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30/12/2014

les clés...

Je m'étais attardé au bord du canal et la nuit m'avait surpris comme j'atteignais le pont de Pourret magnifiquement illuminé pour cette période de fêtes. Un homme, le buste penché vers l'avant, marchait lentement autour de l'arbre de Noël, les mains derrière le dos. Il avait l'air de chercher quelque chose. Je m'arrêtai, intrigué.

sapin de pourret.JPG- Pensez-vous que le père Noël a déposé un cadeau à votre intention, demandai-je sur un ton plaisant?

- Que nenni, me répondit l'homme. J'ai perdu les clés de ma voiture!

- Voilà qui est ennuyeux. Voulez-vous que je vous aide?

- Avec grand plaisir...Merci pour votre amabilité.

Je pris donc la position adéquate et nous fîmes, de concert, lentement, deux ou trois tours du sapin en scrutant le sol bitumé. Rien...

- Êtes-vous certain d'avoir perdu vos clés ici même?

- Non...pas du tout, mais c'est le seul endroit qui est éclairé.

Je commençais à me lasser de tourner ainsi en rond. Je fis encore, mais rapidement, par politesse, deux ou trois tours supplémentaires et pris congé en m'excusant de ne pouvoir rester plus longtemps...

 

 

 

26/12/2014

encore une histoire gasconne

les palombes.jpg


podcast

Une histoire ancienne "revisitée"

Gaston, riche propriétaire de la Beauce...ou d'ailleurs, passait ses vacances avec une dame (mais, chut...) dans un petit hôtel de charme, quelque part en Gascogne.
Un soir, sur la place de Pimpous où se produisait avec entrain l'excellent orchestre "Adijazz"**, Gaston fit la connaissance d’Albert, modeste paysan gascon qui l’invita à une partie de chasse à la palombe. Dans une palombière, on a le temps. On mange, on boit, on discute...en attendant le passage hypothétique d’un vol de ces pigeons voyageurs à la destinée incertaine.
Gaston:
Avez-vous beaucoup de terre?
Albert:
Avec le jardin, le pré, ....trois hectares, à bisto de naz.*
Gaston, surpris:
C’est peu. Moi, avec mon 4X4 , en partant tôt le matin, il me faut la journée pour faire le tour de ma propriété.
Albert:
Avec ma voiture, c’est pareil!

* ou "au pifomètre" si vous préférez

**L'orchestre "Adijazz" se composait de Pierre au tuba, Jacques au trombone, Michel au piano, Bernard à la batterie et moi-même au saxo et à la clarinette. L'enregistrement public n'est pas excellent mais tant pis...

( j'ai emprunté l'image à Duverdier).

22/12/2014

vache de testament...

 podcastPendant que vous lisez vous entendez : David à la trompette et au chant, Andrew au saxophone baryton, Jean-Yves à la guitare, Patrick à la contrebasse, Bernard à la batterie et moi-même à la clarinette.
                                                   A Pimpous, village gascon de moyenne altitude, le père Félicien, un modeste paysan, vint à mourir. Il laissait un testament olographe qui stipulait, entre autres dernières volontés, que son troupeau de vaches fût partagé entre ses trois enfants de la façon suivante: la moitié pour l'aîné, le tiers pour le second et le neuvième pour le cadet. Ne me demandez pas pourquoi car, les affaires de famille, cela ne nous regarde pas.

                                                   Or, à la mort de Félicien, son cheptel ne comptait plus que dix-sept vaches. On a beau être bon en math et maîtriser notamment les problèmes de fractions, respecter à la lettre - si on peut dire- les dernières volontés du défunt présentait des difficultés à priori insurmontables. Les trois enfants, perplexes, allèrent consulter mon grand-père Fernand, maire du patelin, qui avait une réputation d'homme sage et sensé. Fernand, donc, réfléchit et proposa la solution suivante:

qui est le plus....JPG- Je vous prête une de mes vaches. Vous en aurez ainsi dix-huit. L'ainé hérite de la moitié soit neuf vaches, le second du tiers soit six vaches et le cadet du neuvième soit deux vaches. Cela fait bien, au total, dix-sept vaches...et vous me rendez ma vache, bien sûr!

Il paraît que les trois enfants trouvèrent ce partage conforme aux voeux du défunt...

J'ai déjà raconté cette histoire mais il y a longtemps et sans aucun doute différemment. Le musicien de jazz joue souvent "c'est si bon" ou "petite fleur" ou autres standards mais jamais de la même manière. Je suis, encore et pour toujours, musicien de jazz...dans l'âme.

20/12/2014

les deux vaches...

Brousteau 2.JPG

                                   J'ai choisi, pour illustrer la petite histoire que je vais raconter, ce paysage qui m'est familier, paysage de Gascogne qui m'est cher car j'y ai vécu mon enfance et qui séduisit autrefois, au début du siècle dernier, les nombreux italiens exilés car il leur rappelait leur Toscane par ses vallons et la richesse de ses couleurs. Certains, jaloux, diront que c'est du chauvinisme. Peu m'importe. Je suis gascon d'origine et de coeur, fier de l'être...mais modeste malgré tout. J'ai gardé aussi parfois, quelque part dans les prés, à proximité de l'endroit où j'ai pris cette photo, quelques vaches paisibles, des blanches et des noires ressemblant à celles de mon histoire. Vous remarquerez aussi que j'imite, sans me forcer beaucoup, sans, j'espère, le caricaturer, notre accent ( notre assent) du Sud-ouest, accent pré-pyrénéen qui roule les "rrrr". Vous ne vous moquerez pas, bien entendu.

La petite histoire:
podcast

18/12/2014

un conte pour enfants...

Voici un conte que je tiens de mon grand-père Adrien, conte aux origines incertaines qui devrait intéresser vos enfants et petits enfants, le soir à la veillée de Noël par exemple. Il disait, à peu près, ceci:
 et les deux boules....jpg                                    Il était une fois ( toujours commencer ainsi pour capter l’attention), il y a très, très longtemps, une verge*, un vagin* et deux testicules* qui avaient l’habitude de se rendre dans une forêt où se trouvait un arbre qui produisait des fruits délicieux. La verge, vigoureuse et agile, grimpait la première dans les branches - hop hop hop...- , suivie péniblement par les testicules- clip clap clip clap...-. La constitution du vagin ne lui permettait pas ce genre d’exercice: il restait donc au pied de l’arbre. Heureusement la verge aimait bien le vagin et lui lançait des fruits autant qu’il en voulait cependant que les testicules s’empiffraient très égoïstement.

                                             Un jour, un orage violent éclata pendant leurs agapes. La verge descendit dare-dare et demanda au vagin s’il voulait bien l’abriter car elle craignait fort que de trop grosses gouttes de pluie la frappassent**. Elle est très sensible, la verge, vous savez. Comme le vagin était reconnaissant, il accepta volontiers et c’est ainsi que la verge se mit prestement à l’abri. Les testicules descendirent à leur tour en s’entrechoquant dans la précipitation (bing, bling, aïe, aïe, aïe...disaient-ils) et, arrivés en bas, demandèrent eux aussi l’hospitalité.
« Que nenni!  leur dit le vagin. D’ailleurs, il n’y a plus de place! »
                                    Et c’est depuis ce temps là, très ancien, que les choses sont ce qu’elles sont. Quel que soit le temps.

La légende de l'image de Poulbot: "et les deux boules, à quoi qu'ça sert?"

 * méfiez-vous: ces mots sont peut-être étrangers à l'enfant. Il est cependant nécessaire qu'il sache de quoi vous parlez. Sinon, votre conte ne présente aucun intérêt. Car, remplacer ces mots par d'autres qu'il connaît et utilise pendant la récré, serait vulgaire et votre conte ressemblerait à ces histoires que débitent certains "humoristes" à la mode. Alors??? ...Dessinez!

* *vous n'êtes pas obligé(e) d'utiliser l'imparfait du subjonctif; à vous de juger.

16/12/2014

Saint Antoine

 
podcastL'atelier-chant Boé si Boé la chante...

J'escaladais hardiment, en souplesse,avec aisance et agilité et approchais du sommet quand, au moment où je m'y attendais le moins ( c'est toujours à ces moments là qu'il se passe quelque chose de désagréable) un pied glissa sur la roche friable et je tombai dans un précipice profond, profond...

troumouze 85 (ter).jpgJe me mis à crier :
-Saint Antoine, sauuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuve-moi!!!!!!!!!!!!!!!!!
Pourquoi ai-je pensé à solliciter de la sorte ce saint? Je dois vous avouer que je ne le connais même pas. Peut-être parce que mon petit fils s'appelle Antoine?
Vous me croirez si vous voulez mais je sentis comme une main puissante qui me saisissait par le col et me maintenait au-dessus du vide. Je ne sais pas si vous vous êtes déjà trouvé dans cette situation mais , je vous assure, cela fait une drôle d’impression!
- Sortez-moi de là... , m'égosillai-je.
Au-dessus de moi, une voix m’interpella:
- Saint- Antoine d’où?
Je criai ( avec difficulté car je m’étranglais un peu):
- De Padoue!
Je n’avais entendu parler que de celui-là et encore, il y a tellement longtemps!
- Ah... Ce n’est pas moi.
Je sentis qu’on me lâchait et je dégringolai, dégringolai... Je me retrouvai, un peu meurtri, sur le plancher de ma chambre.

 

12/12/2014

noyade...

IMG_2128.JPG

 Ce matin, je me trouvais en face du château Saint Marcel quand j'entendis crier:
- Au secours, au secours ...!
- Tiens, me dis-je, quelqu'un serait-il en difficulté?
- Au secours, au secours...!
- Pas de doute, allons-y et vite!
Avec ce "putaing de brouillard" ( c'est ainsi que parle l'autochtone) on ne distinguait même pas le château ( voir la photo). Finalement, je découvris un vélo TT couché sur le bord de la piste, à côté de la borne 101 et un homme qui se débattait dans le canal.
1257209002-319.jpeg- Au secours, au secou......ours, au sec...
Je m'approchai et reconnus le directeur de ma banque locale.
- Que faites -vous là, cher monsieur, lui demandai-je aimablement?
- Au sec...glou...gle...
Je pensai:
- Il va se noyer... il faut que j'intervienne.
Je me penchai ( aïe aïe aïe.. j'ai un de ces mal au dos):

-  N'avez-vous donc pas vu la pancarte?

- Glou...glou...

- Bon, donnez-moi la main, suggérai-je!
Pas de réaction si ce n'est:
- Au gleglegle....gl...
- Il est borné ma parole, me dis-je .
Je répétai, un peu agacé:
- Donnez-moi  donc la main, p..... de ......
Il me fit un signe négatif avec la tête lorsque celle-ci réapparut.
J'essayai:
- Bon...Prêtez-moi la main...!
Et, cette fois, il me la tendit.

Demain, j'ai l'intention de solliciter auprès de lui un petit emprunt pour faire face à des dépenses que je souhaite engager cette fin d'année afin de gâter ma petite famille. Je vous parie qu'il trouvera mille et une raisons pour ne pas me l'accorder! Peut-être aurais-je été bien inspiré de négocier cette affaire au moment où je lui tendais une main charitable. Du "donnant-donnant" pour utiliser une formule à la mode. Mais je me demande si cette démarche aurait été convenable ?

 

08/12/2014

rencontre...



podcastBoé si Boé la chante "la branche", magnifique chanson que j'inscrirais volontiers au programme de notre spectacle de ...2016 célébrant notre vingtième anniversaire.

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Je marchais d'un bon pas, ce matin, au bord du canal quand, arrivé à hauteur de la halte nautique, je croisai un cycliste qui freina quelques mètres derrière moi, et m'interpella:
- C'est toi?
A tout hasard je répondis "oui " et attendis la suite:
- Mais que fais-tu ici? Si je m'attendais à te voir!
Je m'étais arrêté bien sûr, de mauvaise grâce car la promenade matinale, pour moi, c'est sacré et je n'aime pas être dérangé. C'est le moment privilégié qui me permet de mettre de l'ordre dans ma tête et d'imaginer ce que, raisonnablement, je vais pouvoir entreprendre au cours de cette nouvelle journée, préparer par exemple la répétition de ce soir avec l'Atelier chant Boé si Boé la. Sinon, c'est l'aventure ...
- Comme tu as changé! Tes cheveux n'étaient pas bouclés et ils étaient moins longs, je crois... Tu avais aussi laissé pousser la moustache.
Je supposai qu'il m'avait connu à l'armée, peut-être en Algérie, dans les montagnes des Aurès. Comme il portait des lunettes et un casque, il m'était difficile de deviner son âge...Je voulus le questionner mais il ne m'en laissa pas le temps.
- Il me semble aussi que tu étais plus grand. C'est vrai qu'avec l'âge...tu étais plus costaud aussi...
C'est vrai que j'ai perdu du poids.
- Tu avais une cicatrice sur le front. Tu te rappelles quand tu étais tombé du cerisier?
Je m'apprêtais à lui rétorquer que jamais ...Il avait déjà fait demi-tour. Il me lança:
- Heureux de t'avoir revu, Jacques. Mais j'ai bien failli ne pas te reconnaître!
- Mais, je ne m'appelle pas Jacques!
- Ah, ça alors...!Tu as aussi changé de nom?

Et il repartit vers sa destinée...
Je ne sais pas si je le reverrai. J'aimerais bien faire sa connaissance car il pourrait me raconter plein de choses que j'ai sans doute oubliées

02/12/2014

l'ombre...

                           
podcast
                              

IMG_2088.JPG

                                                            Il était très tôt ce matin là et sur la piste dite "verte" nul promeneur de chien, de cycliste, de coureur à pieds, de marcheur de mon espèce. Sur l'eau, point de touristes en pénichette, de rameurs, encore moins de mariniers. J'étais seul.
                                                   Je m'arrêtai soudain, admiratif devant le spectacle qui s'offrait à mon regard.
- Une telle perspective, il faut la saisir et vite, me dis-je.
Ce que je fis.
                                                   Je m'aperçus alors de la présence de l'ombre de moi-même. Elle était démesurée. J'eus soudain une envie irrésistible de faire le clown: cette ombre qui me précédait était une aubaine, comme une sollicitation. Je me mis à faire des mouvements désordonnés, levant une jambe, l'autre, sautant les bras en l'air, esquissant des entrechats, des pas de charleston en sifflant l'air de "milneberg joyse" *( voir début de note); je marchai comme Charlot, comme un cosmonaute, comme un orang-outan... Je ne pus réfréner l'envie de chantonner la Marseillaise et de marcher au pas, lentement d'abord, comme un légionnaire, puis comme un parachutiste et enfin, beaucoup plus vite, comme le chasseur à pieds que j'avais été autrefois et qui chantait en allant faire la guéguerre dans les bois tourangeaux :
Dans le plumard de la comtesse
Nous étions quatre-vingts chasseurs
Quatre- vingt quatre- vingt quatre- vingt
Quatre -vingt quatre- vingt quatre -vingt
Qui n'avaient pas peur......
".

                                              Mais, mon patriotisme a des limites et je me lassai assez vite de ce défilé solitaire. J'en étais à courir en zigzags en imitant l'avion quand je fus stoppé net par le timbre d'un vélo qui arrivait derrière moi. Je me rangeai prestement sur le côté. La dame me dépassa, me dit bonjour, se retourna, me sourit...
Et nous nous remîmes, mon ombre et moi-même, à marcher normalement.

* à la trompette, David- au saxo, Andrew- au banjo, Jean-Yves- à la contrebasse, Patrick- à la batterie, Bernard- à la clarinette, moi...

 

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