17.09.2009
retour au Cours Complémentaire
- Tu vois, dis-je à Roro, vu ainsi, de l’extérieur, rien n’a changé à quelques détails près.
Nous passions dimanche dernier à Fleurance, gros bourg gersois, et j’eus envie de retrouver le Cours Complémentaire ( devenu école primaire), établissement que je fréquentai pendant 5 ans, de 1949 à 1954, année de mon entrée à l’Ecole Normale d’Auch. J’y étais pensionnaire car nous habitions à Eauze ( capitale de l’Armagnac!) distante d’une soixantaine de kilomètres.
Agé à mon entrée en 6ème d’un peu moins de 11 ans, je subis, comme mes copains internes, toute la panoplie du traditionnel bizutage imbécile, activité fort prisée par quelques anciens de 4ème et de 3ème , de redoutables costauds de 14 et 15 ans. En faire baver à la bleusaille était leur jeu préféré. Le directeur, évidemment, n’était pas au courant de ces pratiques…
L’après extinction des feux, dans le dortoir, était toujours le moment le plus redouté.
- Le premier soir, nous subîmes la séance du cirage…
- … ?
- Je t’explique….
Roro m’écoutait en rougissant:
- Est-ce possible… ce n’est pas vrai!
- Si…
- Et vous ne disiez rien? Au directeur? A vos parents?
- Non; c’était ainsi depuis toujours. Nous subissions, voilà…
Je montrai à Roro les fenêtres du fameux dortoir, au premier étage, dortoir sans doute transformé en salle de classe.
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Après avoir quitté Fleurance, nous roulâmes sagement dans la campagne gasconne qui, dit-on, ressemble à la Toscane*, en direction de Saint Caprais, mon premier poste d’instit. C’était ma journée « souvenirs »!
Nous arrivâmes à Masseube.
- C’est au cours complémentaire que j’ai fait la connaissance de Mag Do, te l’ai-je dit?
- …?
- Oui, Magret Dominique. C’est là et à cause des bizutages que nous avions subis qu’il voulait devenir justicier, comme Zoro. Plus tard, après avoir vu Jean Gabin au cinéma, il décida qu’il serait commissaire de police…
Roro haussa les épaules, descendit de la voiture et photographia la magnifique halle de XIVème.
20:07 Publié dans autrefois | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
15.09.2009
cinquante ans après...
… je me décidai pour un pèlerinage à Saint-Caprais, tout petit village gersois situé à une vingtaine de kilomètres d’Auch, capitale de l’Armagnac.
Mais… cinquante ans après quoi? Telle est la question que vous vous posez peut-être et à laquelle, à tout hasard, je réponds.
Il y a un demi-siècle donc, le jeune Barthélémy, pas encore vingt ans et même pas majeur en ce temps-là, débutait dans cette école à classe unique* où il avait malencontreusement été nommé à la sortie de l’Ecole Normale. Mais bon sang de bon sang, pourquoi avait-il coché ce poste sur la liste qui lui avait été proposée à la fin de sa quatrième année dite de « formation professionnelle »? Pourquoi n’était-il pas allé auparavant faire une inspection des lieux? Pourquoi n’avait-t-il pas demandé une classe à Eauze, Fleurance, Lectoure… ou tout autre bourg animé de notre Gascogne comme l’avaient fait Pierre, Paul, Jacques et d’autres, plus malins que lui ?
Je garde pour ma prochaine autobiographie (?) le récit de ces débuts professionnels assez mal vécus.
Extérieurement, rien n’a changé, rien du tout, même si ce n’est plus une école depuis fort longtemps. Intérieurement, je n’ai pas vu car le bâtiment est squatté. Quand j’occupais le « logement », il était déjà en fort mauvais état… si je vous le décrivais, vous ne me croiriez pas.
Depuis longtemps j’avais envie, malgré tout, de revoir. Un moment d’émotion, tout de même…
La classe unique est en voie de disparition. La mienne totalisait 15 élèves et toutes les sections, de la classe enfantine au certificat d’études préparé, cette année-là ( autre malchance !) par un cancre que le sans doute médiocre pédagogue inexpérimenté que j’étais ne réussit pas à sauver du désastre. J’en fus dépité et imaginai même que ce métier ne me convenait pas. Je ne demandai pas de sursis. Hélas…
PS : les conditions d’exercice de la profession d’enseignant ne se sont guère améliorées durant ces dernières années. Le saviez-vous ?
17:18 Publié dans autrefois | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
29.07.2009
lendit
Vous reconnaissez sur cette photo les superbes jambes que je me suis permis de montrer dans ma note d'hier, sans l'autorisation de la propriétaire ce qui, je le reconnais, est assez répréhensible et m'a valu, à juste titre, un blâme dans la soirée. J'ai donc décidé, pour me racheter, de consacrer cette note exclusivement à Roro et à ses exploits de jeunesse.
Je me contenterai de citer quelques passages de son autobiographie. Je ne peux vous donner les références de celle-ci car la publicité est interdite mais, si celà vous intéresse, vous pouvez lui téléphoner. Donc, je cite ( les parenthèses, c'est quand je mets mon grain de sel).
"... J'étais, à 14 ans, une grande jeune fille, la plus grande de ma classe et je préparais avec beaucoup de sérieux le certificat d'études que j'obtins d'ailleurs brillamment car je fus première du canton ( c'est exact, j'ai vu son diplôme).
L'école de Gabarret participait chaque année à une grande fête départementale à Mont de Marsan, important rassemblement laïque au cours duquel les élèves exécutaient des mouvements d'ensemble, des danses devant un public toujours nombreux et enthousiaste ( quand j'étais jeune instit, j'ai moi-même participé à cette fête avec mon école). Nous étions, à cette occasion, les genêts car cette plante est très répandue dans notre forêt landaise et, comme j'avais été promue capitaine, je portais fièrement le fanion. Nous consacrions un peu du temps scolaire pour travailler les mouvements imposés à l'ensemble des écoles: c'était plus intéressant que les leçons de gymnastique dispensés par la maîtresse car nous avions un formateur de premier choix dans la personne de Pierre Lacroix, qui fut un grand du rugby, capitaine même de l'équipe de France. Il était moniteur de gym à Mont de Marsan..."
Ces fêtes s'appelaient les lendits: elles ont disparu dans les années 70 et c'est fort regrettable.
Voici "une brève": ma présentation est plus longue que la chanson!
16:55 Publié dans autrefois | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
26.06.2009
radio- crochet
Samedi et dimanche, j'irai à la fête de Caudecoste. Ce n'est pas très loin de Layrac où nous habitons: dix kilomètres à vélo, même sans dérailleur, ça ne me fait pas peur. La côte de Fongrave est un peu raide, mais ensuite, c'est du gâteau; que du plat ou presque. De toute façon, j'ai la forme et des mollets comme Louison Bobet! J'exagère bien sûr. Je viens d'être reçu au concours d'entrée à l'Ecole Normale: imagine un peu la joie de maman Aline et de Gabriel! Même si je rentre tard, je ne me ferai pas engueuler. Engueule-t-on un instituteur en puissance, voyons!
A Caudecoste, je retrouverai les beaux-frères de Roger, mon frère aîné. Ils sont un peu plus âgés que moi mais ils acceptent volontiers ma présence: avec eux et leurs copains, je ne m'ennuie pas. J'apprends beaucoup. Je commence à danser mais je suis un peu timide pour inviter des filles. Je préfère écouter l'orchestre.
Je vais être obligé de participer au radio-crochet: on sait que j'ai une belle voix de ténor (encore léger!) et je connais le répertoire de Mariano, de Guétary... Peut-être gagnerai-je, comme l'année dernière, une bouteille de mousseux que nous boirons tous ensemble. Celà me donnera des jambes pour le retour de nuit et de la voix aussi car je chanterai, c'est certain, pendant tout le trajet.

18:49 Publié dans autrefois | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
10.05.2009
ça s'est passé un dimanche...
Je vous parle d’un temps que les moins de... cinquante ans ne peuvent pas connaître.
Un dimanche de mai 1959 donc, le bourg de Boé situé en bordure de Garonne*, était en fête, tout comme aujourd’hui. Il faisait très chaud!
Après avoir garé sa 4CV d’occasion dans la prairie transformée en parking, le jeune instit était entré, à tout hasard et malgré la canicule, sous le chapiteau où un orchestre, oui, un vrai, enchaînait valses, pasos, tangos, ... et autres danses modernes, telles rock’n’roll, cha cha cha, etc, etc... La piste, bien que vaste, ne désemplissait pas: les couples ( on dansait par couple à cette époque) tantôt tendres, tantôt endiablés, transpiraient en cadence.

En ce temps là, foin de tables encombrantes autant qu'inutiles, mais des bancs installés autour de la piste et, assises sur les bancs, les demoiselles. Le candidat-danseur faisait le tour, dans un sens où dans l’autre selon l’humeur du moment, mais surtout en tenant compte de la proximité de l’objet de sa convoitise repérée depuis un moment et, semble-t-il, disponible.
Le jeune instit s’approcha de la jolie brune qui comprit, se leva comme envoutée, se laissa entraîner sur le plancher disjoint par endroits et entreprit de suivre les figures imposées par son cavalier, un, un deux trois, un , un deux trois...etc, car c’était une rumba, la Paloma, je crois.
Trois rumbas d’affilées, soit un bon quart d’heure, en marche avant pour l’un, en marche arrière pour l’autre, voilà qui permet d’engager un minimum de conversation, car, franchement, dans ces circonstances -là, si on ne se dit rien, on s’emmerde!
Je ne vous raconte pas la suite, vous la trouveriez d’une banalité!
Ils se revirent plus tard, se marièrent, eurent deux enfants, trois petits enfants, bientôt... Stop!
J’oubliais: ni l’un, ni l’autre n’habitaient à Boé. Ils y ont fait construire leur maison au bord du canal il y a une quarantaine d’années.
* Ici, on dit: je vais pêcher « à Garonne » et non « dans la Garonne »... c’est comme ça. Ceux qui pêchent, évidemment.
C'est laborieux, mais je n'y peux rien!
19:30 Publié dans autrefois | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
06.12.2008
un souvenir d'enfance...
Deux amies de BLOG50 m'ont "tagué" et me demandent d'écrire un souvenir d'enfance... j'exécute car j'ai beaucoup d'estime pour ces deux tellement charmantes personnes. Cependant, je ne suis pas très inspiré par ce genre d'exercice. Donc je "ferai simple"...
Car, mes souvenirs de petite enfance sont très flous ou inexistants. Je dois avoir deux photos, pas plus. Le bébé nu potelé allongé sur le ventre... j'ai pas. Dommage, j'aurais pu comparer.
Donc, le souvenir:
Gaby nous avait recueillis, maman Aline et moi quand j'avais 5 ans... à peu près. Il n'a pas pu m'adopter mais j'ai été SON fils même si je ne l'ai jamais appelé "papa". Il avait pour moi, j'en suis certain, l'affection du père mais ne l'exprimait pas.
Un jour, il bricolait dans son atelier, tapant sur son enclume avec un gros marteau. Quelle bêtise ai-je faite? Il s'est mis en colère, je me suis sauvé. Il m'a poursuivi le marteau à la main. J'ai crié " au secours, au secours...". Il s'est arrêté net; moi aussi.
- Putain, il a dit, tu as cru...!
Il a laché le marteau, m'a serré dans ses bras. Je crois qu'il a dit:
- Couillon, va...
J'ai pleuré; lui aussi peut-être...sans doute...
J'avais 7 ou 8 ans. A cet âge-là on se souvient. Je me souviens.
Il m'a acheté une clarinette quand j'avais 10 ans. Je l'ai toujours mais souffle dans une autre.
Nous répétons:

Le canal derrière chez nous; au loin, Golfech...
18:45 Publié dans autrefois | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note
30.08.2008
c'était au temps...
...où on pouvait photographier des péniches sur notre canal latéral à la Garonne. Elles ne circulent plus depuis une quinzaine d'années et plus. Va-t-on les réhabiliter, comme certains trains sur des lignes secondaires abandonnées elles aussi depuis longtemps? Je rêve d'entendre de nouveau leur "teuf teuf" discret, très tôt le matin, derrière notre jardin. Le "teuf teuf" d'une péniche, évidemment. Mais voilà...l'entretien du canal laisse à désirer. Le minimum est fait pour permettre le tourisme fluvial.
Non; nous ne verrons plus passer de péniches sur le canal latéral.
J'ai bien fait de prendre cette photo avec mon kodak ramené fraîchement d'Algérie. C'était une diapo toute jaunie que j'ai ainsi transformée. Le noir et blanc lui va bien, je trouve. En harmonie avec cette note nostalgique.
- C'est quoi, papiri, une péniche?
- Et bien, Antoine, tu cherches ma note du 30 août 2008 et tu verras.
Tu y verras aussi...
...mamiro.
- AH !!!!!!! d'admiration d'Antoine.
- Et aussi...
...papiri.
- Ah..., il est maigre.
- Il revient de la guerre, cépouça Antoine.
Et s'ils sont face à face, c'est qu'une des deux diapos a été mise à l'envers dans le projecteur.
Il faut tout lui expliquer à ce petit.
19:25 Publié dans autrefois | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
29.08.2008
finies, les vacances...

Et voilà; je viens de ranger dans le garage la grande toile de tente que nous avions achetée avant de partir en vacances à Pareloup. Nous sommes rentrés ce soir assez fatigués car la journée a été rude! Ce matin, très tôt, il a fallu tout ranger, plier, charger dans la 2CV, dire "au revoir" à beaucoup de campeurs avec qui nous avions symphatisé et que nous ne reverrons sans doute jamais malgré des promesses de futures rencontres l'année prochaine, dans deux, trois ans ou plus, quelque part, n'importe où...comme dit la chanson!
Mon appareil Kodak "rétinette" ramené d'Algérie a pris cette diapo: on devine Roro dans la pénombre.

Notre 2CV a été parfaite; cette voiture tourne comme une montre même si elle fait un peu plus de bruit. Le lendemain de notre arrivée au camping, nous partîmes faire des provisions; comme je n'avais pas fixé convenablement la capote, celle-ci s'est soulevée ( la vitesse!) et déchirée! Il fallait la changer. Heureusement un garagiste a pu nous dépanner mais nous n'avions pas prévu cette dépense supplémentaire! Quand la côte est un peu raide et compte tenu du poids relativement important de notre matériel à l'arrière, il m'arrive de ne plus voir la route devant moi. Comme nous ne roulons pas vite, ça n'est pas très grave.
Il va falloir recoudre les ligatures de la toile avant son rangement définitif. Elles sont presque toutes cassées. Un soir, le vent s'est levé venant du lac et il a soufflé de plus en plus fort jusqu'à minuit, à peu près. Comme nous avions eu la bonne idée de diriger l'entrée de notre tente face au lac, nous sommes restés deux bonnes heures à retenir les piquets de façade qui s'arc-boutaient dangereusement. Puis, l'orage a éclaté et voilà...
La semaine prochaine, c'est la rentrée. Je vais retrouver ma classe de CE2.. Mais ceci est une autre histoire.

18:40 Publié dans autrefois | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note


