faire sauter à la dynamite, ils obtiennent après 24 heures de négociations la dissolution du camp de harkis proche du village. A l¹époque, depuis 13 ans, ce camp de Saint Maurice l¹Ardoise, ceinturé de barbelés et de miradors, accueillait 1200 harkis et leurs familles. Une discipline militaire, des conditions hygiéniques minimales, violence et répression, 40 malades mentaux qui errent désoeuvrés et l' isolement total de la société française. Sur les quatre membres du commando anonyme des cagoulés, un seul aujourd'hui se décide à parler.

35 ans après Hocine raconte comment il a risqué sa vie pour faire raser le camp de la honte. Nous sommes retournés avec lui sur les lieux, ce 14 juillet 2011. Anne Gromaire, Jean-Claude Honnorat

Et pour compléter le documentaire, réécoutez sur SUD RADIO, « podcasts » l'émission du 8/11/11, de Karim Hacene, Enquêtes et Investigations, sur les harkis le camp de saint maurice l'ardoise

Sur radio-alpes.net, Infos Générales - Audio -France-Algérie : Le combat de ma vie (2012-03-26 17:55:13)

Ecoutez: Hocine Louanchi joint au téléphone...émotions et voile de censure levé ! Les Accords d'Evian n'effacent pas le passé, mais l'avenir pourra apaiser les blessures. (H.Louanchi)

Écrit par : louanchi | 28/05/2012

C'est drôle,j'ai parcouru ce matin ton blog e,et j'avais l'impression d'entendre Max,mon mari:il raconte peu,mais il se souvient.Il est né en 38,je vais aller l'interroger,il est revenu en 63 je crois.Tes photos d'enfants sont magnifiques,tu devais les aimer tes élèves.
Bonne journée Henry
Christiane(j'ai enseigné à Auxilia)

Écrit par : christiane06 | 22/01/2013

Les commentaires sont fermés.

 
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