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11/09/2014

rentrée...suite 4

attentifs!.JPGJe viens donc, ce matin de rentrée, comme prévu, d'accueillir mes quinze élèves. Vous allez peut-être imaginer que je ne vais pas être débordé, que je vais même passer une année scolaire à me la couler douce...Quinze élèves, tu parles, quelle affaire! Quand certaines classes en comptent de vingt à la presque trentaine! T'as pt' être raison, oui mais voilà...comme dit la chanson. Une "classe unique", ça n'est pas un CE2 ou un CM1. Mes quinze élèves, je les ai à tous les étages: du CP à la fin d'études en passant par les CE et autres CM.. .Le remplaçant qui m'avait précédé avait même inscrit, en fin d'année, sous la pression de Monsieur le Maire, deux fillettes de moins de 5 ans en classe enfantine. Et, comble de malchance, un cancre de presque quatorze ans qui s'était prélassé pendant quelques années dans une école privée auscitaine m'est "confié", oui, confié  par ses parents qui ne doutent pas de son succès au certif! Hélas...

Je vais donc, chaque soir, préparer pour le lendemain, dans mon cahier-journal, bon nombre de leçons, de devoirs... Car, figurez-vous, on n'arrive pas dans la classe, le matin, les mains dans les poches, surtout quand on débute, même quand on sort de l'Ecole Normale avec son diplôme de fin d'études professionnelles . Voilà donc de quoi occuper mes soirées de grande solitude à Saint Caprais, une partie aussi de mes jeudis et dimanches...

Mais, préparer sa journée de pédago est une chose. Il faut ensuite, sur le terrain, passer à l'application. Avez-vous une idée d'une méthode permettant de gérer au mieux une classe unique? Aujourd'hui, jour de rentrée...moi pas! Cela vous étonne bien sûr. Je n'ai pas le temps de vous en dire plus. Demain peut-être. Allons, il est temps de commencer la leçon de morale: facile, elle intéresse mes quinze élèves. Travaillez, prenez de la peine... N'est-ce pas un bon choix pour bien débuter l'année scolaire?

10/09/2014

rentrée...suite 3

pupitre+.jpgLa classe de l'école de Saint Caprais ressemble à ce que vous pouvez imaginer, à l'idée qu'on peut se faire d'une classe d'autrefois, à celles que sans doute vous avez vues dans certains films comme la guerre des boutons, par exemple, ou bien , tout simplement à celle que vous avez, peut être, fréquentée. Pas de surprise donc. On y retrouve les tables en bois ou pupitres à deux places, le " bureau" du maître, le tableau noir, une vitrine contenant le strict minimum...et le poêle qu'il faut allumer tous les matins d'hiver avant l'arrivée des élèves bien sûr!

IMG_0020.JPGJe fais l'inventaire...rapidement car il n'y a pas grand chose: les "spécimens" pour le maître, livres de lecture, calcul, grammaire, histoire, géographie..., la bouteille d'encre, quelques fioles, des boîtes de craies, la balance Roberval et ses poids... La carte de France est accrochée bien en évidence comme il se doit. La commune investit moyennement pour son école et le jeune instit' de passage n'ose pas demander. S'il manque quelque chose d'important j'en parlerai à monsieur le Maire! Poliment...

Demain, 1er octobre, j'accueillerai mes élèves. Aujourd'hui, j'aurai la visite de quelques parents sans doute. Monsieur le Maire m'a parlé d'une quinzaine d'inscriptions...Bon, il est midi. Je vais manger chez mes épicières...Mais je ne suis pas vraiment dans mon assiette!

 

IMG_2252.JPG

 

29/08/2014

bal champêtre...

Bonjour Marie-Jo,

bentaberry.jpg Au cours du succulent repas que tu m'avais invité à partager récemment avec Michel ( encore merci!), nous conversâmes fort aimablement sur des sujets divers et nous évoquâmes évidemment quelques souvenirs de nos enfances respectives, enfances plus ou moins lointaines étant donné  notre différence d'âge. Une décennie nous sépare et je comprends que, par exemple, le nom de Jean Bentaberry te soit totalement étranger malgré la notoriété de ce trompettiste dans les années 40/50 et peut-être avant. En ce temps-là nous écoutions les émissions de Radio Toulouse diffusées par notre imposant poste TSF et ne manquions jamais, maman Aline et moi, le concert hebdomadaire dit de "Bal champêtre" de l'orchestre dirigé par ce musicien. 

                                                  J'ai cherché sur internet, sans trop y croire, quelque document de cette époque et, hourra, j'ai trouvé! Jean Bentaberry est connu et reconnu même sur You-tube: merci à celui qui y a enregistré quelques plages de ses 33 tours. Je te propose ci-dessous une polka interprétée par deux... clarinettes. Sais-tu danser la polka...la scottish...la mazurka*...? Pas moi. Par contre, j'ai joué de la clarinette sous le kiosque d'Agen. Du jazz bien sur. Je te raconterai, promis...

A bientôt. Amitiés à ton époux.

 

 *si tu fais un scrabble avec ce mot, tu gagnes un maximum de points! 

 

http://youtu.be/_gU2Sq3zsaY 

 

24/08/2014

une péniche...

 

une péniche.JPG

 

"Bonjour,

Né sur une péniche il y a bien longtemps, je profite de mes premiers pas sur le net pour chercher des photos du canal me rappelant mon enfance. Et je suis tombé sur votre site : un grand bravo, je retrouve les bornes qu'enfant nous comptions défiler!! Problème avec la photo de la péniche du 30/08/2008: c'est un pétrolier, dommage on ne peut pas lire le nom, il ressemble au Rhune mais il monte vers Toulouse donc pour moi la photo est inversée gauche-droite. Bravo encore et merci. AM"

Bien cordialement,

                                         Voilà un commentaire fort sympathique reçu il y a plus d'un an. Cette photo avait été prise dans les années 64/65 ( 1900...évidemment). J'utilisais mon appareil Kodak Rétinette acheté d'occasion à un copain pendant mon service militaire en Algérie ( j'y pacifiais tant bien que mal le fellah), appareil qui rendit l'âme de nombreuses années plus tard mais que je garde précieusement dans la vitrine de mon bureau. Il ne mérite pas la casse car, des photos, il en a pris de nombreuses que je chéris particulièrement...Cela s'appelle de la gratitude.

                                       Il s'agit bien de la "Rhune" qui transportait des produits pétroliers. Si le nom est à l'envers c'est parce que j'avais placé la diapo dans le mauvais sens dans le projecteur avant de la recycler! Quant à confirmer que cette péniche "montait" vers Toulouse ( ville qui se trouve en amont), je pense que mon correspondant a raison mais je ne saurais expliquer pourquoi sans un développement oiseux autant que superflu.

                                      J'ai envie de demander à ce monsieur "AM" qu'il m'en écrive plus sur la vie des mariniers à cette époque. Un de mes grands-pères, que je n'ai pas connu, était haleur ( il conduisait les chevaux qui tractaient les péniches). Vous imaginez ma curiosité...Je vous tiendrai au courant..!

09/08/2014

le Médium Jazz Quintet...et plus

médium jazz quintet



podcast

Mon cher Michel,

                                               Je viens de retrouver cet article de notre journal local, le Petit Bleu de l'Agenais, article vieux d'une presque trentaine d'années! J'espère que tu te reconnaitras sur cette photo ( tu n'as pas beaucoup changé tu sais) : tu y es tout sourire, sans doute parce que mon chenapan de fiston te  raconte quelque faribole? Quant à moi, j'avais pris de la hauteur, assis en équilibre sur une branche, position instable autant qu'inconfortable que j'éviterais d'adopter désormais ...car le risque serait grand pour ma clarinette!

                                             En ce temps-là nous affectionnions particulièrement le jazz des années 30/40, le middle jazz et tu étais notre Count Basie même si, physiquement, la ressemblance n'était pas évidente. Nous avons souvent partagé de bien agréables moments musicaux. Et, comme tu t'appelles Michel Lebbe, presque comme l'autre comique, j'imaginais parfois, quelques quiproquos que je jugeais particulièrement amusants! Te rappelles-tu l'émoi du couple de restaurateurs chez qui nous devions animer le repas quand madame Lebbe, ta douce épouse, a téléphoné pour réserver une table ( ils ignoraient ton nom évidemment!). Quel accueil! Et quelle fut la perplexité de nos hôtes quand elle est venue nous embrasser! Je ne sais plus comment cela s'est terminé. Te rappelles-tu aussi...Non, cette note est suffisamment longue! Il est temps de conclure. J'ai trouvé un enregistrement de répétition* où on peut admirer tes qualités pianistiques sur un air qui semble convenir à la présente note, je le copie et je conclus en t'adressant, ainsi qu'à ton épouse, mes pensées les plus amicales.

*de concert, finalement!

                                       

 

19/07/2014

ma borne 103

Bonsoir Annie,

borne  103 rafraîchie.JPGHier matin, tu m'as fait un grand plaisir en accompagnant ma promenade ( je n'ose plus dire " ma marche" !) plus ou moins quotidienne d'une petite heure sur la piste qui longe le canal. Encore merci. Nous avons devisé fort agréablement sur divers sujets et avons échangé nos goûts littéraires. J'espère que tu prendras du plaisir à la lecture des chroniques d'Alexandre Vialatte que je t'ai confiées!  Nous aurons, je l'espère, l'occasion d'en reparler.

Nous sommes partis, bien entendu, de la fameuse borne 103 qui se trouve près de chez moi. J'ai oublié de te la montrer et, finalement, ne le regrette pas! Récemment, "on" a cru bon de la repeindre ( en blanc, heureusement!) ce qui, à mon avis, n'était pas nécessaire. Je la préférais avec sa patine acquise au fil du temps, patine témoignant de sa longévité. Placée à cet endroit il y a 150 ans et plus, elle a résisté aux assauts de divers gros engins alors que la plupart de ses soeurs ont disparu ou sont dans un état d'extrême décrépitude. Elle est inutile depuis fort longtemps, je te l'accorde. Mais je crois qu'on lui doit du respect. Oui, du respect...Or, j'ai constaté qu'on l'avait, il y a peu de temps, malheureusement bousculée, en tondant sons doute. Elle penche désormais! Je suis inquiet pour son avenir.

                                               Tu m'as gentiment conseillé d'essayer de reprendre mes petites chroniques. Voilà, c'est chose faite. Je n'ai pas choisi sans doute un sujet de la plus haute importance comme dirait le grand Alexandre! Une prochaine fois, peut-être.

                                               A bientôt donc. Je t'embrasse.

Amitiés à ton époux.

 

 

 

28/05/2013

intermède tropical...


Cette année, notre quartet a été sollicité, gentiment, pour l'interprétation de quelques intermèdes s'inscrivant dans le thème choisi pour notre spectacle: "coup de soleil". C'est donc fort à propos, nous avait-il semblé, que nous avions choisi, entre autres morceaux, ce tropical moon dont je propose la vidéo. Certains, qui maîtrisent parfaitement la langue anglaise , contesteront ce choix, je le devine. Je réponds à ces malotrus que, si je n'avais pas annoncé le titre, personne n'aurait chicané car cet air est peu connu et l'éclairage proposé par Jean-Louis qui n'était pas au courant ("éclairage...courant", astuce involontaire!) n'a franchement rien de lunaire, même sous les tropiques.

Pendant ce temps, les choristes se reposent dans les coulisses et daignent, enfin, nous rejoindre, sans se presser et dans le désordre, finissant de s'installer avant le solo de Roger, le guitariste souriant de la photo ci-dessous ( si vous croisez un jour un homme souriant, phénomène rarissime ces temps-ci, c'est Roger). Je m'engage, à la fin du morceau, dans une fausse tentative de séduction, la dame m'ayant informé au cours d'une répétition que son admiration serait feinte, qu'elle jouerait un rôle de composition, ni plus, ni moins...  

Je dois vous présenter les autres musiciens:

Le guitariste de gauche s'appelle René. Je le connais depuis peu et c'est dommage. Le bassiste au chapeau s'appelle Thierry. Je le fréquente depuis fort longtemps et ne le regrette pas. Roger sortait tout juste de l'adolescence quand nous fîmes connaissance...il souriait déjà. Armelle, une de nos plus talentueuses chanteuses ( c'est peu dire!) avait accepté, après une formation accélérée, le rôle ingrat de percussionniste. Bravo Armelle, désormais tu es des nôtres!

 

orch 5.JPG




 

11/04/2013

pour Antoine...

Bonjour Antoine,

IMG_0051.JPGJe replace dans la vieille armoire à glace du grenier ( armoire achetée peu de temps après notre mariage!), ma première clarinette bien rangée dans son étui et j'y rajoute cette lettre qui t'est destinée. J'aimerais, mon cher Antoine, te léguer ( te donner) cet instrument qui m'est tellement cher. J'avais à peu près ton âge, à peine dix ans, quand, Gabriel - tu sais, le brave homme qui m'a recueilli - et maman Aline, contatant mon penchant immodéré pour la musique, me firent ce cadeau. C'était en 1948, un peu avant, un peu après...? Comme nous étions une famille très pauvre, je t'assure, ils ont dû se saigner aux quatre veines... se priver, si tu préfères.  Ils l'avaient achetée d'occasion, sans doute à un musicien de l'Harmonie éluzate ( nous habitions à Eauze, capitale de l'Armagnac), excellente formation qui animait, entre autres, les courses de duo à nouader.jpgvaches landaises . Te rends-tu compte de son âge! Soixante dix, quatre vingts ans peut-être? Ne mérite-t-elle pas du respect, de l'attention! Sais-tu qu'elle m'a tenu compagnie pendant mon séjour dans les Aurès, en Algérie? Je lui dois de la reconnaissance car elle m'a aidé à ne pas trop cafarder pendant cette période difficile. Alors, s'il te plaît, je te la confie. Tu comprends que sa valeur est essentiellement sentimentale: tu en prendras soin, j'en suis convaincu...

Je t'embrasse, gamin.

PS: j'ai laissé quelques élastiques qui remplaçaient des ressorts fatigués!


18/03/2013

complexe de la truite


podcast

Le complexe de la truite , musique de Schubert, paroles de...Francis Blanche, chanté en concert par Boé si Boé la.

Il y a longtemps, trop longtemps, que je n'ai pas acheté mon permis de pêche. Pourtant, je fus un passionné de ce loisir pendant de nombreuses années. J'avais "le virus" comme disait mon grand ami Gaston qui fut mon professeur et grâce à qui je réussis parfois à ferrer et sortir de l'eau Ma truite de la matinée, alors qu'il en avait déjà cinq ou six, et des belles, dans son panier! Mais voilà: Gaston est mort et je ne suis plus motivé...

Numériser0008.jpgBeaucoup de pescofis, comme moi sans doute, ont vécu ces nuits sans sommeil, ces nuits agitées, ces nuits d'excitation... précédant le départ très matinal, nocturne même, afin d'arriver parmi les premiers au bord du ruisseau. Des histoires de pêcheurs je pourrais en raconter, croyez-moi! Des vraies...ou presque! Tiens, un jour d'ouverture, vers midi, nous étions bredouille. Nous avons tout de même partagé et mangé avec appétit la miche de pain accompagnée du saucisson à l'ail, du jambon du pays, du fromage et bu un peu de Buzet. Ces casse-croûtes champêtres, plus ou moins mérités, s'inscrivent dans une tradition de convivialité incontournable. A la suite de quoi, un peu fatigués, nous décidâmes de rentrer chez nous. Et si nous faisions un détour par la pisciculture de Réaup, proposa Gaston? ( je vous jure que l'idée ne vint pas de moi). Nous demandâmes au propriétaire s'il acceptait que nous pêchions, dans un bassin, deux truites-portion pour chacun, truites qui, évidemment, lui seraient payées. Nous avons, figurez-vous, notre fierté, notre dignité. L'homme accepta. La truite d'élevage a un comportement vorace: elle bondit sur l'appât quand celui-ci se trouve encore bien au-dessus de l'eau! Nous eûmes donc nos truites en un rien de temps! Je ressentis comme une frustration.

Voici pour notre repas de ce soir, dis-je à Roro, en vidant mon panier, avec beaucoup de modestie, dans l'évier de notre cuisine. Elle fut assez surprise, je crois, de mes "exploits" et aussi, de mon attitude. Je lui racontai tout, tardivement...au coin du feu.

Le dessin est de Duverdier.


04/03/2013

autobiographies...


Encore une note qui sommeillait dans l'attente...de jours meilleurs...

 Incroyable cette envie irrésistible qu'éprouvent certains à dévoiler sans aucune pudeur leur intimité, à nous révéler, dans des autobiographies parfois assistées, les minables petits secrets de leur existence, à dénigrer, discréditer, humilier, ridiculiser... d'anciens camarades, amis, amants...conjoints même. Au diable la discrétion, la retenue, l'amour propre. Bon, c'est dit.

02%20Les%20declarations.jpgJ'ai, de temps en temps sur ce blog, évoqué quelques moments de ma déjà trop longue existence, de ma vie tellement aventureuse, de mes intenses activités artistiques, sportives, autres...jamais de mes amours ou amourettes, liaisons plus ou moins dangereuses, passades, flirts même ...sauf, peut-être, celui vécu, vers mes quatorze quinze ans avec la petite boulangère de Caudecoste qui m'avait fait entrevoir, l'espace de quelques secondes sa nouvelle culotte blanche. Pas de quoi écrire un bouquin avec ça! Quant à Marylin, pour qui j'ai composé une chanson, ce ne fut qu'un fantasme. Je ne l'ai jamais approchée, je vous jure.

 Le premier homme de Camus, voilà une autobiographie! De la dignité, de la sincérité, de l'émotion... Quelle écriture. Quel talent.


 





 

 

 

18/02/2013

chut...

Pour Hélène, Huguette, Nicole et Henri, Michel, Roro...en souvenir de notre amie.

« Vous êtes arrivés à destination » nous dit gentiment la dame du GPS. Ce n’est pas trop tôt, lui répondis-je machinalement car nous avions emprunté, sur ses conseils, des routes de plus en plus étroites, passant de la nationale à la départementale, puis à la vicinale et, enfin, un sentier à travers bois nous conduisit au restaurant «  les Trouilles ».

Je ne vous dirai pas pourquoi nous avions choisi de nous sustenter dans ce lieu fort éloigné de notre domicile car il s’agit d’un secret que je tiens à préserver aussi longtemps que possible. Nous y avons rencontré des gens, c’est tout ce que je peux révéler. Des sujets importants ont été abordés, qui mériteront d’être étudiés plus précisément et plus tard, mais pas trop quand même. Nous avons, je vous donne ma parole, avancé sur un certain nombre de points qui méritaient d’être éclaircis. Mais, chut

hel-ne__et__huguette.JPGChacun donna le mot de passe à l’hôtesse qui put ainsi, sans hésiter, nous installer à la même table. De toute façon, comme par hasard, il n’y avait pas d’autres clients. Nous pûmes ainsi, après les chuchotements de rigueur pendant l’apéritif, élever la voix lorsque nous furent apportés, cérémonieusement, les trois poulets à l’ail que nous avions commandés deux ou trois mois plus tôt.

medium_Photo_003_2+.jpgNous fîmes ainsi la connaissance que je qualifierai sans hésiter d’heureuse, d’un couple dynamique, en excellente santé pour cause de récents ébats journaliers dans la boue d’Amélie-les -Bains pendant trois semaines. Malgré un accent nordique prononcé ( ils nous avouèrent habiter à Châteauroux), nous comprîmes l’essentiel des messages qu’ils nous transmirent fort aimablement.


IMG_2660.JPGLe clou de la rencontre, si je peux m’exprimer ainsi, fut la brillante prestation du troubadour local ( existe-t-il un féminin?) qui improvisa à la clarinette un blues rural et langoureux, une incitation à la danse rapprochée malgré les haleines lourdement chargées d’effluves fortement aillés...


 

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11/02/2013

secte de la tomate...

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L'instrument préféré de Betty ( dans le registre du jazz) était le saxophone ténor. Je lui avais offert un CD de Thierry, mon fils, qui y interprète avec son quartet, le Skylark que voici:
podcast

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Une ancienne note, souvenir de nos rencontres, de ces trop rares moments d'amitié ...

Pour Hélène, pour René.

Ce lundi-là fut un grand jour. C’est à Cahors, en effet, que se réunirent, dans le plus grand secret, quatre blogueurs de Blog 50, en vue de la création de la secte de la tomate.
Pourquoi un lundi vous interrogez-vous fort à propos?
Le lundi est le jour de la lune, astre divin dont on connaît l’influence bienfaisante sur la croissance de la tomate et des légumes en général.
Pourquoi Cahors?
Tout simplement parce que dans cette ville réside la doyenne de notre nouvelle secte, la toujours Belle Hélène.
Notre Grande prêtresse Betty sacrifia avant le repas une tomate généreusement offerte par Roro, deuxième ( et sans doute dernier) fruit d’un pied poussé spontanément dans un pot, sous la véranda. Un vrai symbole. Elle coupa en 6 parts parfaitement égales que les six membres fondateurs savourèrent religieusement.
medium_IMG_2494.JPG
René d’Héraimie, descendu pour l’occasion de sa contrée fort lointaine, établit, pour l’exemple, un chèque du montant de ses stock-options acquis lors de sa mise récente à la retraite. Une sacrée somme, croyez moi!
La cérémonie finie, tous entonnèrent l’hymne que j’avais composé pour la circonstance et dont je vous livre les paroles ( demain, je vous le chanterai...)
Tomate, ô toi divine
Nous vénérons tes appas
Car si la rose à des épines
Toi tomate tu n’en a pas...

A l’aide de nos fourchettes (nous n’avions pas de baguettes sous la main) nous clôturâmes en battant un rapata plant, rapata plant... ponctué par l’exclamation :
de TOMATES !

Sur cette note ancienne, les  nouveaux commentaires sont volontairement fermés.



27/01/2013

première rencontre...

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Ce que j'avais écrit en juillet 2008...

Il y avait beaucoup de monde ce soir d'été pour assister au concert de Thomas Dutronc à Montauban...
Deux dames souriantes, élégantes, distinguées même, se présentèrent en même temps que nous à l'entrée du parc. L'une d'elles, la plus jeune me sembla-t-il, fouilla dans son sac afin d'en extraire les billets nécessaires à l'accès du site. Introuvables, les billets.
Après quelques minutes de recherches méticuleuses tout autant qu'infructueuses, la dame décida de vider carrément le contenu de son sac sur le sol. Roro et moi-même fîmes bravement un rempart de nos corps afin d'éviter que la foule n'écrasât un certain nombre d'objets divers autant qu'hétéroclites éparpillés sur le bitume surchauffé cependant que l'autre dame avait entrepris une conversation animée avec le guichetier lui disant qu'elle avait pris à Cahors un train pas du tout climatisé pour assister à ce concert, un train qui s'était arrêté à toutes les gares et qu'elle avait acheté le dernier CD de Thomas qui l'avait emballée (le CD) et que les billets, si on ne les retrouvait pas, il pouvait tout de même vérifier sur son ordi si Betty (elle désigna la dame qui cherchait en vain et commençait à s'énerver) avait bien réservé ...même que son ordi à elle était en panne et qu'elle ne pouvait plus bloguer...etc
medium_Numériser0002.2.jpg
- Les voilà! s'exclama la dame accroupie.
Elle me tendit les précieux billets bleus, remit dare dare tous les objets pêle-mêle dans le sac...
- Vous vous appelez Betty?
- Comment le savez-vous?
- J'ai entendu la dame à côté...
- Votre visage ne m'est pas inconnu, dit-elle en se relevant promptement (elle ne fait pas son âge, pensai-je).
Je répondis:
- On me l'a déjà dit; souvent. Non, je ne suis pas...
Elle ne m'écoutait plus:
- Hélène...viens vite! Monsieur, voulez-vous nous prendre la photo s'il vous plaît...
Elle tendit l'appareil ( qu'elle avait oublié de remettre dans son sac, heureusement) au jeune de l'entrée lequel accepta volontiers ce qui est tout à son avantage car les photos étaient formellement interdites.
Elle me demanda ensuite des autographes sur chacun des billets que je lui avais rendus et qu'elle n'avait pas encore égarés...Je signai "amitiés de Riri"...
- C'est un pseudo? me demanda Betty.
- Oui, fis-je.
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- Ces dames sont charmantes, dis-je plus tard à Roro. Je ne pouvais pas les décevoir tout de même. J'aurais aimé les connaître davantage. Peut-être les reverrons-nous?
- Le monde est petit, répondit Roro.

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Ce fut le début d'une grande amitié, trop courte. Nous avons accompagné Betty samedi dernier au cimetière du Pigeonnier de Ramonville Saint Agne. Elle va nous manquer énormément.

Les commentaires de cette note-souvenir, dédiée à notre courageuse Hélène, sont volontairement fermés.


05/01/2013

nouvelle lettre à Antoine...

Mon cher Antoine,

Roro.jpgJ'espère que ma lettre du 15 décembre dernier par laquelle je te léguai ma montre du BEPC t'aura comblé de joie. Je suis convaincu que tu ne feras pas comme certains qui revendent leur cadeau par internet, se fichant totalement de sa valeur sentimentale, uniquement sentimentale parfois, comme le pull en laine patiemment et amoureusement tricoté au coin du feu par une grand-mère...Bon, la tienne grand-mère ne tricote plus depuis longtemps. Mais, elle aussi, aimerait t'offrir tout de même un objet qui lui est cher: le roman de Renard, un cadeau du jury du certif' de Gabarret, premier prix récompensant la première du canton! En prime, tu pourras encadrer le diplôme que tu trouveras quelque part, dans un classeur, le pendre dans ton bureau et le montrer avec fierté à tes enfants. Je suis sérieux Antoine. La valeur de ce document est...inestimable. Comme ma vieille montre. En les regardant, parfois, tu penseras à nous. Je te fais confiance.

Comme ma lettre du 15 décembre, garde précieusement celle-ci.

Continue à bien travailler à l'école.

Bises affectueuses de tes grands parents.

PS: je ne retrouve pas ce Roman de Renard! Ne l'aurais-tu pas déjà emporté chez toi?



14/12/2012

"ma" montre...

Bonjour Antoine,

Ce matin, j'avais décidé d'effectuer ma marche quotidienne vers Agen. La question que je me posai avant de chausser mes baskets fut celle de savoir à quel endroit je devrais faire demi-tour pour être de retour suffisamment tôt afin d'accompagner ta mamie faire quelques courses plus qu'utiles en cette fin de semaine. Car, dans ce sens-là, vers l'aval, je n'ai pas de repères précis. Je pris donc dans la bibliothèque ma vieille montre qui dort là depuis des décennies, remontai le mécanisme et, miracle, la trotteuse se mit en route! Moi aussi... Trente minutes après, demi-tour, mission accomplie.

ma montre du BEPC.JPGCette montre ( une Aurore !) m'avait été offerte par Gabriel lorsque je passai avec succès mon Brevet d'Etudes de Premier Cycle ( le BEPC) en 1953 ( j'avais donc 15 ans) ! Je la portai pendant ma formation d'instit, puis elle me tint compagnie pendant deux ans dans les Aurès. A mon retour, je décidai que je n'avais plus besoin de montre. Je rangeai donc Aurore qui ne fut jamais remplacée. Bientôt la soixantaine et elle marche toujours. Je viens de vérifier. Quand elle  s'arrêtera, je ne la remonterai pas et la laisserai de nouveau se reposer...

Peut-être me survivra-t-elle, je n'en serais pas étonné (!). Quoi qu'il en soit, je te l'offre. Tu la trouveras, plus tard, dans un cendrier, devant une rangée de bouquins.

Garde précieusement cette lettre afin de "faire valoir tes droits" le moment venu.

Je t'embrasse très affectueusement.


 
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