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14/06/2012

Un blessé...

J'ai donc téléphoné à Jean-Pierre afin qu'il me raconte, une nouvelle fois, combien il l'avait échappé belle pendant son séjour là-bas. Je vais résumer ( qu'il me pardonne si j'oublie quelques détails)...

Peu de jours après son arrivée, les harkis de la Compagnie tombèrent dans une embuscade. Beaucoup furent tués. Le commando de chasseurs à pieds auquel appartenait Jean-Pierre ( commando qui m'accueillit plus tard) fut envoyé dans le djebel pourchasser les "rebelles". Hélas, le commando était attendu et se fit harceler. Jean-Pierre reçut une balle dans le dos à hauteur des reins. Impossible d'envisager, sur les lieux du combat, un héliportage. Trop dangereux. Il fallut décrocher. Jean-Pierre fut porté tant bien que mal par les copains car il ne pouvait marcher. Pas de brancard, on le traîna. Il saignait beaucoup. Curieusement, il ne souffrait pas. On le croyait fichu, m'a-t-il dit. Celà se chuchotait autour de lui.

Finalement, un hélicoptère le transporta à l'hôpital de Batna. On l'endormit. Au réveil, il apprit que la balle n'avait fait que passer sans rien toucher de vital. Ouf! Quatre cinq jours d'observation puis transfert à Constantine pour du repos. Une grosse semaine plus tard, on le pria de rejoindre sa compagnie. Par le train ( un tortillard que j'ai moi-même connu!), sans argent, vêtu d'un treillis généreusement prêté. De retour là-bas, son capitaine, un brave type, décida de l'expédier en France ( pardon, en métropole) pour quinze jours de perm'. Jean-Pierre ne refusa pas et trouva même une astuce pour prolonger ses vacances. Quel tire au flanc! Il en profita pour faire un bébé à sa fiancée! Plus tard, il lui en fit trois autres! Quatre filles donc, au total, qui connaissent, je crois, les exploits guerriers de leur valeureux père.

Cette photo a été prise plus tard, quand il était devenu cuisinier et moi instit, là-haut dans le village. C'est le second à partir de la droite ( un beau jeune homme, non?). Je suis derrière la lampe à gaz.

 

soirée belote  ZZ.jpg



Commentaires

Seuls ceux qui ont vécu les choses peuvent dire ainsi sans mots inutiles et les mots ne viennent guère pour ajouter quoi que ce soit. Je préfère te lire. Savoir.

Je voyais, il y a 2 ou 3 jours deux estropiés des services de défense de la Nation "espérer" recevoir au moins financièrement de quoi se faire soigner... bon, c'est vrai il y a des choses plus urgentes...

D'un autre côté, trop d'avantages financiers pourraient donner l'envie grave d'y retourner et même, qui sait, de fabriquer du conflit vu qu'il y a bien des pompiers pyromanes. Les dingues c'est pas ça qui manque.

De là à dire que s'il y a tant de guerres partout c'est qu'il y a tant de dingues... c'est peut-être simplifier trop les choses puisqu'on trouve toujours, et encore maintenant, des justifications pour aller tuer, massacrer, torturer.

On a même de très grands penseurs et philosophes qui nous y invitent courageusement sans en prendre le risque pour eux-mêmes, Brave Héros Levantin.

Bises d'une lectrice lambda

Écrit par : Lambda | 15/06/2012

Bonjour Henri

Je connais la route entre Constantine et Batna pour l'avoir parcourue plusieurs fois, dans les années 1977-78. Les virages serrés entre les parois rocheuses qui surplombent la route sont des coins à se faire canarder.
Et 15 ans après la fin de cette guerre, la présence d'un français dans les rues de Batna n'était pas la bienvenue. Même si c'était pour construire à la demande des algériens eux mêmes.

Ton ami a eu beaucoup de chance de s'en tirer indemne. Et le renvoyer dans sa compagnie une semaine plus tard est vraiment de trop !

Christian

Écrit par : Christian | 20/06/2012

Les commentaires sont fermés.

 
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