logo Blog50.com
Blog 50 est un service gratuit offert par Notre Temps

17/08/2013

je serai là...

Déjà écrite, autrefois, en deux épisodes, cette histoire tragique revue et corrigée, se déroule pendant la guerre de 1914/18. Codoni et Favart, que je ne connais pas mais en qui j’ai toute confiance, en ont fait une chanson fort réaliste, rarement interprétée sauf par les Quatre Barbus et, plus tard, par le groupe Boé si Boé la à l’occasion d'un de ses concerts qui connut un succès considérable.

je serai là 4.jpgJean-Pierre est soldat, quelque part...peu importe. Il reçoit une lettre de Mina, sa fiancée, qui lui annonce son prochain mariage avec un autre. Il n’en revient pas! Furieux, il lui répond aussi sec:

- Mina, que viens donc je d’apprendre... tu te maries!!! Putaing! Pourtant tu juras de m’attendre ( on ne sait pas depuis combien de temps il est parti); tu me trahis! Aussi, rappelle-toi Mina, le jour où l’on vous mariera, JE SERAI LA!

JP.... (signature)

PS: et je te le répète Mina, JE SERAI LA!

Mina, à la lecture de cette lettre, est épouvantée, mettez-vous à sa place. Elle fait part de la menace à ses parents. Le père, un homme très calme et docile ( c’est le qualificatif utilisé dans le texte de la chanson), rassure sa fille:

- Allez, va, ne t’inquiète pas couillonnette, je veillerai. Et même, je ferai venir le commissaire du coin ( il est en bon termes avec la police).

Le temps passe, plus ou moins long, comme un jour sans pain...

Le jour du mariage arrive. Mina entre dans l’église au bras de son père. Elle n’en mène pas large et elle tremble comme la feuille d’érable agitée par le vent d’autan! Et elle a raison car, au même moment, dans cette même église, on célèbre un enterrement! Celà parait invraisemblable et pourtant, c’est ainsi. Le commissaire, invité par précaution, va aux nouvelles. Il revient et, froidement, à Mina dit:

- Il s’est tué hier l’imbécile; le mort, c’est LUI!

Imaginez la surprise, la terreur, l’épouvante... de Mina:

- Je vous l’avais bien dit, je vous l’avais bien dit, je vous... crie-t-elle.

Et elle devient folle de désespoir, de regrets aussi, de remords, de tout ce que vous voulez... On l’emmène je ne sais où car l’histoire ne le dit pas et on n’en entend plus parler...

commissaire Magret.jpg

 

Tel est, en gros, le texte de la fameuse chanson dont nous avons fait un sketch lequel fut le clou de notre spectacle. J’avais invité mon ami, le commissaire Magret (que j’appelle Mag Do dans l’intimité car son prénom est Dominique, je crois l'avoir déjà écrit), et lui avais réservé une place d'honneur ( notoriété oblige) au premier rang, à côté de Monsieur le Maire...

J'avais remarqué, dès le début de la chanson, l'absence de mon ami. Comme je suis au courant de ses petits soucis prostatiques, je ne m'inquiétai pas, regrettant toutefois qu'il n'assistât pas  à ce grand moment de notre spectacle.066_66bis.jpg

Je dus, et ce fut pour moi une difficulté majeure, me déguiser, dans l'obscurité des coulisses, en fantôme, le plus important étant de bien positionner la cagoule confectionnée par Roro de telle sorte que les trous fussent bien en face des yeux et réciproquement. Cette opération délicate devait s'effectuer avec diligence pendant que les choristes interprétaient un début de marche nuptiale aux accents déjà funèbres, histoire de plomber plus encore l'ambiance, comme on dit. Dans la salle, pleine à craquer, on aurait entendu une mouche voler si la saison avait été plus avancée. Comme le montre la vidéo ( à voir à la fin de ce récit... si vous y arrivez), tout se déroula normalement: la "jeune mariée" démontra une fois de plus ses grands talents de tragédienne. Michou et le grand Jack me portèrent sans difficultés dans les coulisses. Toute la troupe suivit en chantant le "de profondis scorpionibus " de circonstance.

Quand j'ôtai ma cagoule ( j'en avais un peu marre, je l'avoue) je constatai à mes côtés la présence de Magret.

- Que fais-tu là putaing! Pourquoi n'es-tu pas à ta place?

Il me rappela, en douce, l'affaire du "sentimental bourreau". Comme je lui avais raconté le déroulement de notre sketch, il imagina que quelqu'un de notre troupe, mal intentionné à mon égard ( je suis le "chef", alors...), excédé par mon autoritarisme, pouvait essayer de me trucider en versant un produit toxique sur ma cagoule. Et il s'était posté en surveillance dans les coulisses.

- Tu vois qu'il ne s'est rien passé, lui dis-je.

- Oui... mais j'étais là!

(Jack a quitté la troupe après notre dernier spectacle ... Hum!)

La vidéo:

 

 

 

 

 

04/08/2013

Sentimental bourreau...

Pour mes amis de Boé si Boé la, voici une histoire autrefois écrite en trois chapitres désormais rassemblés pour plus de cohérence. Quelques corrections ont été apportées. Toute ressemblance avec des personnages que vous avez peut-être fréquentés n'est nullement dûe au hasard...


Cette année-là, Riton, le chef, avait décidé d’inscrire au programme du concert de Boé si Boé la, une chanson de Boby Lapointe, " sentimental bourreau ". Je sais; elle n’est pas facile cette chanson mais cette troupe a un grand talent reconnu au-delà de notre vaste plaine jusque dans les verts coteaux gascons.
  Tchita faisait partie de l’élite. En plus, elle était jolie,Tchita.
Elle a des yeux .Ah les beaux yeux!
Si noirs qu’ils en sont lumineux...
  ( chantait Boby Lapointe)

guillotine.jpgBébert était amoureux de Tchita et il faisait tout pour la séduire. C’était un ténor contrarié: il essayait de barytonner car ça fait plus mâle, plus macho, mais il "descendait" avec difficulté jusqu’au sol ( la note bien sûr), et encore... ! A chaque pause, il extrayait d’une poche de sa veste son harmonica diatonique en mi, s’isolait dans un coin de la scène et il jouait étoile des neiges, la valse brune... en lorgnant Tchita avec des yeux de chèvre morte ( c’est une expression que j’ai parfois entendue quand j'encadrais des colonies de vacances dans les Pyrénées et que j’utilise de façon hasardeuse car, de chèvre morte, je n’en ai jamais vue). Elle, faisait comme s’il n’existait pas et discutait avec les unes et les autres jusqu’à ce que le chef ordonnât la reprise de la répétition.
Tchita avait un penchant pour Jack; celà se voyait à sa façon de le regarder quand il faisait la seconde voix de basse sur le De Profondis Scorpionibus. Il n’avait aucun mal pour descendre jusqu’au mi, Jack. Il était grand, la moustache conquérante, le genre de gars qui trouble un peu la sérénité des chorales paroissiales à majorité féminine.
Heureusement, le chef avait de l’autorité. Il avait été instit du temps du certif, alors...

Sentimental bourreau était chanté en deuxième partie. On peut dire qu’il s’agissait d’un des moments forts du spectacle. Les chanteuses portaient une tenue de bourreau fort seyante, avec une cagoule confectionnée dans un tissu marron acheté par le trésorier. Elles l’avaient découpé avec précision afin que la bouche et les yeux fussent juste en face des trous adéquats et vice versa: il était toutefois prudent de ne pas bouger la tête trop brutalement afin d’éviter des désagréments lors des déplacements notamment.
La chanson avait fort bien débuté; elle se déroulait sur un rythme enlevé et bien soutenu par la guitare du chef quand, en plein milieu, au moment où on chante « aïe, aïe, aïe... », vous savez, une chanteuse chancela et s’effondra sur la scène. Les spectateurs, imaginant que la chanson était terminée, s’étaient levés et applaudissaient avec enthousiasme pendant qu’on transportait Monica, c’est ainsi que s’appelait notre interprète défaillante ( je n'avais aucune raison de la présenter jusqu'à cet instant précis), dans les coulisses. On imagina un évanouissement occasionné par la cagoule. Hélas, malgré un bouche à bouche prolongé pratiqué par le chef qui possédait depuis son passage à l'Ecole Normale d'Auch son diplôme de brancardier-secouriste, on dut constater l’évidence: Monica était morte!
Le présentateur du spectacle, Christobal, s’avança devant le rideau et, la gorge nouée par l’émotion, réussit à articuler:
- Mesdames et messieurs, veuillez excuser cette interruption indépendante de notre volonté...
Et dans un sanglot:
- Le spectacle continue!
Toute la troupe ( sauf Monica évidemment) revint alors pour interpréter avec beaucoup d’émotion la dernière chanson du programme: de profondis scorpionibus.

Bien entendu, on ordonna une enquête. Celle-ci fut bâclée en une petite semaine: on considéra que Monica avait été étouffée par sa cagoule sans doute trop serrée. Affaire classée.
medium_commissaire_Magret.3.jpgLe chef, Riton, d’origine gasconne, connaissait bien le commissaire Magret avec qui il avait été pensionnaire au Cours Complémentaire de Fleurance. Ils se rencontraient souvent et cultivaient leur amitié par la fréquentation de restaurants gersois que je vous recommanderai à l’occasion.
Riton raconta à son ami Mag Do ( le commissaire s'appelle Magret Dominique!) le malheur qui avait endeuillé le dernier spectacle de Boé si Boé la. Il lui montra quelques photos qu’il trimballait, depuis, dans sa sacoche. L’une d’elles attira l’attention de Magret.
-
Toutes les cagoules avaient été taillées dans le même tissu?
- Evidemment... Pourquoi cette question?
- Une d’elle est plus foncée que les autres. Est-ce Monica, la chanteuse défunte qui se trouve au milieu de la photo?
- Euh... Oui.

medium_petit_bourreau_3.2.jpg
On retrouva la cagoule parmi les accessoires. Magret fit effectuer des analyses: on détecta des traces d‘un produit extrêmement toxique dont j‘ai complètement oublié le nom!
- Putaing, dit le commissaire! Ta Monica a sûrement été assassinée! Je demande qu’on ouvre de nouveau ce dossier et que l’enquête me soit confiée.
Ce ne fut pas long. Après avoir interrogé les uns et les autres, ce fut pour lui un jeu d’enfant que de découvrir la vérité.
Il interrogea Bébert...qui avoua: pendant l’entracte, il acheta une bouteille de coca; il y rajouta un produit dont j’ai toujours complètement oublié le nom assez compliqué et renversa la mixture sur la cagoule croyant que c’était celle de Tchita. Il ne supportait plus d’être éconduit par la belle.
"
Que de folies, parfois, l’amour nous fait commettre...
Nous sommes savez-vous de bien fragiles êtres"
(moi)

.....................................................................................................................
Voilà pourquoi, si vous longez les murs de la prison d‘Agen, une nuit de pleine lune, quand souffle le vent d'autan qui nous arrive du sud, quand se sont estompés les rumeurs de la ville et les chants d'oiseaux dans les jardins publics, vous pouvez entendre depuis quelques mois les notes frêles et mélancoliques d’un harmonica en mi.

31/07/2010

buffalo bill... fin

La suite d’hier…et aussi d'avant-hier: il est préférable de lire les tois notes dans l'ordre...

 

commissaire Magret.jpg- J’ai retrouvé ton Buffalo, m’apprenait donc dimanche soir au téléphone l’ami Magdo.

Je m’assis, un tantinet intrigué, pour écouter la suite.

- Je me promenais cet après-midi sur la place de Pimpous où était organisé le vide-greniers du comité des fêtes. Un gamin y vendait des jouets dont… quelques soldats de plomb et parmi… un Buffalo Bill à cheval. Je l’ai tout de suite reconnu ton Buffalo! J’ai interrogé  le gamin en douce ( j'ai l'habitude), lui ai demandé comment il s’appelait, d’où lui venait ce cow-boy car j'imaginais qu'il ignorait son nom... Réponse, tiens-toi bien:

«  C’est mon grand-père qui me l’avait donné »

Et, comment s’appelle-t-il ton grand-père?

«  Fernand Boniface… mais il est mort l’année dernière »

Tu te rappelles, Fernand Boniface? Il était en classe de troisième quand nous sommes entrés au Cours Complémentaire? Quel enfoiré! Tu sais, je l'avais soupçonné!  Mais c'était un malin...

Je restai sans voix. Finalement, Magdo rompit notre silence :

- Je te rendrai ton Buffalo à la première occasion. Je l’ai acheté au gamin sans discuter le prix.

Je ne pus que bafouiller un merci. L’émotion, vous comprenez…

Je rappelle que Magdo devint commissaire, Robert Val, juge d'intruction et je fus éducateur. Un serment que nous avions fait pendant notre sixième. Nous avons ainsi contribué , modestement peut-être, à ce que notre société soit  plus juste, plus fraternelle, moins violente... taratatata...

 .............................................................................................................

Toute ressemblance avec des gens ayant existé, ou que vous connaîtriez, ne serait, sauf exception, qu’extraordinaire coïncidence.

30/07/2010

buffalo bill ... (2)

La suite d’hier…

Magret Dominique, Robert Val et moi-même étions internes au Cours complémentaire de Fleurance, tous trois de la même promotion. Nous y entrâmes à l’âge de 10/11 ans et nous subîmes de la part des grands, des ados de la classe de troisième, des costauds comparés à nous à peine sortis de la petite enfance, nous subîmes donc de nombreuses vexations, des bizutages imbéciles, pratiques fréquentes à cette époque. Le directeur ne voyait rien, n’entendait rien… Notre premier trimestre en classe de sixième fut une rude épreuve. Je ne raconterai pas…

Maureen_O%27Hara_Black_Swan_3.jpgHeureusement, nous nous serrions les coudes. C'est ainsi que nous apprîmes très jeunes la solidarité.

J’avais, en guise de gri-gri, caché dans ma petite valise, entre quelques serviettes et mon linge de corps de la semaine, un Buffalo Bill à cheval que je plaçais sous mon oreiller, au moment de l’extinction des feux, en veillant bien que personne du dortoir ne me surprît. Seuls, à priori, Magdo et Robert étaient au courant. La proximité de Buffalo Bill me rassurait et m’aidait à trouver le sommeil, après avoir souvent, je l’avoue, fantasmé en m’imaginant, trappeur intrépide, sauvé des indiens la ravissante Maureen O’hara. A cette époque, je n’avais pas encore fait la connaissance de Marylin Monroee. J’avais admiré  Maureen ( qu’elle veuille bien excuser cette familiarité) dans le film Buffalo Bill projeté un dimanche après-midi dans la salle de cinéma le Foyer des Campagnes…Bref.

Un soir, je constatai que ma petite valise avait été ouverte. On avait volé mon Buffalo Bill! J’en éprouvai une grande tristesse, pleurai abondamment caché dans les cabinets… Heureusement, Magdo et Robert Val me consolèrent et, même, vous me croyez si vous voulez, se cotisèrent pour m’acheter un autre Buffalo presque identique au premier. Mais ce dernier, je veux dire le premier, avait une valeur sentimentale irremplaçable.

Je conservai longtemps celui de mes deux amis…

La suite demain…( je compte en finir avec une seule troisième note, sauf imprévu)

n1qtsx.jpg

29/07/2010

buffalo bill

Ce nouveau commissaire Magret sera développé sur trois courtes notes, ou quatre selon l’inspiration. Voici donc le premier chapitre qui, en principe, devrait vous inciter à lire le second et aussi les autres tout autant captivants…

Ce dimanche soir, un coup de fil:

- Salut Riton! Comment vas-tu? J’ai une bonne nouvelle à t’annoncer…

Je reconnais la voix cordiale et enjouée de mon ami Magdo ou, si vous préférez Magret Dominique, le fameux commissaire Magret.

- Tu te maries, plaisanté-je car Magdo est un célibataire endurci qui, devenu comme moi septuagénaire n’a nullement l’intention de changer sa façon de vivre!

FP63017-63013.jpg- Tu as presque deviné! ( il se marre).Non; figure-toi que j’ai retrouvé…Buffalo Bill!

- Tu t’es promené au soleil sans ton béret, ça n‘est pas prudent! Je ne savais pas que tu recherchais Buffalo Bill sinon je t’aurais averti de sa mort il y a bien longtemps déjà. Arrête s’il te plaît de te fiche de moi sinon je repose le téléphone et reprends l’arrosage de mes tomates qui en ont grand besoin!

- Ecoute-moi ( le ton était plus calme): j’ai retrouvé ton Buffalo Bill, le soldat de plomb qu’on t’avait volé quand nous étions en sixième au cours complémentaire de Fleurance… te souviens-tu?

Bon sang, si je me souviens! Les bras m’en tombent! Heureusement que j’avais posé l’arrosoir.

Putaing… Buffalo Bill! Mon Buffalo Bill à cheval offert pour mon Noël de l’année 1949!

Bon, il faut que je vous raconte...

17/12/2009

la tête ( 3ème épisode)

800px-Palombi%C3%A8re_1.jpgLe commissaire Magret stoppa net: le chasseur de palombes est prêt à tout pour préserver son territoire et un coup de fusil en direction des intrus histoire de leur "dégourdir les jambes" n'est jamais exclu. Magret le savait.
- Je suis le commissaire Magret. Je viens pour la tête.
Il perçut des chuchotements, s'approcha, trébucha dans des fils tendus parmi les fougères, s'étala...
Un homme vint le relever:
- Entrez, monsieur le commissaire.
cabane1.jpgCela va retarder l'enquête mais je dois expliquer aux ignorants qui se sont égarés dans ce blog ce qu'est un palombière. Je comprends l'impatience des autres et leur demande de bien vouloir m'excuser.
Une palombière est une sorte de cabane plus ou moins grande qu'on trouve dans nos bois et dans laquelle, essentiellement, on mange, on boit, on se raconte des histoires de "culs" ( c'est comme cela qu'on s‘exprime ici et ailleurs), on fait la sieste... Il n'y est pas interdit de rouler une cigarette, bourrer une pipe. C’est ce qu’on appelle « un espace de liberté ». De temps en temps, on tire sur un vol de palombes qui a eu la malheureuse idée de se poser sur les chênes autour. Car la palombe adore le gland.
L'intérieur est fort bien aménagé et confortable: l'électricité permet l'installation du frigo ( des glaçons pour le pernod, c'est mieux), d'un poste de télé, mais oui...
Et l'enquête...où en est-elle l'enquête?
- Avez-vous vu la tête, demanda Magret?
- Oui, dit le plus rouge des trois ( car ils étaient trois). C'est même Arthur qui a averti la gendarmerie de Barbotan*; n'est-ce pas Arthur?
- Oui, confirma Arthur, un jeune costaud.
- Et le corps, Arthur, vous n'avez pas une idée de l'endroit où...
- Non, trancha Arthur. Si je savais...
Le commissaire prit son carnet, nota quelques détails importants, releva l'identité des trois chasseurs, leur adresse…

Il rejoignit sa 4 CV et repartit à Auch. Inutile de vous dire qu’il avait déjà, sous son béret, une petite idée.

*Barbotan se trouve à côté de Gabarret; on peut y faire des cures… de magrets de canards, de foie gras, de cèpes et , éventuellement, de bains de boue contre le rhumatisme.

15/12/2009

la tête ( 2ème épisode)


commissaire Magret.jpgLa tête ayant été identifiée, on pouvait considérer sans trop s'avancer que l'enquête irait à grand pas ( oui, je sais…).
- Etait-il croyant, demanda le commissaire à la veuve?
- Non, hélas, dit-elle en sanglotant. Mais je prévois des obsèques religieuses afin qu'il ait toutes ses chances. Mais...pourquoi cette question?

C’était en effet une question, à priori, inopinée.
- Ses yeux étaient levés vers le ciel, comme ça, dit le commissaire en imitant le mort.
- Mon Dieu, dit la dame effrayée!
- Je ne vous le fais pas dire, et il nota quelque chose d'important sur son carnet.
Il fallait, maintenant, retrouver le corps.
- Il n'a sûrement pas été très loin, pensa le commissaire.

C’est vrai qu’un corps sans tête ça ne court pas longtemps les bois.
Il quitta Auch à bord de sa 4CV et prit la direction de Gabarret. Disons, pour être précis qu'à bisto de nas* il y avait environ une quarantaine ou plus de kilomètres à faire plus ou moins.  Il introduisit dans le lecteur une cassette du quartet " Plein jazz" ( quartête , pensa-t-il, et il se mit à rire), cassette sur laquelle son copain avait enregistré au cours d'une répétition " au bois de mon coeur", son morceau préféré…
podcast

Deux heures plus tard, il se garait, chaussait ses bottes et empruntait  le sentier qui devait le conduire vers la souche sur laquelle on avait découvert la tête de Ferdinand, tête qu'on avait pris la précaution de mettre dans une caisse vide de Madiran déposée au frais à l’hôpital d’Auch afin que les oiseaux et autres bestioles ne jouent pas avec.
Chemin faisant, il se mit à fredonner, sur l'air de "nous n'irons plus au bois":
trouver un corps sans tête
coyez-moi c'est pas chouette...
mais une têt' sans corps
alors ça c'est plus fort!

Puis de plus en plus fort:
Trouver...etc
TA GUEULE... PUTAING!
Il n'avait pas vu qu'il se trouvait tout près de la palombière!

* « à bisto de nas » : au pifomètre si vous préférez

13/12/2009

la tête ( 1er épisode)

 

Avertissement: je conseille aux lecteurs et lectrices trop sensibles de ne pas lire cette note (déjà publiée l’année dernière) le soir et dégage toute responsabilité quant aux cauchemars qu'elle pourrait provoquer...

…………………………………………………..................................

A la une de nos quotidiens régionaux d’un jour incertain d’un début d’automne des années 60:

LA TETE DU BOIS DE GABARRET*...ACCIDENT? MEURTRE? SUICIDE? L'ENQUETE PIETINE
la tête.jpgEn effet, un chercheur de champignons était, deux ou trois jours avant la parution de l‘article, tombé quasiment nez à nez avec cette tête, posée sur une haute et large souche. Il crut à une plaisanterie, imaginant que le reste du corps était caché derrière.

« Encore une gasconnerie, murmura-t-il »

Il contourna tout de même la souche prudemment: RIEN! Le reste du corps, disparu!
PUTAIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIING! hurla-t-il, courant à toutes jambes à travers les fougères, épouvantant le vol de palombes qui allait se poser à proximité sur les grands chênes ce qui entraîna les vociférations des chasseurs qui les attendaient de pieds fermes dans la palombière d'à côté.
TA GUEUUUUUUUUUUUUUUUUULE CO................................................!
Bref; passons sur les détails.
L'enquête fut évidemment confiée à mon ami le commissaire Magret ( Mag Do pour les intimes car son prénom est Dominique). Si cet homme n'avait pas la prestance de son ancêtre Antoine Mégret D'Etigny bien qu'il portât fièrement le béret, il était comme lui d'une intelligence exceptionnelle et d'une perspicacité qui faisait l'admiration de ses supérieurs. C'était un malin gascon ( excusez le pléonasme)... Mais, revenons à l'essentiel.
La tête appartenait à un chercheur de champignons car on trouva, à côté de la souche un panier plein de trompettes de la mort.
Voilà qui était prémonitoire, pensa le commissaire.
Un indice, peut-être, qu'il nota sur son carnet.
La photo qui parut dans la presse permit une identification assez rapide du décapité. Une dame en état de presbytie avancée et mal corrigée, crut reconnaître son mari lequel avait quitté le domicile conjugal depuis de nombreuses années. Mais ce n'était pas lui.
trompette.jpgCelle qui vint dans le bureau du commissaire le lendemain était plus crédible et fort agréable à regarder: elle fit une description très précise du visage de Ferdinand son époux qui en effet était parti cueillir des champignons trois jours avant et, bien sûr, n'était pas revenu à la maison...Magret lui demanda force détails pas très utiles à priori. Mais, l'enquête avançait… d’ailleurs nous la laisserons avancer tout au long de cette semaine qui s’annonce froide comme vous le savez. Nous ne sommes pas pressés. Peut-être cette affaire sera-t-elle élucidée avant les prochaines fêtes…

* Gabarret est une bourgade landaise où Roro passa une partie de son enfance studieuse puisqu'elle y obtint son certif, première du canton, ce qui n'était pas rien à cette époque lointaine.

03/12/2009

le noyé du pont de la Treille "fin"

   commissaire Magret.jpg  Voilà Robert, c’est tout ce que je sais. Le curé, d’après le toubib, est mort d’un infarctus. Les déclarations, pardon, les confessions de la dame, une de ses plus fidèles paroissiennes, ont provoqué sûrement sa mort.
- Peut-être Magret, peut-être, mais... quelles confessions?

Magret et le juge Robert Val partageaient une amitié sincère depuis leur scolarité au lycée d’Auch. Ils aimaient travailler ensemble et leurs rencontres fréquentes en tête à tête dans le bureau du juge, comme ce soir, leur permettait de faire avancer bon nombre de dossiers délicats... comme cette affaire du pont de la Treille où on avait trouvé le noyé supposé assassiné.
tour d'armagnac.jpg- Toujours fameux ton vieil armagnac de chez Sempé... Je soupçonne ce Fausto, le mari de Sylvia, d’être un espion pour le compte du Vatican. C’est certainement lui qui s’est introduit récemment dans la Tour d’Armagnac afin d’y dérober des documents compromettants pour le Saint Siège. Car il s’en est passé des choses, autrefois, dans cette ancienne prison épiscopale!. Et ce mot retrouvé dans une des  poches du mort disant que « les voies du seigneur ne sont plus impénétrables »  serait-il une avancée vers des vérités pas jolies jolies à révéler au grand public ?
- Cette affaire, Magret, dépasse largement nos compétences. Nous devrions laisser ce dossier aux bons soins des services secrets.
- Tu as raison, Robert. Tu permets?... Allo, allo... *Toulouse 0031? Ici Magret…Bonsoir... Comment vas-tu?... J’ai une affaire pour toi... Non, ce n’est pas urgent... bla bla bla...
Et voilà. Le commissaire Magret va pouvoir prendre , enfin, un peu de repos.

.................................................................................................................

Je devine la déception, le désarroi peut-être de mes nombreux lecteurs : toute une semaine d’enquête pour en arriver à cette soi-disant conclusion, à cette fin « e n jus de boudin » ! Mais je ne pouvais tout de même pas inventer !

«  La vérité est dans l’imaginaire » disait Ionesco.

Je vous laisse donc le soin de conclure à votre façon et selon vos convictions philosophiques, religieuses...

02/12/2009

le noyé du pont de la treille ( suite)

commissaire Magret.jpgLe commissaire Magret traversa la place en empruntant les passages pour piétons sans perdre de vue la dame en rose qui se faufilait entre les voitures et se dirigeait d’un pas décidé vers l’entrée de la cathédrale Sainte Marie…
- Tiens, tiens ..., pensa-t-il machinalement.
Elle entra sans hésiter dans l’édifice. Magret attendit un peu puis il s’introduisit à son tour, fit quelques pas feutrés vers la verrière dite du
purgatoire ( celle où on voit que le péché est entré dans le monde, hélas; mais à qui la faute?) et resta immobile dans la pénombre.
Sylvia... ( elle se prénomme ainsi, vous ne le saviez pas et moi non plus jusqu’à cet instant précis), donc Sylvia s’était agenouillée tout à fait devant et semblait prier ce qui n’était pas suspect à priori étant donné le lieu. Un curé apparut, venant, je suppose, de la sacristie. Il fit un petit signe à la dame en rose qui le suivit jusqu’à un confessionnal.
- Tiens, tiens..., se dit de nouveau Magret. Aurait-elle quelque chose à déclarer?
Il aurait du penser « à confesser » mais il était professionnel jusque dans ses pensées les plus intimes.
Il se glissa sans bruit jusqu’à un pilier qui se trouvait fort à propos à proximité du confessionnal. Il retint son souffle pour écouter. Je devine déjà votre indignation, je la comprends même mais si vous contestez cette façon de procéder mon histoire est fichue ( ça n’est déjà pas facile!).
Je vous rassure; il n’entendit que des chuchotements et, tout à coup:
- Mon Dieu... Est-ce possible... Oh!
...et comme un bruit de chute dans le confessionnal!
Sylvia en sortit précipitamment, passa pas très loin du commissaire sans le remarquer et sortit dare dare de la cathédrale.
Magret attendit un peu: le prêtre n’apparaissant pas, il alla prestement ouvrir la porte du confessionnal. Une masse sombre vint heurter ses jambes: l’homme était manifestement occis!....

( la suite, plus tard)

Pour visiter la cathédrale:

http://gersicotation.canalblog.com/archives/2008/05/31/93...

 

01/12/2009

le noyé du pont de la Treille... suite

Laissons le commissaire Magret en pleine action de filature de la dame en rose, filature assez agréable ma foi ( nous allons atteindre bientôt la magnifique cathédrale d'Auch)... Au point où nous en sommes, une pause chez une amie gersoise s'impose: celà permettra au lecteur assidu de répèrer les lieux de l'action pendant que le narrateur prépare ses instruments pour une nouvelle répétition. Impossible cette semaine  de rendre visite aux amis ... pas le temps!

http://gersicotation.canalblog.com/archives/2009/07/09/14...

 

30/11/2009

le noyé du pont de la Treille (suite)

magret.jpgCe lundi après-midi, le commissaire Magret décida de s'offrir un peu de repos après son escapade dans le pays basque. Nos amis communs en résidence à Anglet l’avaient, comme chaque fois, reçu de fort belle manière: les repas de Maïté accompagnés des vins de la cave de Raymond nécessitent, au retour, une période de diète permettant à l’organisme de se refaire une santé. Il avait donc, ce lundi, frugalement déjeuné ( ici, en Gascogne, on dit le diner à midi mais comme j'écris pour un vaste public, j'utilise le mot adéquat afin que tout le monde comprenne...), donc, il avait frugalement déjeuné d'un confit de canard arrosé d'un ballon de madiran et d'une portion de fromage de chèvre de la ferme Lou Caoubé située à Pimpous, village gascon de moyenne altitude. Il s'était installé au soleil, sur un banc des Allées Mégret d'Etigny, son illustre ancêtre, disait-il, mais sans en apporter la moindre preuve…
Il avait ouvert la Dépêche du Midi à la page des faits divers, sa préférée, et son intérêt s'était porté sur un court article disant à peu près ceci:
- On n'a toujours pas tiré au clair cette affaire de noyé-assassiné ou d'assassiné- noyé ( Magret apprécia la nuance) retrouvé sous le pont de la Treille il y a quelques jours. L'enquête, pourtant confiée à l'illustre Commissaire Magret, piétine.
- Je voudrais les y voir, ne put s'empêcher de grommeler l'illustre!

( A ce point de l'histoire, il est utile de vous reporter à ma note plus ou moins précédente, rubrique Magret, sinon vous courez le risque de ne rien comprendre à ce qui va suivre).
Il leva les yeux de son canard au moment où passait à deux ou trois mètres devant lui, assez légèrement vêtue pour cette fin de mois de novembre d’une robe de percaline rose qu’une délicate brise pyrénéenne soulevait par trop courts moments juste au-dessus des genoux, une très séduisante brune qui paraissait très préoccupée; d’ailleurs elle ne prêta aucune attention au commissaire qui pourtant la dévisageait avec beaucoup d'insistance.
- Tiens, tiens …la dame du 99 de la rue de la pousterle des Houmettous. Elle porte gracieusement le deuil de son mari! Et, diou biban, quel parfum! Magret avait un flair extraordinaire.

Quand elle fut passée, il plia son journal, le glissa dans une poche de sa gabardine beige, remit son béret d'une main preste en le calant d'abord à l'arrière du crâne, puis il tira le feutre noir vers l'avant et le pinça entre le pouce et l'index pour faire comme une pointe. C'était sa façon à lui de porter ce couvre-chef qu'il préférait aux chapeaux des policiers parisiens qu'on voit au cinéma. Il était gascon et fier de l'être, tout en conservant une certaine modestie qu'appréciaient tant ses supérieurs que ses subalternes. Voilà qui méritait d'être dit même si c'est assez inutile...
Il entreprit donc de "filer" la belle qui descendait déjà prestement les marches des allées vers la place de la Libération.

( la suite ... un jour prochain)

26/11/2009

le noyé du pont de la Treille

J’avais écrit l’année dernière cette première enquête du commissaire Magret. Le nombre considérable (!) de nouveaux lecteurs m’oblige à une nouvelle diffusion. Pour mon plaisir personnel mais aussi par respects pour les anciens dont certains ont une mémoire d’éléphants j’ai apporté quelques modifications.

…………………………………………………..................................

magret.jpgUn dimanche matin, à l'heure où sonnaient à toute volée les cloches de la Cathédrale Sainte-Marie au risque de détériorer plus encore l'escalier monumental et de faire culbuter la statue de d'Artagnan, mon ami le commissaire Magret gara sa 4 CV sur un parking en bordure du Gers.
Il ouvrit précautionneusement sa portière à cause du vent assez violent qui arrivait de face et du plateau de Lannemezan.
- Ce n'est pas le moment de « me l'échapper » comme l'autre jour, pensa-t-il.
Car la réparation lui avait coûté assez cher! Il n'était en effet assuré qu'au tiers car sa cacugne était vieille et ça ne valait pas le coup, pensait-il jusque là, de prendre un contrat tous risques fort onéreux comme chacun sait. Il avait un peu regretté cette décision, mais, trop tard…

En plus, un vélo arrivait derrière et le vieux cycliste qui revenait du marché de la Patte d’Oie, un panier plein sur le porte-bagage de devant, un autre sur celui de derrière, n’avait pas eu le réflexe de l’éviter et s'était retrouvé à l'hosto! Cela lui avait causé des soucis… Bref.
Le commissaire descendit avec difficulté car il n'était plus très jeune lui non plus. Il aurait pu faire valoir ses droits à la retraite depuis déjà 4 ou 5 ans mais il avait peur de s'emmerder et il espérait "travailler" jusqu'à l'âge maximum, c'est à dire 70 ans. Malgré notre vieille amitié, on s’engueulait souvent sur ce sujet. De toute façon , disait-il, le coin était calme: le gascon, s'il est soupe au lait et fier, ne se laisse pas entraîner dans la délinquance sauf s'il est obligé. C'est surtout l'été qu'on peut craindre des actes de malveillance, quand les gens du nord ( au-dessus de Bordeaux) viennent en masse danser la country à Mirande et écouter du jazz à Marciac. Ils ne supportent pas le pousse-rapière et ne savent pas déguster l’armagnac. Ils boivent…
- Putain de rivière, grommela le commissaire.
pon-treill.jpgOn avait en effet retrouvé, au petit matin, dans l'eau boueuse ( il pleuvait des cordes depuis quelques jours), échoué sous le pont de la Treille, le cadavre d'un homme qu'on avait identifié.
Le commissaire se dirigea vers la rue la pousterle des Houmettos. Pas de chance, le N° 99 où il devait se rendre était tout en haut!
( une pousterle est, à Auch, une rue très pentue et très étroite).
- J'aurais mieux fait de me garer sur la place de la cathédrale, re-grommela-t-il.
Il entreprit péniblement l'ascension, arriva tout essoufflé devant le N°99. Il attendit un peu afin de reprendre son souffle, sonna. Une dame au peignoir rose ouvrit:
pousterle des houmettos.jpg- Mon dieu, dit-elle; qu'est-ce donc? ( hum, hum...pensa le commissaire)
-
On a assassiné votre mari!
- Robert?...mais ce n'est pas possible!
- Qu'est-ce que vous pariez!

Voilà, je n'en dis pas plus. L'enquête est en cours et vous comprenez que je dois préserver le secret de l'instruction. Attendons patiemment le prochain épisode...

 

 

14/11/2009

malaise...fin

blues clarinette....jpg

Hier, un coup de fil:

 

- Salut l’artiste ( c’était la voix de Magret)! J’ai résolu ton problème de malaise. Tu fiches à la poubelle les anches que ton contrebassiste t’a achetées…

- Mais, Mag Do, fichtre de bigre… pourquoi ???

- Elles sont imprégnées d’amatoxines m’a dit le labo qui a analysé l’anche que tu m’avais confiée. J’ai téléphoné à notre ancien copain du cours complémentaire de Fleurance, le professeur Bedré…. tu te rappelles…il était très fort en sciences nat, bref…Il m’a dit qu’on trouvait ce poison dans les anamites phalloïdes.

- Les aMAnites, Mag Do!

- Si tu veux. A très faible dose, ça n’est pas dangereux. Je soupçonne ton Didier d’avoir fait le coup*: il ne supportait pas de voir sa Linda te « bader » quand tu exécutais tes brillantes improvisations… Un jaloux! Veux-tu porter plainte?

- Diou biban de macarel! … ( je suis interloqué!)… ( je réfléchis)… Non, Mag Do. Je te tiens au courant. Mais, putaing, tu es le meilleur! Merci…

J’appelai Didier:

- J’ai réfléchi l’ami: ta copine Linda chante fort bien, certes, mais elle ne convient pas à notre orchestre. Son répertoire est trop différent…

- C’est ce que je pensais aussi… J’ai trouvé des champignons ce matin. Je comptais t’en apporter quelques uns?

- Avec plaisir: nous les mangerons ensemble ce soir. Je sortirai un confit de canard et un bouteille de madiran argile rouge; ça te va?

- Evidemment…tu devrais jeter les anches que je t’ai ramenées de Toulouse; je trouve qu’elles ont un son médiocre.

- C’est déjà fait; à tout à l’heure!

…………………………………………………..............................................

*Je n’ai pas insisté sur la partie scientifique de cette histoire laissant au lecteur le soin d’imaginer comment Didier avait procédé pour rendre les anches modérément toxiques. Ne me reprocherait on pas, ne m’accuserait on pas de donner des informations dont on pourrait dénoncer le caractère pernicieux.

 

13/11/2009

malaise...suite

commissaire Magret.jpgMag Do ne voulut pas que je rentre à Boé et m’invita à passer la nuit chez lui, à Auch. J’y dormis profondément après avoir dégusté un vieil armagnac de la maison Sempé et de derrière les fagots. Le lendemain, mon malaise de la veille n’était qu’un lointain souvenir et , comme je me levai assez tard, c’est volontiers que j’acceptai de prolonger mon séjour chez mon ami surtout après qu’il m’eut dit que nous partagerions, en toute simplicité, un confit de canard accompagné de cèpes qu’il sortit dare dare du congélateur. Le tout arrosé d’un Madiran Montus Bouscassé 2oo2; ça ne se refuse pas.

Pendant que nous buvions le traditionnel  pousse-rapière, il me dit:

- Il te faut sans doute beaucoup de souffle pour jouer de la clarinette pendant toute une soirée, non?

- L’habitude Mag Do, l’habitude… Tiens, veux-tu essayer?

anche.jpgJ’allai chercher l’instrument, emboîtai les divers éléments, fixai l’anche précautionneusement sur le bec.

- Tu le places comme ceci, tu serres bien avec les lèvres… souffle, vas-y!

Mais il sortit le bec de sa bouche, fit la grimace et me dit:

- Il a un drôle de goût ton bout de bois!

- Ce sont de nouvelles anches que Didier m’a achetées à Toulouse dernièrement; on ne trouve pas cette marque à Agen. Elles sont américaines. Tu as raison; elles ont en effet un goût bizarre, de moisi. J’avais remarqué.

IMG_1216.JPG- Didier; c’est le contrebassiste? La chanteuse… c’est sa copine?

- Oui; c’est lui qui nous l’a présentée il y a peu de temps. Pas mal, non?

- Je l’ai observée; quand tu joues, elle a l’air comme fascinée!

- Tu veux rire Mag Do!

- Ton Didier, par contre, ne semble pas apprécier son attitude…Peux-tu me prêter une …anche?

Bof, une lubie, une curiosité de commissaire de police, pensai-je. Pourquoi le contrarier…

Et nous nous mîmes à table.

 
Accueil Blog50 | Créez gratuitement votre blog | Avec notretemps.com | Toute l'info retraite | Internet facile | Vos droits | Votre argent | Loisirs | Famille Maison | Cuisine | Jeux | Services | Boutique