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12/11/2009

malaise...

 

podcastNotre quartet en répétition

J’attaquai mon solo de clarinette.

J’aime bien improviser sur ce grand et magnifique classique du jazz qu’est lullaby of birland: je l’entreprends dans les graves en faisant bien résonner le bois de ma Selmer, je monte progressivement une gamme subtile en la mineur augmentée, je fais une pause d’une demi-mesure dans les médiums et je progresse vers les aigus…

IMG_1214.JPGCe soir-là, je n’étais pas loin du fa dièse, patatras, comme une nausée, un vertige et je m’étalai sur la scène.

Quand je repris mes esprits, mon ami le commissaire Magret que j’avais invité, était penché au-dessus de moi et me donnait même quelques gifles en disant:

putaing, qu‘as-tu, réveille-toi…

Heureusement, lullaby était un morceau de rappel. La foule applaudit longuement, debout, puis sortit lentement de la salle en chuchotant des et bé!… macarel! …boudiou! car, j’ai oublié de vous dire, nous jouions ce soir-là dans la salle des fêtes de Pimpous, village gascon de moyenne altitude dont la réputation n’est plus à faire.

Mes copains rangèrent tout le matériel aidés par Linda, notre nouvelle chanteuse, une fille magnifique, et dont la tessiture approchait celle de l’incomparable Ella Fitzgerald . Il faut l’entendre ( et la voir) chanter Misty d’Errol Garner! A vous donner la chair de poule!

( la suite demain, si je vais mieux)

 

06/11/2009

Magret aux patates ( suite et fin)

Résumé de hier: Joseph, le mari d’Adeline, a disparu. Il devait rejoindre Gaston pour aider celui-ci à récolter ses patates…

commissaire Magret.jpgL’enquête fut donc confiée à mon ami, le commissaire Magret.  Mag Do, c’est ainsi que je l’appelle familièrement car son prénom est Dominique, connaissait, entre autres, tous les films tournés par Jean Gabin dans le rôle de Maigret; c’est vous dire qu’il était fin limier!

Il interrogea les uns, les autres et bien entendu Adeline qu’on soupçonnait quand même un peu. Il lui demanda de tout raconter, sans oublier un détail, à quelle heure Joseph l’avait quittée, ce qu’il lui avait dit, la visite de Gaston, ce qu’il lui avait dit aussi...Adeline raconta tout, sans rien oublier car elle avait énormément de mémoire.
Le commissaire se gratta longuement le crâne en soulevant son béret assez longtemps ( ça l’aidait à réfléchir, chacun son truc) puis il se frappa le front avec l’index de la main droite en disant « mais c’est ...mais.... c’est bien sûr...! » ( car il connaissait aussi tous les épisodes des « cinq dernières minutes »)
Il sauta dans sa 4 CV ( on n’avait pas encore inventé la Dauphine), fila chez Gaston, lui passa les menottes en lui disant " au nom de la loi, je vous arrête" comme dans un autre film dont j'ai oublié le titre, la vedette, le scénario...et le mit en prison.
Très fort notre commissaire, non?
Mais ...comment a-t-il découvert le coupable?

pomme_de_terre.jpg- C’est simple, m’a-t-il raconté pendant que nous dégustions un petit armagnac au coin du feu. Quand Gaston est venu chercher Joseph, il savait que celui-ci n’était pas chez lui; la preuve: il a appelé Adeline*. Pourquoi pas Joseph, hein! Parce qu'il l'avait trucidé, tiens! Je n'ai eu aucun mal à faire avouer ce type. Un jaloux de la pire espèce!

Joseph avait rejoint Gaston à l’heure prévue et s’était mis vaillamment au travail. Comme il se baissait…vlan! Il reçut un grand coup de pioche derrière le crâne. Il mourut sur le coup et sur le champ. Gaston le tira par les jambes et hop...il le bascula dans un puits profond qui se trouvait à proximité. Vite fait, bien fait...
Le meurtrier partit dare dare chez Adeline. Tu connais la suite…

- Chapeau Mag Do, lui dis-je. Putaing...Tu es le meilleur!

 

* voir mon premier chapitre, écrit hier soir, à la bougie.

 

05/11/2009

Magret aux patates

Adeline était une si superbe jeune fille que tous les gars, tous les gars du village auraient voulu l’épouser, surtout Gaston, le plus riche fermier de Pimpous, village gascon dont la réputation n‘est plus à faire.
Mais voilà, Adeline lui préféra Joseph qui n’était pourtant qu’ouvrier agricole et travaillait tant qu’il pouvait chez les uns, chez les autres et, évidemment, de temps en temps, chez Gaston. Comme elle lui disait l’Adeline, qui avait du bon sens et un peu d‘instruction: « L’argent ne fait pas le bonheur; tu finiras par t’esquinter la santé ». Car de l’argent, Joseph n’en ramenait pas trop à la maison. Mais ceci est une autre histoire; ne nous égarons pas.
Le temps passa...
Un matin, de très bonne heure, Joseph quitta la maison avec l’intention de rejoindre Gaston qui lui avait donné rendez-vous pour l’aider à récolter les patates. Le soleil était déjà au-dessus du petit bois de chênes où, à la saison, on trouve  des têtes noires en veux-tu en voilà, quand Gaston poussa le portillon de la cour de Joseph. Tout était fermé car la belle Adeline dormait encore: la nuit avait été agitée ...Bref.
Arrivé sous la fenêtre de la chambre, Gaston appela:
- Adeline, Adeline…  réveille-toi! Comment se fait-il que ton homme ne soit pas encore venu me rejoindre? Je l’attends depuis plus d’une heure.

Adeline fut étonnée car Joseph était parti depuis pas mal de temps, même qu’il lui avait fait un petit bisou dans le cou avant de quitter la chambre, une habitude qu’il avait prise quand… Re-bref.

Numériser0003+.JPGOn chercha Joseph toute la journée, dans les bois, près de la Baïse ( prononcer le « i ») qui était grosse à cause des violents orages qui s’étaient abattus la veille sur le plateau de Lannemezan, dans les vignes, les cabanes… partout, partout; on demanda à celui-ci, à celle-là; personne n’avait aperçu Joseph. Le lendemain comme on n’avait pas de nouvelles, on décida qu’il avait disparu.

 L’enquête fut confiée à mon ami Magret, le fameux commissaire d’Auch, capitale de l’Armagnac.  Mag Do, c’est ainsi que je l’appelle familièrement car son prénom est Dominique, connaissait, entre autres, tous les films tournés par Jean Gabin dans le rôle de Maigret; c’est vous dire qu’il était fin limier!

Il interrogea les uns, les autres et bien entendu Adeline qu’on soupçonnait quand même un peu. Il lui demanda de tout raconter, sans oublier un détail, à quelle heure Joseph l’avait quittée, ce qu’il lui avait dit, la visite de Gaston, ce qu’il lui avait dit aussi...Adeline raconta tout, sans rien oublier car elle avait énormément de mémoire.
Le commissaire se gratta longuement le crâne en soulevant son béret assez longtemps ( ça l’aidait à réfléchir, chacun son truc) puis il se frappa le front avec l’index de la main droite en disant « mais c’est ...mais.... c’est bien sûr...! » ( car il connaissait aussi tous les épisodes des « cinq dernières minutes »)
Il sauta dans sa 4 CV, fila chez Gaston, lui passa les menottes en lui disant " au nom de la loi, je vous arrête" comme dans un autre film dont j'ai oublié le titre, la vedette, le scénario...et le mit en prison.
Très fort notre commissaire, non?
Mais ...comment a-t-il découvert le coupable?

pomme_de_terre.jpg- C’est simple, m’a-t-il raconté pendant que nous dégustions un petit armagnac au coin du feu. Quand Gaston est venu chercher Joseph, il savait que celui-ci n’était pas chez lui; la preuve: il a appelé Adeline*. Pourquoi pas Joseph, hein! Parce qu'il l'avait trucidé, tiens! Je n'ai eu aucun mal à faire avouer ce type. Un jaloux de la pire espèce!

Joseph avait rejoint Gaston à l’heure prévue et s’était mis vaillamment au travail. Comme il se baissait…vlan! Il reçut un grand coup de pioche derrière le crâne. Il mourut sur le coup et sur le champ. Gaston le tira par les jambes et hop...il le bascula dans un puits profond qui se trouvait à proximité. Vite fait, bien fait...
Le meurtrier partit dare dare chez Adeline. Tu connais la suite…

- Chapeau Mag Do, lui dis-je. Putaing...Tu es le meilleur!

11/03/2009

le coffre Henri II ( FIN!)

Sophie, depuis la fenêtre de sa chambre, avait vu arriver les deux hommes et elle les attendait sur le perron.
- Commissaire Magret; j’aimerais, madame ....?
- Sophie, monsieur.
- J’aimerais, madame Sophie, pénétrer dans votre chambre... s’il vous plaît!
( le commissaire commençait, lui aussi, à en avoir un peu marre de cette affaire qui n’en finissait pas).
Les voici donc dans la grande pièce.
- Vous avez des souris?
- Euh... Non, je ne crois pas.
- Alors, c’est quoi ce bruit que je viens de percevoir dans cette grande armoire?
- C’est.... un plombier...
- Et que fait-il là dedans, je vous prie?
- Il est caché depuis vendredi soir quand René...
- ...?
- Oui, mon mari. Il est arrivé plus tôt que prévu du Sénat. Il a passé tout le WE alité car il souffrait de mal au dos après avoir porté un coffre dans le parc avec l’aide d’Arthur. Je viens juste de retrouver la clé de l’armoire que j’avais cachée mais je ne me le rappelais plus à quel endroit...(
Sophie, Roro me l’a souvent dit, est une écervelée)
- Bon; ouvrez maintenant!
Sophie ouvrit: un grand homme blond, tout pâle, hagard, apparut.
- Vous êtes, je présume, monsieur Brotziz....
- Brobrithsinski
- Je vous conseille donc, monsieur Machin de rejoindre votre épouse qui s’inquiète. Dites lui ce que bon vous semble, cela ne me regarde pas. Vous l’avez échappé belle, savez-vous!

medium_IMG_0755.2.JPG
.......................................................................................................................
Ainsi s’achève cette enquête. Je devine les déceptions: pas de mort, pas de coupable... J’aurais pourtant bien aimé, comme vous, que fut coffré (!) ce sénateur.
Le commissaire Magret va prendre un peu de repos bien mérité.
( vous pouvez passer une partie du prochain WE, si vraiment vous vous em...nuyez, à lire cette petite histoire en cliquant sur "commissaire Magret", dans "catégorie")

10/03/2009

le coffre Henri II ( chapitre 7)


podcast

Pendant que la valeureuse 4CV, un tantinet surchargée, s’efforçait de grimper le rampaillot vers le château, Magret se mit à fredonner machinalement une chanson de Boris Vian qu’il aimait beaucoup. A peine entré dans le parc, il stoppa brutalement et demanda à son passager surpris:
- Arthur! Où est-il enterré ce fameux banc?
- Là-bas, pas loin, derrière cette haie.
- Allez chercher une pioche et une pelle; et vite s’il vous plaît
!
C’était un ordre. Arthur eut tôt fait de trouver dans une remise les outils adéquats.
Creusez!
medium_IMG_2361.2.JPG
Arthur, je l’ai déjà dit, était un costaud et il avait du « niac »: au quatrième coup de pioche, on entendit un bruit sourd.
- Allez-y un peu plus mou, dit Magret.
La large pelle eut tôt fait de dégager la terre meuble.
medium_IMG_2363.2.JPG
- Mais... C’est un coffre! Ouvrez-le! Forcez le couvercle avec la pioche!
Schrack! ( c’est le bruit du bois arraché)
- ...! Il n’y a rien là-dedans! Arthur... Où avez-vous mis le corps!
Arthur, interloqué, regardait Magret, suspectant ce dernier d’être lui aussi un peu chabraque.
- Quel corps???
- Venez avec moi!

Et tous deux, le commissaire en tête, partirent d’un bon pas jusqu’au château.
......................................................................................................................
Voilà. C’était la surprise du jour. On croit que c’est fini, que le plombier a été enterré par le sénateur, on se fait sa petite histoire dans sa petite tête, on croit qu’on a de l’imagination... Trop facile!
Encore un ou deux épisodes et l’auteur pourra enfin reposer ses méninges.

09/03/2009

le coffre Henri II (chapitre 6)

 La camionnette blanche était garée sur le bas-côté de la route. Magret stoppa, resta sur le bitume car il avait plu abondamment et il ne souhaitait pas s’embourber comme l’autre jour, lut l’inscription Entreprise de plomberie Brobrithsinski , essaya vainement d’ouvrir les portières. Une centaine de mètres plus loin, la direction du château était indiquée sur la droite ( très important). Magret engagea sa 4cv dans le sentier qui avait l’air de grimper raide: un 4X4 dévala sur lui à grande vitesse l’obligeant à se ranger vite fait entre deux tas de bois.
- Décidément, c’est le jour des abrutis, grommela-t-il.
Le "gros-cul" fut très vite sur la route nationale et disparut.
medium_Numériser0005.5.jpg
Dessin de Duverdier
Magret allait faire redémarrer sa cacugne ( car il avait callé, l’émotion sans doute!) quand une tête apparut au-dessus d'un buisson tout proche. Un homme grand, costaud, s'approcha, finissant de reboutonner son pantalon.
Le commissaire baissa de nouveau sa vitre avec difficulté toujours à cause de cette putaing de manivelle et interpella l’individu:
- Bonjour monsieur. La camionnette blanche, en bas, savez- vous depuis combien de temps elle stationne à cet endroit?
- Euh... Deux jours je crois.
- Et... le conducteur du 4X4 que je viens de croiser, qui est-ce?
- Monsieur le sénateur.
- Il roule toujours aussi vite?
- Non... Mais ces jours-ci, il est un peu chabraque*, comme on dit chez nous. Il a même de drôles d’idées: l’autre soir, il m’a appelé et m’a demandé de l’aider à enterrer au fond du parc un banc en bois qui se trouvait dans sa chambre. Heureusement que le sol était humide! N’empêche qu’on a drôlement mascagné*!
- Comment vous appelez-vous?
- Arthur.
- Bon; Arthur, je suis le commissaire Magret... Voulez-vous monter dans ma voiture: je vais au château.
....................................................................................................................

Peut-être cette fin de semaine nous réserve-t-elle des surprises...
*Chabraque: fou...
Mascagner: prendre de la peine pour faire quelque chose.
Exemple: je mascagne de plus en plus quand Roro me demande de faire ceci ou même celà!

05/03/2009

le coffre Henri II ( chapitre 5))


- Ce Benny Goodman, quel as! Il a le même phrasé que Riton mais il est plus fluide dans les aigus. Quel swing!
Voilà ce que pensait le commissaire Magret en marquant la mesure sur le volant avec sa main gauche quand, juste après le dernier virage assez prononcé avant d’arriver à Valence sur Baïse, un pandore lui fit signe de stopper et de se garer sur le bas-côté.
- Je roule à 40 et il m’arrête! C’est ça les consignes: du chiffre et encore du chiffre! Je vais lui dire ce que je pense à cet abruti...
Le collègue de l’abruti s’approcha, tapota la vitre côté conducteur avec son index afin que Magret l’ouvrit, ce qui fut fait avec lenteur car la manivelle fonctionnait mal depuis longtemps déjà même qu’il avait pris rendez-vous avec l’agence Renaud de la rue Gambetta...
medium_commissaire_Magret.6.jpgUn petit salut:
- Vos papiers SVP!
Magret lui tendit sa carte.
- Pardon Monsieur le commissaire; je ne savais que vous étiez de la maison .
- Bon... Pourquoi m’avez-vous intercepté s’il vous plait?
- Euh... Vous chevauchiez la ligne continue... enfin... un peu.
- C’est la faute à Benny Goodman.

- ???
Jugeant inutile de poursuivre la conversation, Magret fit craquer la première car l’embrayage était un peu fatigué et reprit la route. Il monta le son pour mieux apprécier un brillant solo du clarinettiste...
Lagardère, 4 kms.
medium_lagardère_2.jpg
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Ouf! Allons-nous arriver à la conclusion de cette histoire qui n’en finit pas?
Vous le saurez... un jour ou l'autre.

01/03/2009

le coffre Henri II ( chapitre 4)


Les épisodes précédents sont encore lisibles dans la rubrique "commissaire Magret"
Madame Brobrithsinski.,intimidée, s’assit du bout des fesses, si on peut dire, sur une chaise imitation cuir de Domia, devant le bureau acheté à Conforama. En face d’elle, le commissaire Magret fouillait parmi son fatras de papiers le carnet dans lequel il prenait des notes indispensables pour mener à bien ses enquêtes.
- Ah.... le voilà! Voyons... vous m’avez dit que votre mari était parti, il y a deux jours pour une réparation de plomberie, je suppose, et qu’il n’était pas revenu. Avez-vous un indice qui pourrait m’aider à le retrouver?
- Un quoi? ( je rappelle que cette dame, d’origine polonaise ne maîtrisait pas parfaitement notre langue; mais à cette époque, les « autorités » s’en fichaient complètement)
- Un quelque chose - comment vous expliquer- qu’il aurait écrit quelque part, sur un papier, dans un cahier... ( putaing, ça n’est pas facile, pensa-t-il!)
- Oui, ce matin, j’ai trouvé ça sur le frigo.
Et elle lui tendit une feuille sur laquelle était écrit « Lagardère, demin ».
Si tu ne viens pas à Lagardère, marmonna-t-il...
Puis, haussant la voix:
- Je connais un tout petit village, dans le Gers, qui s’appelle ainsi. Peut-être...
Et il nota quelque chose d’important dans son carnet, juste après « dimanche, restau avec Riton »
La dame repartit chez elle. Magret grimpa dans sa 4CV, introduisit dans le lecteur une cassette de Barney Bigard offerte par son ami, consulta sa carte et, en route vers Lagardère où il n’avait jamais mis les pieds.
« Dion biban que la campagne est belle » se disait-il en admirant une nouvelle fois nos magnifiques paysages gascons ( à voir aussi chez ma correspondante permanente http://gersicotation.canalblog.com/)
medium_paysage_sylvie.jpg
Que va découvrir le commissaire Magret? Si vous le savez, chut!

26/02/2009

le coffre Henri II (chapitre 3)

Le commissaire Magret venait de faire un court séjour dans le pays basque: il aimait bien ce coin où il avait campé autrefois avec son ami Riton, vous savez, l’instit? Il avait même acheté à celui-ci sa 4CV et il roulait encore avec. Il trouvait cette voiture suffisante pour lui: il vivait seul et ses enquêtes ne l’éloignaient guère d’Auch. Et puis, chacun vit comme bon lui semble, n’est-ce pas?
medium_ma_première_voiture.jpg
Il n’avait pas encore eu le temps de s’asseoir derrière son bureau encombré de papiers divers dont certains totalement inutiles ( il n’aimait pas jeter) quand le téléphone retentit.
- Et bé, marmonna-t-il! Déjà!
Il laissa sonner le temps nécessaire permettant à son correspondant d’imaginer qu’il était très occupé.
- Je suis le commissaire Magret. Que puis-je pour vous?
- C’est à cause mon mari...

Je précise, si besoin, que la voix était féminine avec un fort accent d’Europe centrale.
- Je parie qu’il a disparu!
- Comment vous savez?
- Parce que madame ....?
- Madame Brobrithsinski.
- Epelez, s’il vous plait
...( je laisse le temps nécessaire à cette opération)............................................................................................... .....................................................................................................................Oui, parce que, madame, je suis le spécialiste des recherches de maris disparus. Je les retrouve toujours, parfois en mauvais état, mais je les retrouve. Une précision: a-t-il disparu complètement?
- Euh... Oui! Pourquoi cette question de la sorte ?

Cette dame ne maîtrise pas parfaitement notre langue, pensa fort justement Magret. Et il nota quelque chose d’important dans son carnet, juste après « penser à l’anniversaire de maman ».
- Quelquefois le disparu laisse un indice quelque part; sa tête par exemple ( voir la longue et difficile enquête du mois de novembre). De quel pays venez-vous?
- Pologne, monsieur.
- Et votre mari est plombier, peut-être?
- Comment vous savez?

Toujours aussi perspicace Magret... la suite nous le confirmera éventuellement.
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La photo: Riton, de retour de son service militaire, assis sur le capot de sa première voiture achetée d'occasion. Il est instit débutant, c'est pour ça.
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On peut lire et relire les passionnantes enquêtes du commissaire Magret en cliquant sur la catégorie concernée...

20/02/2009

le coffre Henri II ( épisode 2))

medium_cd67_2.jpg
Une grande partie du mobilier du château avait été abandonné par l’ancien propriétaire qui résidait désormais à la MARPA du coin, dans un petit studio.
Donc, dans un angle de la grande chambre de Sophie et René, se trouvait un coffre Henri II qu’on pouvait aussi utiliser comme banc si on était fatigué bien sûr.
Un soir de fin de semaine, René rentra plus tôt que d’habitude. Vers cinq heures de l’après-midi, les pneus de son 4/4 Toyota écrasèrent les gravillons de la cour, il stoppa l’engin devant le perron...
Arrivé dans la vaste entrée, il appela:
- Sophie, ma jolie, me voili... ( comme chaque fois)
Rien.
Il grimpa l’escalier central en soufflant ( il a passé les cinquante ans! ), ouvrit la lourde porte de la chambre et trouva Sophie, en petite tenue, essuyant la poussière sur le coffre Henri II.
- Bon sang, mais tu vas te geler ainsi!
C’est vrai qu’il ne faisait pas chaud du tout, cette veille de Saint Valentin!
Il regarda longuement le coffre.
- Je n’aime pas du tout ce machin; ça ressemble à un cercueil. Je crois que je vais m’en débarrasser .
Et il s’assit dessus pour se reposer.
Sophie se vêtit et descendit préparer le repas du soir.
René ferma le coffre avec la clé qu’il retrouva dans un tiroir, prit son portable et appela Arthur, un costaud du village qui arriva illico.
Ils descendirent le coffre, le portèrent au fond du parc, creusèrent un grand trou, y glissèrent le « machin », recouvrirent de terre.
- Bon débarras, dit René en s’essuyant le front.
Il donna une liasse d’euros à Arthur et rentra partager le repas amoureusement préparé par Sophie.
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medium_commissaire_Magret.4.jpg

Pendant ce temps, le commissaire Magret somnolait devant son poste de télé, réchauffant dans le creux de sa main un petit verre d'armagnac...

19/02/2009

le coffre Henri II ( chapitre 1)

René, le sénateur, mari de Sophie, la copine de Roro, avait décidé qu’un jour, il serait châtelain. Il en rêvait depuis son enfance quand, à l’école, il avait étudié le moyen âge, les croisades, Jeanne d’Arc dont il célèbre la fête tous les ans en défilant dans les rues, le Ier mai, avec ses copains nationalistes, François Ier et « Marignan 1515 » ... Car bouter les étrangers hors de France, surtout les arabes, c’est son dada. Il trouve même qu’actuellement, notre politique est un peu laxiste sur ce sujet.
Bref... N’épiloguons pas inutilement.
Donc, en lisant les annonces dans son journal préféré, entre deux séances de sieste sur les bancs du Sénat, il trouva ce qu’il cherchait: le château de Lagardère* était à vendre pour pas trop cher ( mais, je l’ai déjà dit et le répète, René a les moyens).
- L’endroit idéal pour se reposer, avait-il dit ( en avait-il vraiment besoin?).
- Un enterrement de première classe, pleurnicha Sophie lors d’un coup de fil à Roro.
medium_château_de_Lagardère.jpg
Je passe volontiers sur les détails du déménagement, des aménagements indispensables pour rendre le lieu habitable, la longue période dépressive de Sophie sans cesse pendue au téléphone pour raconter ses malheurs à Roro...
Celle-ci me dit un jour:
- Ce René mériterait d’être cocu; qu’en penses-tu?
- C’est en effet tout ce qu’il mérite. J’espère qu’il ne lui met pas une ceinture de chasteté quand il part sièger!
- Je vais lui conseiller de prendre un amant. Mais trouvera-t-elle dans ce coin perdu!

Elle exagère Roro! Un « coin perdu » dans le Gers, ça n’existe pas! Préservé, oui, mais pas perdu!
- Elle n’aura pas de mal à trouver; roulée comme elle est!
Restons-en là pour ce soir, sans trop savoir ce que nous réserve l'avenir...

*Le 9 février, un reportage sur ce château chez Sylvie:http://gersicotation.canalblog.com/

12/12/2008

le noyé- assassiné... fin!

- Voilà Robert, c’est tout ce que je sais. Le curé, d’après le toubib, est mort d’un infarctus. Il paraît qu’il était en traitement depuis quelques années. Les déclarations, pardon, les confessions de la dame, une de ses plus fidèles paroissiennes, ont provoqué sûrement sa mort.
- Peut-être Magret, peut-être, mais... quelles confessions?
medium_tour_d_armagnac.jpg
Magret et le juge Robert Val partageaient une amitié sincère depuis leur scolarité au lycée d’Auch. Ils aimaient travailler ensemble et leurs rencontres fréquentes en tête à tête dans le bureau du juge, comme ce soir, leur permettait de faire « avancer » bon nombre de dossiers délicats... comme cette affaire du pont Saint Pierre .
- Toujours fameux ton armagnac... Je soupçonne ce Fausto, le mari de Sylvia, d’être un espion pour le compte du Vatican. C’est certainement lui qui s’est introduit récemment dans la Tour d’Armagnac afin d’y dérober des documents compromettants pour le Saint Siège. Car il s’en est passé des choses, autrefois, dans cette ancienne prison épiscopale!
- Cette affaire, Magret, dépasse largement nos compétences. Nous devrions laisser ce dossier aux bons soins des services secrets.
- Tu as raison, Robert. Tu permets?... Allo, allo... *Toulouse 0031? Bonsoir... Comment vas-tu?... J’ai une affaire pour toi... Non, ce n’est pas urgent... bla bla bla...
Et voilà. Le commissaire Magret va pouvoir prendre , enfin, un peu de repos.

* ceux qui ne connaissent pas Toulouse 0031 peuvent lui rendre visite chez:

http://betty-sblog.blog50.com/

11/12/2008

l'assassiné noyé ... suite


Cliquer sur le petit triangle blanc...

Le commissaire Magret traversa la place en empruntant les passages pour piétons sans perdre de vue la dame en rose qui se faufilait entre les voitures et se dirigeait d’un pas décidé vers l’entrée de la cathédrale Sainte Marie..
- Tiens, tiens ..., pensa-t-il machinalement.
Elle entra sans hésiter dans l’édifice. Magret attendit un peu puis il s’introduisit à son tour, fit quelques pas feutrés vers la verrière dite du  « Purgatoire » ( celle où on voit que le péché est entré dans le monde, hélas) et resta immobile dans la pénombre.
medium_vitrail-2.jpg
Sylvia... ( elle se prénomme ainsi, vous ne le saviez pas et moi non plus jusqu’à cet instant précis), donc Sylvia s’était agenouillée tout à fait devant et semblait prier ce qui n’était pas suspect, à priori. Un curé apparut, venant je suppose de la sacristie. Il fit un petit signe à la dame qui le suivit jusqu’à un confessionnal.
- Tiens, tiens..., se dit de nouveau Magret. Aurait-elle quelque chose à déclarer?
Il aurait du penser « à confesser » mais il était professionnel jusque dans ses pensées les plus intimes.
Il se glissa sans bruit jusqu’à un pilier qui se trouvait à proximité du confessionnal. Il retint son souffle pour écouter. Je devine déjà votre indignation, je la comprends même mais si vous contestez cette façon de procéder mon histoire est fichue ( ça n’est déjà pas facile!).
Je vous rassure; il n’entendit que des chuchotements et, tout à coup:
- Mon Dieu... Est-ce possible... Oh!
...et comme un bruit de chute dans le confessionnal!
Sylvia passa pas très loin du commissaire sans le voir et sortit dare dare de la cathédrale.
Magret attendit un peu: le prêtre n’apparaissant pas, il alla prestement ouvrir la porte du confessionnal. Une masse sombre vint heurter ses jambes: l’homme était manifestement occis!....
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L'image est bien celle de la verrière du purgatoire. Les vitraux de la cathédrale d'Auch, magnifiquement conservés, sont considérés parmi les plus beaux de la Renaissance. ( voir internet)

le noyé assassiné


Découvrez Louis Armstrong!

Il faut cliquer sur le triangle blanc...

medium_Megret_d_Etigny.jpgCe samedi-là, le commissaire Magret avait décidé de s'offrir un peu de repos après une semaine riche en péripéties. Il avait frugalement déjeuné ( ici, en Gascogne, on dit le diner à midi mais comme j'écris pour un vaste public, j'utilise le mot adéquat afin que tout le monde comprenne...), donc, il avait frugalement déjeuné d'un confit de canard arrosé d'un ballon de madiran et d'une portion de fromage de chèvre de la ferme Lou Caoubé à Pimpous. Il s'était installé au soleil, sur un banc des Allées Mégret d'Etigny, son illustre ancêtre. Si vous ne connaissez pas Antoine ( c'est son prénom, comme mon petit-fils), vous pouvez consulter internet, il le mérite.
Une parenthèse: hier, Antoine, mon petit-fils donc, attendait que quelqu'un vienne le chercher chez nous ( c'est un enfant que je recueille à la sortie de l'école). Il me dit:
- En attendant qu'y vient personne, je peux regarder la télé?

Rejoignons le commissaire Magret.
medium_pousterle_de_paris.2.jpg
Il avait ouvert la Dépêche du midi à la page des faits divers, sa préférée, et son attention s'était portée sur un court article disant à peu près ceci:
- On n'a toujours pas tiré au clair cette affaire de noyé-assassiné ou d'assassiné- noyé ( Magret apprécia la nuance) retrouvé sous la passerelle Saint-Pierre il y a quelques jours. L'enquête, pourtant confiée à l'illustre Commissaire Magret, piétine.
- Je voudrais les y voir, ne put s'empêcher de grommeler l'illustre!
A ce point de l'histoire, il est utile de vous reporter à ma note du 16 novembre, rubrique Magret, sinon vous courez le risque de ne rien comprendre à ce qui va suivre.
Il leva les yeux de son canard au moment où passait à deux trois mètres devant lui, toute vêtue de rose, une très séduisante brune qui paraissait très préoccupée; elle ne prêta aucune attention au commissaire qui pourtant la dévisageait avec beaucoup d'insistance.
- Tiens, tiens... la dame du 99 de la rue de la Vieille Pousterle. Elle porte joyeusemenr le deuil de son mari! Fichtre; quel parfum! Magret avait un flair extraordinaire.
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Quand elle fut passée, il plia son journal, le glissa dans une poche de sa gabardine beige, remit son bérêt d'une main preste en le calant d'abord à l'arrière du crâne, puis il tira le feutre noir vers l'avant et le pinça entre le pouce et l'index pour faire comme une pointe. C'était sa façon à lui de porter ce couvre-chef qu'il préférait aux chapeaux des policiers parisiens qu'on voit au cinéma. Il était gascon et fier de l'être, tout en conservant une certaine modestie qu'appréciaient tant ses supérieurs que ses subalternes. Voilà qui méritait d'être dit même si c'est assez inutile...
Il entreprit donc de "filer" la belle qui descendait déjà les marches des allées vers la place de la Libération.
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Les images:
- la statue d'Antoine.
- la pousterle de Paris
- la pousterle des Houmettos

Les pousterles sont d'étroites ruelles médiévales à forte pente, souvent en escalier, reliant la haute ville d'Auch à la rive gauche du Gers. Mes deux images, assez éloignées de ce palpitant récit, lui rajoutent, vous en conviendrez, un aspect pédagogique incontestable.

05/12/2008

le puits...la confession

Nous avons laissé le commissaire Magret assez perplexe après la découverte du mari de Justine dans le puits de la ferme et son suicide par pendaison... Le mieux est de vous reporter aux notes précédentes si vous ne les avez pas déjà lues. Sinon vous ne comprendrez rien de ce qui va suivre. C'est déjà compliqué pour les lecteurs assidus...
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Adeline entra dans le bureau du commissaire. Elle avait l'air épuisée. Il la fit asseoir. Après un assez long silence ( 5 à 6 minutes peut-être, je ne sais pas), elle raconta:
- Mon mari nous a surpris, l'autre jour, Firmin et moi, dans la paille de la grange. Il piqua une grosse colère. Puis, il se calma. Mais à partir de ce moment-là, il ne fut plus le même. Il était devenu taciturne, ne me parlait plus. L'autre soir, il est sorti et n'est pas rentré de la nuit. Le matin, j'ai appelé Firmin. Nous l'avons cherché et très vite, nous avons constaté que la grllle du puits se trouvait par terre. Nous avons pensé qu'il s'était suicidé...

Magret sortit un paquet de kleenex et le tendit à Adeline.
- Et puis, demanda-t-il?
- Nous avons pensé qu'il s'était suicidé, répéta Justine, car, je vous assure commissaire, nous n'avons entendu aucun bruit. Firmin a remis la grille à sa place. Mais il fallait bien signaler la disparition de mon pauvre mari... Je vous ai donc appelé. Nous n'avions pas imaginé que vous vous intéressiez aux vieilles pierres et que mon mari était encore vivant!
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Une lanterne dans une rue de Montréal du GERS
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Voilà; il n'y a rien à ajouter. Je ne sais pas si cet épilogue était vraiment utile. Certaines, certains, vont peut-être me demander encore:
- Et puis, et puis... qu'a donc conclu le commissaire.
JE N'EN SAIS RIEN!

 
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