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23/04/2012

le village

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Voici la partie haute du village de N......, diapo prise avec mon kodak-rétinette acheté d'occasion au copain qui fut libéré avant moi. Une affaire. J'utilisai en effet cet appareil longtemps après mon retour. Une trentaine d'années! Je le conserve dans ma bibliothéque bien qu'il soit désormais inutilisable. Un souvenir...
Pas mal la photo, non? C'est là que je "séjournai", très involontairement, pendant les années 60/61; dans la tour qui domine le village, plus précisément.
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Ma diapo a jauni: les ans en sont la cause...
L'unique rue, pierreuse, pentue, très étroite me permettait de rejoindre ma classe quelque part, plus haut, au milieu du village. Les maisons semblent empilées, en désordre: on a du mal à imaginer un passage. D'ailleurs, souvent, celui-ci est inexistant; on marche alors sur les toits, les terrasses, comme le fait l'homme, le chaoui, sans doute un harki, qui descend en bas, à gauche de la première photo. On y rencontre souvent les chèvres qui fournissent le lait. Ce sont, avec les ânes, tellement utiles pour divers transports, les seuls animaux du village. Peut-être quelques chiens faméliques aussi? D'ailleurs, nous avions recueilli un chiot : je peux l'affirmer car j'ai une photo! Une compagnie sans doute éphémère.
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Vue sur les terrasses...
Sur les terrasses, des tas de bois glâné dans les montagnes alentour. Nous en reparlerons sans doute. Y sèchent aussi, à la saison, des fruits récoltés dans l'oued, figues, dattes... et quoi encore? Je ne sais plus. Les fenêtres sont étroites car les hivers sont rudes dans ces montagnes. Et les appareils de chauffage, vous l'imaginez sans doute, inexistants. On brûle le bois à même le sol, dans une sorte de foyer de pierre et la fumée s'évacue, tant bien que mal, par une cheminée percée dans la terrasse. La colonisation a oublié d'amener jusqu'ici l'électricité, l'eau... Peut-être avait-on voulu éviter de troubler le mode de vie ancestral de ces montagnards?
Hourra! J'ai retrouvé la photo avec le chiot; pas très claire, mais c'est une preuve tout de même! Sans elle, j'aurais sûrement oublié ce ...détail. Vous me reconnaissez, à droite, sans coiffure: l'ombre sous le nez est une moustache; pas du tout guerrière!
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05/04/2012

comment Nabila...

Comment Nabila a-t-elle découvert mon blog et, surtout, la note qui, exceptionnellement, évoquait, à l'occasion du cinquantenaire du cessez-le-feu,coïncidant avec la fin de mes obligations militaires, mon séjour dans ce petit village dominant le large oued et les relations cordiales que j'entretenais avec Boussouf, le vieil (?) harki. Car, il y a quelques mois, j'avais décidé, pour des raisons personnelles, d'archiver ma vingtaine de notes sur le sujet, notes bien rangées désormais quelque part, dans un fichier spécial... Aussi, son commentaire m'a intrigué, mettez-vous à ma place! Une longue communication avec l'intéressée et voilà, j'ai l'explication. Mais celà ne vous intéresse pas... un détail. Allons à l'essentiel.

Nabila est petite fille de harki, née en France. Sa famille est originaire d'une bourgade située à quelques kilomètres du village où j'ai séjourné pendant deux ans ( ce fut long!). J'ai évidemment compris son besoin de témoignages dont le mien, si possible. Son grand-père est mort, si j'ai bien compris, pendant la pacification... le maintien de l'ordre... la guerre... comme vous voulez.

Elle m'a demandé si Antoine, qu'elle a rencontré ici et là en feuilletant mon blog, était bien mon petit-fils. Message bien reçu. Faudrait être idiot pour ne pas l'avoir compris!

Que pourrais-je donc lui offrir, à Nabila, petite-fille de harki, qui présenterait pour elle, un soupçon d'intérêt, qui serait complémentaire de tout ce qu'elle connaît déjà sur cette période trouble, lointaine. Ces derniers jours les médias ont enfin ( cinquantenaire oblige?), provoqué des débats, produit des documents, diffusé des films...Je me suis reconnu souvent à l'occasion de divers témoignages. Pas toujours.

Je vais donc tenter, de temps en temps, de raconter une nouvelle fois, sans doute différemment mais avec la même sincérité, juré, quelques bribes de mon séjour de bidasse innocent, dans ces montagnes arides, austères, souvent inquiétantes aussi.

J'offre à Nabila une première image: celle d'une petite écolière du même âge qu'Antoine, gamine à qui j'ai fait la classe pendant quelques mois. A vingt kilomètres près, cet enfant aurait pu être... sa mère.

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13/03/2012

un anniversaire....

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Cette photo est parmi mes préférées, une diapo qui n'avait pas trop souffert et que j'ai restaurée ...
Aujourd'hui est l'anniversaire de ma permission libérale après vingt quatre mois dans les Aurès. Cinquante ans! C'est aussi, coïncidence, l'anniversaire à quelques jours près, du cessez-le-feu. Cinquante ans, aussi...
On a, ces jours-ci, une pensée pour les harkis, ceux qui ont survécu en métropole, tant bien que mal, et ceux qui sont "restés" là-bas. Bouyssouf ( ou Boussouf, je ne sais plus) fut mon vieux copain harki. Je dis vieux, mais, en définitive, je ne sais pas du tout quel âge il pouvait avoir à cette époque. Pour moi, jeune bidasse, il était vieux. On lui avait donné un fusil de chasse qu'il promenait dans le village à longueur de journée car il était affecté à la surveillance. Il était exempté de commando. Nous buvions ensemble le café et aussi la bibine. Nous nous sommes séparés en février 1962. J'étais heureux de partir. La quille, putaing, la quille! J'ai volontairement tout oublié pendant longtemps, je n'ai même pas imaginé ce que le copain Boussouf était devenu. Jusqu'au jour où...
Je ne sais pas quand il est mort. Ni comment.

24/12/2010

un Noël 61...

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Ce soir-là ressembla aux autres à quelques détails près. Plus triste sans doute malgré des tentatives, des velléités de réjouissances, d'animation. Par exemple, quand notre alsacien de droite ( je parle de la photo) entonna il est né le difin' enfant, je ne me rappelle pas très bien mais je doute de la reprise collective de la chanson. Quand je dis collective, nous n'étions que sept dans cette tour, le sixième montant la garde au-dessus de nous dans les courant d'airs glaciaux. Oui; dans les montagnes des Aurès, en hiver, il fait froid. Le septième prenait la photo, évidemment. Qui étaient le six et le sept, je ne sais plus. Sans doute, Jean-Pierre, celui qui regarde le photographe et qui faisait fonction de cuistot ( pour un ébéniste, il ne s'en tirait pas si mal!), sans doute avait-il amélioré notre menu. Nous avions aussi partagé quelques colis reçus de la métropole ( nous disions la France...par anticipation). Je n'en doute pas. Comme tous les soirs, nous jouions à la belote ou au rami. C'est depuis cette époque que je déteste les cartes. Je suis à gauche (sur la photo aussi) et grâce à mes moustaches, je parais plus que mes vingt-deux ans. La bouteille de vin: c'est exceptionnel, je vous assure! C'est la fête voyons! Youppie!

 
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