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26/03/2010

correspondance intime

bouteille_a_la_mer.jpg Voici la lettre que je viens de découvrir dans la bouteille de Buzet qui  curieusement, remontait le courant, il faut dire assez faiblard, de notre canal dit « latéral ». Elle était signée: « ta copine FLO » ( pas facile à imiter sa signature!). Flo, pour les intimes, n’est autre que Pimprenelle, amie des chats de tous poils, à qui vous rendez souvent visite car elle le mérite. Elle habite à quelques centaines de mètres de chez nous, en aval. C’est la raison pour laquelle la bouteille remontait le courant au lieu de le descendre comme la logique le voudrait. Mais, si la logique avait été respectée, je n’aurais pas entre les mains la fameuse lettre dont je ne vais pas tarder à livrer le contenu. J’aurais pu dire que Flo habitait en amont, du côté de la halte nautique par exemple. Comme vous ne saviez pas où elle habite, Flo, vous m’auriez cru, la bouteille aurait navigué dans le bon sens et mon histoire devenait crédible. Car, je vous devine perplexes ( j’ai mis un « s » au cas où vous seriez plusieurs à lire cette note).

Mais je ne veux pas vous mentir…

Voici la lettre.

Mon très cher Henri,

Je fais appel à toi au nom de notre vieille amitié. J’aimerais en effet te confier une mission de la plus haute importance.

Je suis dans le désarroi, au bord de la déprime depuis avant-hier déjà: mon ordinateur refuse de fonctionner, de recevoir mes notes, d’afficher les messages… Bref; il est complètement en rade comme tu le dis si bien, toi, l’ancien marinier boétien.

Je te prie de bien vouloir informer mes amis de BLOG50 qui vont très vite s’alarmer de mon silence soudain.

Je profite de l’occasion pour te livrer un secret. Quand j’étais fillette et toi ado tellement beau et que nous étions voisins à Layrac, tu n’imagines pas combien de fois j’ai fantasmé… Non; je ne peux pas te dire car une émotion forte m’envahit qui, ajoutée à ma détresse du moment risque de me faire défaillir.

Merci pour tout*… bises

J’ai hésité à publier la fin de cette lettre; mais je vous dois la vérité. Je suis certain que vous retiendrez l’essentiel.

 

*"Tout" était souligné de deux traits, mais je ne sais pas le faire avec l'ordi; excusez-moi.

06/03/2010

ce WE

Ce matin, à la fraîche, je découvre la longue lettre, assez pathétique, que Sophie adresse à Roro ( voir les commentaires). Cette petite est bien moins tarte que je l'imaginais. Et elle a une mémoire philoménale. Désormais, je ferai très attention à ce que j'écrirai: comme Roberval, je pèserai mes mots. Evidemment qu'il est mort René! Mais si Sophie avait bien regardé la photo, elle aurait constaté que j'avais rajeuni ... d'une dizaine d'années. Donc cette lettre est ancienne. Tout celà n'est pas grave: elle écrit avec tellement , mais tellement d'humour! Comment ne pas la pardonner...

Je me contenterai ce soir de vous raconter une petite histoire avec des images du photographe Commessy. contravention scène 1 bis.jpg

 contravention scène 2.jpg

contravention scène 3.jpgcontravention scène 4.jpgcontavention 0005 bis.jpg

17/02/2010

fantasmes


podcast

Au fil de cette note, je vous dirai peut être quelques mots de cet extrait de concert...

AMLY1BGCAZGF0VFCASF6DQQCAF303R4CAI241YHCACGLQQ4CABXI8IICAY46FA9CAL00WY0CAHOXRB6CABPDP5PCABNZ48VCASNUPPACAEP0YPKCA9GZA5FCADTCL9NCAH3J9QXCAU0038B.jpgNon, je n’ai jamais eu de relation intime avec BB. Même si, un jour, après avoir vu ma photo dans la presse ( le Petit Bleu de l’Agenais, par exemple), elle prétendait le contraire, il ne faudrait pas la croire. Elle ne m’a jamais attiré. Nous étions tellement différent; ça n’aurait pas marché entre nous. J’ai toujours été de gauche, vous comprenez. Et aujourd’hui, je ne le regrette pas. Franchement pas. Et pour d’autres raisons…

Par contre, Marilyn, alors là, je peux le dire, Roro est au courant, je ne suis pas un cachottier, alors là … que de souvenirs! Elle était plus âgée que moi, mais qu’importe! J’ai été un peu jaloux de Montand qui chantait lui aussi, de Miller qui écrivait lui aussi. Mais je savais que leurs liaisons seraient éphémères et que je leur survivrais. Le destin m’a donné raison. Quand à ce salaud de Kennedy, il n’a eu que ce qu’il méritait. On n’a jamais retrouvé le meurtrier…je n’en dirai pas plus…

150157_979163764_marilyn-monroe-breeze_H221923_L.jpgL’air que vous entendez, enregistré au début de cette note, je l’ai composé pour elle il y a trois ou quatre ans. Peut-être l’écoute-t-elle avec ravissement, quelque part, là-haut, allongée langoureusement parmi les cumulus ( c’est une image, je n’y crois pas du tout). Quand j’ai proposé cette mélodie à Jean-Pierre, celui qui souffle en premier dans son saxophone soprano, il m’a jalousé, vous ne pouvez pas imaginer à quel point il m’a jalousé!

- Putaing, m’a-t-il dit, que c’est beau! Combien j’aurais aimé composer cet air magnifique!

Il a raison, il faut le croire car il est lui aussi un grand compositeur… Mais mon inspiration, je la dois à Marilyn; je n’ai pas grand mérite finalement.

J’ai même écrit des paroles… mais, pas tout à la fois. Demain peut-être, comme dit Philippe, je vous le chanterai

12/02/2010

Ce WE

Ce soir, Boé si Boé la est invité à Cuq, village situé à une vingtaine de kilomètres d'Agen, dans les coteaux gascons, afin d'animer une soirée au profit d' Haïti, soirée organisée par des amis. Les cuquois, peu nombreux, 200 au plus, vivent à une altitude de 150 mètres environ ce qui n'est pas considérable et d'ailleurs, ils n'en sont pas très fiers. Mais voilà: cette dernière nuit, un peu de neige a recouvert la route vicinale que nous devrons emprunter et du verglas résiste ici et là à l'heure où je rédige cette note, c'est à dire... ( je regarde la pendule)... à 16heures34. Espèrons que nous arriverons à la salle des fêtes sans glissade et rentrerons cette nuit sans encombre. Donc, prudence... Je vous tiendrai au courant demain, à la première heure, afin de vous rassurer car, je suppose, la lecture de cette note ne manquera pas de vous inquiéter. Peut-être ai-je eu tort de l'écrire...?

Le cuquois ne connaît pas mes chansons brèves. J'ai envie de lui chanter celle-ci...


podcast

10/02/2010

histoire de pots

Emilie, une vieille gasconne de Poudenas qui habitait tout en haut du village, près du château, descendait deux ou trois fois par jour chercher de l’eau à la Gélise. C’était au début du siècle dernier... ou même avant. Elle utilisait deux grands pots, chacun suspendu au bout d’une perche qu’elle transportait appuyée derrière son cou: elle avait vu une image dans son livre du Cours Supérieur de géographie de Despiques et Cathala montrant une chinoise qui utilisait ce moyen qu'elle essaya et jugea très commode et moins fatiguant que porter les seaux à bout de bras. L’un des pots était vieux et fêlé, alors que l’autre pot, en parfait état, rapportait toujours sa pleine ration d’eau. A la fin de la longue marche, qui allait du ruisseau à la maison, le pot fêlé, lui, n’était plus qu’à moitié vide. Et celà dura pendant de nombreuses années.
medium_poudenas_2.2.jpg
Si le pot intact était très fier, le vieux pot fêlé, lui, avait honte et il était triste car il ne pouvait faire que la moitié de son travail. Un jour, tout dégoulinant, il se confia à la vieille dame, alors qu’ils quittaient le ruisseau…
« J’ai honte de moi car je ne fais mon travail qu’à moitié. S’il te plait, achète un autre pot et utilise-moi pour planter un géranium par exemple. Au moins, je serai utile à quelque chose. »
La vieille dame sourit :
« As-tu remarqué qu’il y a beaucoup plus de fleurs le long du chemin, de ton côté ? C’est grâce à toi qui les arroses. Sans ta fêlure, notre chemin serait moins agréable à fréquenter. Les habitants du village te sont infiniment reconnaissants du service que tu rends. Et moi, je suis fière de toi.»
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Et voilà; encore une histoire ( déjà racontée l'an passé?), que j’avais lue dans un bouquin et dont j’ai oublié l’origine (asiatique sans doute). Bien qu’ayant pour cadre cette fois, comme les précédentes, notre pays gascon, je crois en avoir respecté l’esprit. La forme m’appartient.
A chacun d'imaginer sa leçon, sa morale...

28/01/2010

dernière misère

Aujourd’hui, pas le temps de disserter.

Une revue m’ayant invité à visiter le mémorial de Caen, je me promène via www.memorial-caen.fr dans l’expo « taches d’opinion » et me régale des dessins de presse dédiés à l’actualité dans le monde: conflits armés, droits de l’homme, inégalités Nord/Sud, menaces climatiques, censure, tabous et interdits. Caen est un peu loin pour le gascon; dommage.

Xia_lichuan l'affamé.jpgJ’en profite pour raconter cette petite histoire de tradition arabe, histoire lue dans un bouquin de Jean-Claude Carrière.

Un homme très pauvre et son jeune fils rencontrèrent des hommes qui transportaient un corps.

- Où portez-vous cet homme, demanda le père?

- Quelque part où il n’y a rien à manger, rien à boire. Quelque part où il n’y a ni couvertures, ni feu, ni tapis, ni natte.

- Alors, c’est sûrement chez nous, dit l’enfant.

Ce soir, je ne mets pas de musique.

10/01/2010

ce dixième jour

IMG_3005.JPGQuand Roro a lu ma note d’hier et vu le cœur si magnifiquement dessiné dans la neige, elle m’a d’abord traité de prétentieux et a ajouté que je dépassais les bornes.

Ce à quoi j’ai répondu que, de toute façon, les bornes, hier, disparaissaient presque sous la neige ( ma borne 103 était la plus visible), que les dépasser sans y prêter attention était donc chose facile et que le dessin,  je l’avais fait avec un bâton car j’avais encore le sens des convenances. J’ajoutai qu’elle était certainement la seule à imaginer autre chose…

 

 

IMG_0008.JPG

La grande plaine est blanche, immobile et sans voix

Pas un bruit, pas un son, toute vie est éteinte.

S’il te plaît, sur ce banc, un instant assieds-toi

Afin d’y déposer tes augustes empreintes.

Voilà ce que je dis ce matin à Roro pendant notre promenade. Elle était ébahie par mon propos mais elle refusa prétextant la fraîcheur de la ferraille si bien que je n’ai pas la photo que j’espérais.

Parlons d’autre chose. Ma décision était prise: j’allais me faire vacciner malgré les sarcasmes familiaux ( Roro en tête) et ceux des copains. Une façon de m’affirmer, de me comporter différemment que la « foule» , de ne pas céder aux déclarations du Professeur Debré que je n’aime pas du tout, même que quand il conseille ceci, je pense aussitôt qu’il faut faire cela… Bref, Roro vous le confirmerait, j’aime contredire et j’avais, sur ce sujet plein d’arguments. J’ai reçu ma prise en charge la semaine dernière; je crois que je n’irai pas au centre de santé… Je devine vos sarcasmes.

21/12/2009

c'est comment la neige...

Le boétien qui aime la neige doit se satisfaire des images de la télé, des cartes de vœux de cette fin d’année de plus en plus rares pour cause d’ordinateur ou, pour les plus courageux plus ou moins nantis, de séjour dans nos proches montagnes pyrénéennes. Moi je n'aime pas car s'il tombe quelques flocons comme ces derniers jours, le gascon, homme de plaines ou de collines aux pentes douces, n'est pas habitué, et devient, sur nos routes vicinales, un vrai danger public. Et tout de suite après c’est de la gadoue.

Nos écoliers ne peuvent se livrer à des batailles comme ils en voient sur les images. dans les livres de la bibliothèque de l‘école. Il n'y a même pas de quoi élever au milieu de la cour un bonhomme avec une pipe, un balai...

IMG_2275.JPG
Voici une petite histoire de neige que j'aime bien et que je vous raconte à ma façon… comme l‘année dernière!
- Tiens, il neige, dis-je à mon ami Pierre.
- C'est comment la neige, me demande Pierre qui est aveugle de naissance?
- Blanc...
- Ah...
Un moment de silence.
-
Et blanc, c'est comment?
- Comme... du lait.
- Ah...
Un nouveau silence...

- Et le lait, c'est comment?
- Le lait... c'est comme des cygnes.
- Des cygnes ???

- Oui; de grands oiseaux qui vivent dans les étangs. Ils ont un coup très long courbé, un bec comme ça...
J'allonge le bras, courbe le poignet, prend la main de Pierre, lui fait suivre mon bras, mon poignet jusqu'à la main, lentement. Pierre sourit:
-
Ah, oui... maintenant je vois comment elle est la neige.

Ma photo a été prise l’année dernière, je crois.

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15/11/2009

en guise d'épilogue

La dernière note laborieusement écrite cette fin de semaine, la densité de ses trois chapitres m’ont contraint à une tellement forte concentration que, pendant ces trois ou quatre derniers jours je dus m’isoler de la vie publique, même familiale avoue-je… Ainsi m’abstins- je de toute visite, pris-je des repas frugaux, à la va-vite, dormis-je un minimum de temps, évitai-je la télévision et autres activités… Bref, je me consacrai exclusivement à l’écriture de ce qui, j’ose l’espérer, restera, dans l’immensité de l’univers littéraire, une œuvre phare.

J’abrègerai modestement cette trop courte introduction…

Le premier chapitre fut accueilli par le lecteur avec émotion. La relation de mon malaise, ressentie douloureusement, entraîna de nombreux témoignages de sympathie: je remercie aujourd’hui leurs auteurs en m’excusant de ne pas l’avoir fait plus tôt. J’imaginai d’ailleurs et dans un souci d’apaisement, un dénouement rassurant que je n’avais pas prévu au départ. Cependant je fus contrarié par le coup de fil d’un soi-disant ami qui me dit ceci ( je cite):

- Quand tu atteignis le fa dièse, tu n’étais pas loin du sol!

Comme il se marrait sans vergogne, j’en déduisis qu’il se payait ma tête.

Certains ont appris qu’une anche et une hanche, ça n’est pas la même chose: on fait ou on ne fait pas la liaison. Une dame fort honorable me proposa même cette définition : languette dont les vibrations émettent des sons…Exact, mais il faut un minimum de technique pour arriver à ce résultat

numérisation0003.jpgUn auvergnat célèbre par ses rubriques « montagnardes » ( un digne successeur du grand Alexandre Vialatte) me conseilla d’abandonner les instruments à vent au profit des cordes moins dangereuses pense-t-il. Je tripote un peu la guitare, comme Boby Lapointe et le violoncelle me tenterait. Mais le mur de Berlin est déjà tombé, l’anniversaire bâclé. Il reste d’autres murs ici ou là. Mais…

Le même aurait passé des nuits intéressantes grâce à Linda dont il imagine des rondeurs pleines de promesse confondant tessiture et tour de taille, l’une n’étant pas forcément en relation étroite ( si je peux m’exprimer ainsi ) avec l’autre; même si Ella Fitzgérald possédait certaines rondeurs. Il relève, et je le remercie de me lire avec autant d’attention, qu’il existe des mineures augmentées: j’ajouterais qu’il existe aussi des majeurs diminués. Il en cite d’ailleurs souvent dans ses rubriques.

Bonne semaine.

07/11/2009

des mots et des notes

serignac église.jpgHier soir, nous donnions un petit concert à Sérignac sur Garonne, pas très loin d’Agen. Finies les trop longues distances à parcourir, surtout en hiver. C’est mieux ainsi. Nous nous produisons moins souvent, mais peu importe… Nous nous retrouvons régulièrement pour répéter ( pour travailler, osons nous dire!) et ce sont là des moments fort agréables.

Nous avons commencé notre représentation par les traditionnelles Feuilles mortes, un air de saison pour « chauffer » mes lèvres et les doigts des guitaristes et contrebassiste. J’aime le jazz car on peut jouer le même morceau des dizaines de fois ( pas au cours de la même soirée tout de même!) de façon différente. Selon l’humeur du moment, les feuilles voltigent plus ou moins lentement suivant le tempo, elles improvisent chaque fois une trajectoire inattendue que le musicien retient dans une ligne harmonique afin qu’elles ne s’égarent pas…

C’est comme une histoire. Si elle est racontée toujours de la même manière, elle perd de sa valeur. Le langage, comme les notes de musique, est une matière infiniment large, riche, variée. Il faut savoir en profiter. L’auditeur, le lecteur sont parfois un peu perdus. Tant mieux. Ils ne reconnaissent pas et cela les trouble. Où nous entraîne le jazzman, le conteur…? Le sait-il lui-même! Car l’important est le récit, son interprétation. La chute… bof!

Le conteur est seul, debout, face à l’océan. Il raconte sans cesse, histoire après histoire. L’océan l’écoute calmement, comme fasciné…

Si le conteur un jour se tait, ou si on le fait taire, personne ne peut dire ce que fera l’océan ( c’est une anecdote persane).

Alors… il fera quoi l’océan?

Des interprétations des Feuilles mortes, vous en avez à la pelle… En voici deux: une du quartet Plein jazz en répétition, l’autre en concert avec l’ami Jean Pierre au saxophone (ce sont des extraits). Je souffle dans la clarinette.


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( ma photo: le clocher tors de Sérignac)

 

 

21/10/2009

presque posthume

180px-PeteFountainStatue.jpgQuand, la nuit dernière, je vis à la lueur des lampadaires ma statue au milieu de la place principale de mon village, je ne fus pas surpris; quand je lus mon nom sur la plaque de la rue qui mène à l’école, je ne fus pas surpris davantage…

Je me dis que je méritais sans doute l’hommage qui m’était ainsi rendu, que mes enfants et petits enfants devaient être fiers…et, modestement satisfait, je repris le chemin qui mène au cimetière et me glissai sans bruit dans mon urne.

J’aurais bien aimé entendre les discours, pensai-je;

Ce matin, en me réveillant, je décidai que ma promenade matinale passerait exceptionnellement par la place principale, par la rue de l’école. Ce que je fis: point de statue, point de plaque…

Tant pis, j’attendrai…

J’étais un peu déçu tout de même.

Un détail me tracassait: j’avais relevé que ma main droite était positionnée sur la partie haute du corps de la clarinette et la main gauche en bas. Comment éviter que cette erreur grossière se reproduise?

AnavonRebeur07.jpg

podcast
Nous l'avons répétée hier soir

11/10/2009

pourquoi?

Pourquoi, oui, pourquoi aimé-je le jazz? Pourquoi, oui pourquoi, détesté-je les oignons? Voilà les questions que je me pose aujourd’hui…

Jusqu’à l’âge de 12- 13 ans, j’écoutais volontiers maman Aline, mon grand frère Roger, chanter des airs d’opérette connus. Je rêvais de devenir ténor car j’avais été impressionné, au cinéma, par le grand Caruso. Jamais, je vous jure, jamais notre TSF ne diffusa une émission de jazz: du bel canto, oui, l’orchestre champêtre de Jean Bentabéry de Toulouse, oui, les roses blanches, celles de Picardie, oui… Dans ma clarinette, je soufflais, tant bien que mal, classique. Je lisais même les notes sur des partitions! J’abordais donc mon adolescence d’une manière respectable.

numérisation0002.jpgComme nous n’étions pas riches, on peut même dire que nous étions pauvres, nous travaillions vaillamment un lopin de terre afin de boucler les fins de mois et payer l’ardoise du boucher. Entre autres. Nous cultivions des oignons; à cette époque, c’était, dans notre région, une culture très prisée car relativement lucrative. Elle ne nécessitait pas de grands moyens matériels: une petite charrue suffisait. C’est moi qui la tirais avec vigueur ( j’étais costaud pour mon âge) pendant que maman Aline alignait les plants dans le sillon que je traçais aussi droit que possible. Mais ce n’est pas pour cette raison que je n’aime pas l’oignon: je ne l’ai jamais aimé, c’est tout et, je ne sais pas pourquoi. Sinon je ne le cacherais pas car cela n’est pas répréhensible que je sache! Mais c’était pour dire combien j’étais méritant. Et pas rancunier.

Voilà pour l’oignon.

Et le jazz? Quel rapport avec l’oignon? Aucun. Si ce n’est que ma passion pour cette musique, quand je devins ado ne s’explique pas vraiment. Des copains plus argentés que moi achetaient des disques de Sidney Béchet et nous les écoutions sans arrêt sur un électrophone. Un super 45 tours contenait notamment une interprétation d’une composition du Maître intitulée… les oignons, composition que je trouve assez fade et que nous ne jouons jamais, même lorsqu’elle nous est réclamée avec insistance, ce qui prouve que j’ai de la suite dans les idées. Nous la remplaçons par les rues d’Antibes et tout le monde est satisfait.

David est à la trompette et à la flûte irlandaise; je souffle dans ma clarinette "buffet crampon" et dans un saxophone soprano


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J’abandonnai la lecture fastidieuse de l’ouverture de Guillaume Tell et me laissai tenter par l’improvisation. Vous devinez la suite, l’engrenage funeste, les « maisons » enfumées, la boisson, la drogue… N‘exagérons pas; Auch, bien que capitale de l’Armagnac n’est pas la Nouvelle Orléans et le débit du Gers n’est pas comparable à celui du Mississipi!

Aujourd’hui, même si je me pose parfois des questions stupides, je ne regrette rien. Le jazz, c’est l’imagination traduite par des notes de musique, c’est de la création, c’est l’expression spontanée de sentiments, c’est… ça ne s’explique pas. Comme l’oignon, la musique de jazz peut faire pleurer… Mais elle peut aussi faire bouger, danser … pas l’oignon.

30/09/2009

oh... putaing!

En complément de ma note d’hier, j’ai lu, peut-être dans la revue Notre Temps, revue fort documentée sur des sujets divers et essentiels, qu'il existe quelque part en France un personnage fortuné grand collectionneur de poils pubiens appartenant à des célébrités: il paie pour cela les services de femmes de chambre travaillant dans certains hôtels de luxe ( à Canne notamment). J'ai son nom sur le bout de la langue et vous le livrerai dès que je l'aurai retrouvé...
Fichue mémoire!

 

IMG_0001.JPGCe matin nous fîmes une halte sous un noyer et j’entrepris quelques acrobaties afin de distraire des touristes anglais qui naviguaient mélancoliquement: la traversée de la zone commerciale de Boé ne présente en effet qu’un intérêt limité. Roro en profita pour me photographier. Il lui fallut de la promptitude et elle dut même s’y reprendre une dizaine fois et plus pour me saisir dans une position intéressante et valorisante car cet exercice ne m’est pas familier: souvent mes pieds avaient repris contact avec le sol avant qu’elle ait pu appuyer sur le bouton adéquat. Nous échangeâmes quelques propos que je juge inutile de rapporter dans cette note… J’entendis des « oh! », « bravo! » ,  « spendid! », «  stupendous! », « magnificent »… et même des applaudissements.

Ce soir, je dus renoncer au ping pong, jeu que les Neuillens s’obstinent  à appeler tennis de table avec leur putaing d’accent, ce qui n’arrange rien. J’espère passer une bonne nuit malgré mes douleurs dans le bas du dos. J’ai décidé de ne pas me plaindre…

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Incroyable, non!

24/09/2009

tout n'est pas perdu

John_Travolta_and_Princess_Diana.jpgRoro, je dois vous l'avouer, est d'un caractère pessimiste. Il faut dire qu'elle regarde les infos à la télé ce que je m'interdis formellement. Après déjeuner, bien installé dans mon fauteuil, j’en profite pour m’accorder une petite sieste.

Aujourd’hui, au moment où Lady Di , à l'entrée de sa chambre, me prenait la main et m’adressait un sourire ravageur, j’entendis Roro qui s’exclamait:

- Non…! C’est pas vrai! C’est pas vrai!

Je me réveillai donc tout à fait et, la voyant la bouche ouverte, les yeux exorbités fixant le poste, je me dis qu’elle m’avait surpris avec Diana ( je l’appelle ainsi en privé)  alors qu’il ne s’était encore rien passé.

- Que vous arrive-t-il mon amie, fis-je, un peu embarrassé.

Elle me dit, catastrophée:
- Pire que ça, ce n'est pas possible, ça n'est pas possible.
La voyant dans cet état, j'entrepris de la rassurer:
- Mais si! C'est possible! C'est possible!
Heureusement que j'ai un caractère optimiste, moi.
* Pouvez-vous éviter de me téléphoner entre 13h et 13h30; SVP.

 PS: des sujets graves, affligeants, cruels, imbéciles… abondent notre quotidien. Je ne me juge pas suffisamment compétent pour les analyser, ici, avec le sérieux qu‘elles méritent. D’autres le font avec talent; je les lis volontiers… Je ne sais pas pourquoi j’écris cela aujourd’hui

23/09/2009

le dernier souffle

 numérisation0002.jpg

La semaine dernière, j’ai oublié de vous raconter, je reçus une bien mauvaise nouvelle de Pimpous, le village gascon dont je vous parle parfois. Ma cousine Germaine me téléphona sur le coup de 20 heures, au moment où je m’assoupissais ( déjà!) dans mon fauteuil en regardant le début des infos à la télé:

- Grégoire vient de décéder, sanglota-t-elle.

- Comment ça, décédé, fis-je, tu plaisantes…!

- Décédé, mort si tu préfères; il menait notre âne au pré, il a eu un malaise en tirant trop fort sur la corde et il a succombé à un infractus; c’est ce qu’a dit le docteur.

- Putaing, m’exclamai-je! Il ne manquait plus que ça! RORO ( elle était encore dans la cuisine), RORO… GREGOIRE EST MORT!

Roro me rejoignit, un torchon à la main:

- C’est pas vrai…! GREGOIRE…! Le cousin? Et bé, il ne manquait plus que ça!

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Mes cousins de Pimpous sont très pauvres. Grégoire ne recevait que sa retraite de la MSA ( autant dire des clopinettes) et, tous les semestres, une pension de guerre de 250 euros environ car il avait, comme moi, participé efficacement à la pacification de l’Algérie, quelque part dans les montagnes des Aurès… Comme moi, il en était revenu sans une égratignure (un peu fada quand même, comme beaucoup d’autres) et voilà qu’il mourait dans son lit, d’un infarctus ce qui fit dire au maire, au cimetière (on l’a enterré hier):

- C’est quand même idiot de finir comme ça!

Il paraît que Grégoire avait compris, en voyant la tête de Germaine encore plus triste que d’habitude, que sa fin était toute proche. Il se tourna vers la bougie qui brûlait sur la table de nuit (depuis quelques jours on leur avait coupé l’électricité pour non paiement de facture) et il dit:

- Ce n’est plus la peine de gaspiller…* ( c'est volontairement que j'écris de plus en plus petit)

Et son dernier souffle éteignit la modeste flamme.

 

Au cas où vous n'auriez pas entendu il a dit: "Ce n'est plus la peine de gaspiller"

Comme je n'ai pas retrouvé de photo du village de Pimpous, je termine avec un autre bourg gascon: nous sommes à Solomiac.

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