17.03.2010

Sentimental bourreau... fin

Suite d'hier et d'avant hier...

Bien entendu, on ordonna une enquête. Celle-ci fut bâclée en une petite semaine: on considéra que Rosita avait été étouffée par sa cagoule sans doute trop serrée. Affaire classée.
medium_commissaire_Magret.3.jpgLe chef, Riton, d’origine gasconne, connaissait bien le commissaire Magret avec qui il avait été pensionnaire au Cours Complémentaire de Fleurance. Ils se rencontraient souvent et cultivaient leur amitié par la fréquentation de restaurants gersois que je vous recommanderai à l’occasion.
Riton raconta à son ami le malheur qui avait endeuillé le dernier spectacle de Boé si Boé la. Il lui montra quelques photos qu’il trimballait, depuis, dans sa sacoche. L’une d’elles attira l’attention de Magret.
-
Toutes les cagoules avaient été taillées dans le même tissu?
- Evidemment... Pourquoi cette question?
- Une d’elle est plus foncée que les autres. Est-ce Rosita, la chanteuse qui se trouve au milieu de la photo?
- Euh... Oui.

medium_petit_bourreau_3.2.jpg
On retrouva la cagoule parmi les accessoires. Magret fit effectuer des analyses: on détecta des traces d‘un produit extrêmement toxique dont j‘ai complètement oublié le nom!
- Putaing, dit le commissaire! Ta Rosita a sûrement été assassinée! Je demande qu’on ouvre de nouveau ce dossier et que l’enquête me soit confiée.
Ce ne fut pas long. Après avoir interrogé les uns et les autres, ce fut pour lui un jeu d’enfant que de découvrir la vérité.
Bébert avoua: pendant l’entracte, il acheta une bouteille de coca; il y rajouta un produit dont j’ai complètement oublié le nom assez compliqué et renversa la mixture sur la cagoule croyant que c’était celle de Tchita. Il ne supportait plus d’être éconduit par la belle.
"
Que de folies, parfois, l’amour nous fait commettre...
Nous sommes savez-vous de bien fragiles êtres"
(moi)

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Voilà pourquoi, si vous longez les murs de la prison d‘Agen, une nuit de pleine lune, quand souffle le vent d'autan qui nous arrive du sud, quand se sont estompés les rumeurs de la ville et les chants d'oiseaux dans les jardins publics, vous pouvez entendre depuis quelques mois les notes frêles et mélancoliques d’une flûte irlandaise, la petite, en fa.

Rendez-vous au prochain spectacle de Boé si Boé la, le samedi 10 avril.

16.03.2010

Sentimental bourreau... suite d'hier

( suite d'hier...)

Le soir de la représentation arriva.


Découvrez Boby Lapointe!



Cliquer sur le petit triangle blanc...
Il était une fois
Un beau petit bourreau
Pas plus grand que trois noix
Et pas beaucoup plus gros
Des hautes et basses OEuvres
Etait exécuteur
Et pour les basses OEuvres
Etait à la hauteur
N'avait jamais de trêve
Et jamais de repos
Et en place de grève
Il faisait son boulot

Pourtant couper des têtes,
Disait-il, ça m'embête
C'est un truc idiot
Ça salit mon billot
Pour nourrir ma vieille mère
Je saigne Paul ou Pierre
D'un geste un peu brutal
Mais sans penser à mal
Sentimental bourreau
Aïe, aïe, aïe,... aïe, aïe, aïe,...

Un soir de sa fenêtre
La femme du fossoyeur
Héla l'homme des têtes
Et lui ouvrit son cœur
Depuis longtemps sevrée
De transports amoureux
A vous veux me livrer
O bourreau vigoureux!
Je vous lance une corde
Du haut de mon balcon
Grimpez-y c'est un ordre
Allons exécution!

A partager sa couche
La belle l'invita
En quelques coups de hache
Il la lui débita
L'époux au bruit du bris
Survint un peu inquiet
Il partagea l'mari
Pour garder sa moitié
Comme la dame inquiète
Suggérait : " Taillons-nous ".
Il lui coupa la tête
Et se trancha le cou

Prince prenez grand soin
De la doulce Isabeau
Qu'elle n'ait oncques besoin
D'un petit bourreau beau.

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Sentimental bourreau était chanté en deuxième partie. On peut dire qu’il s’agissait d’un des moments forts du spectacle. Les chanteuses portaient une tenue de bourreau fort seyante, avec une cagoule confectionnée dans un tissu marron acheté par le trésorier. Elles l’avaient découpé avec précision afin que la bouche et les yeux soient juste en face des trous adéquats: il était toutefois prudent de ne pas bouger la tête trop brutalement afin d’éviter des désagréments lors des déplacements notamment.
medium_petit_bourreau_2.JPG
La chanson avait fort bien débuté; elle se déroulait sur un rythme enlevé et bien soutenu par la guitare du chef quand, en plein milieu, au moment où on chante « aïe, aïe, aïe... », vous savez, une chanteuse chancela et s’effondra sur la scène. Les spectateurs, imaginant que la chanson était terminée, s’étaient levés et applaudissaient avec enthousiasme pendant qu’on transportait Rosita, c’est ainsi que s’appelait notre interprète défaillante ( je n'avais aucune raison de la présenter jusqu'à cet instant précis), dans les coulisses. On pensa à un évanouissement occasionné par la cagoule. Hélas, malgré un bouche à bouche prolongé pratiqué par le chef qui possédait depuis son passage à l'Ecole Normale d'Auch son diplôme de brancardier-secouriste, on dut constater l’évidence: Rosita était morte!
Le présentateur du spectacle, Christobal, s’avança devant le rideau et, la gorge nouée par l’émotion, réussit à articuler:
- Mesdames et messieurs, veuillez excuser cette interruption indépendante de notre volonté...
Et dans un sanglot:
- Le spectacle continue!
Toute la troupe ( sauf Rosita évidemment) revint alors pour interpréter avec beaucoup d’émotion la dernière chanson du programme: de profondis scorpionibus.


( suite et fin demain)

15.03.2010

Sentimental bourreau...

medium_guillotine.2.jpg
N'ayant pas trop de temps actuellement, je publie une nouvelle fois, en modifiant quelques petites choses, ma note de l'an passé.


Cette année-là, Riton, le chef, avait décidé d’inscrire au programme du concert de Boé si Boé la, une chanson de Boby Lapointe, " sentimental bourreau ". Je sais; elle n’est pas facile mais il y a dans cette troupe des chanteurs et chanteuses de grand talent.
Tchita faisait partie de l’élite. En plus, elle était jolie,Tchita.
Elle a des yeux .Ah les beaux yeux!
Si noirs qu’ils en sont lumineux...
  ( autre chanson de Boby Lapointe)
Bébert était amoureux de Tchita et il faisait tout pour la séduire. C’était un ténor contrarié: il essayait de barytonner car ça fait plus mâle, plus macho, mais il "descendait" avec difficulté jusqu’au sol ( la note bien sûr), et encore... ! A chaque pause, il extrayait d’une poche de sa veste une petite flûte irlandaise, celle qui est en « fa » vous savez, s’isolait dans un coin de la scène et il jouait étoile des neiges, la valse brune... en lorgnant Tchita avec des yeux de chèvre morte ( c’est une expression que j’ai parfois entendue quand j'encadrais des colonies de vacances dans les Pyrénées et que j’utilise de façon hasardeuse car, de chèvre morte, je n’en ai jamais vue). Elle, faisait comme s’il n’existait pas et discutait avec les unes et les autres jusqu’à ce que le chef ordonne la reprise de la répétition.
Tchita avait un penchant pour Jack; celà se voyait à sa façon de le regarder quand il faisait la seconde voix sur le De Profondis Scorpionibus. Il n’avait aucun mal pour descendre jusqu’au mi, Jack. Il était grand, la moustache conquérante, le genre de gars qui trouble un peu la sérénité des chorales paroissiales à majorité féminine.
Heureusement, le chef avait de l’autorité, même s'il ne portait plus de cravate depuis longtemps déjà. Il avait été instit, alors...


( la suite demain)


Découvrez Boby Lapointe!





Elle a des yeux. Ah, les beaux yeux
Si noirs qu'ils en sont lumineux
Elle a des yeux. Ah, les beaux yeux
Coquins coquins et merveilleux
Elle a des yeux. Ah, les beaux yeux
Immenses et pourtant malicieux
A faire damner tous les saints du Bon Dieu.
Ses yeux.
Refrain :

C'est Tchita la créole
Elle m'obsède elle m'affole
Elle me fait du charme
Elle m'affole; elle m'alarme
Pourtant quand j'la rencontre
J'dois paraître, j'en ai honte
Pas assez énervé,
Elle m'offre du café
Tchita si, Tchita là, Tchita, Tchita, Tchita boum (bis)

Elle a des pieds. Ah, les beaux pieds
A faire rêver un savetier
Elle a des pieds. Ah, les beaux pieds
A faire rêver un financier
Elle a des pieds. Ah, les beaux pieds
A faire rêver le monde entier
Sûr qu'z'ont bien chacun cinq ou six jolis doigts
De pieds.
Refrain

Elle a aussi une caf'tière
Mais alors là quelle cafetière
Oh ! Par exemple quelle cafetière
Pour une caf'tière c'est une caf'tière
C'est une énorme cafetière
Qui la cache toute entière
Et on ne voit pas comment qu'elle est derrière
Tchita


Le petit qui a fait l'affiche
Pour sûr, lui il s'en fiche
Té ! On lui a dit "fais
Une affiche pour l'café
Peins une grosse cafetière
Et tout petit derrière
Un'pin up qui la tient
... Et le petit l'a peint !
Tchita çi ! Tchita là ! Tchita, Tchita, Tchita boum ! (bis)

17.12.2009

la tête ( 3ème épisode)

800px-Palombi%C3%A8re_1.jpgLe commissaire Magret stoppa net: le chasseur de palombes est prêt à tout pour préserver son territoire et un coup de fusil en direction des intrus histoire de leur "dégourdir les jambes" n'est jamais exclu. Magret le savait.
- Je suis le commissaire Magret. Je viens pour la tête.
Il perçut des chuchotements, s'approcha, trébucha dans des fils tendus parmi les fougères, s'étala...
Un homme vint le relever:
- Entrez, monsieur le commissaire.
cabane1.jpgCela va retarder l'enquête mais je dois expliquer aux ignorants qui se sont égarés dans ce blog ce qu'est un palombière. Je comprends l'impatience des autres et leur demande de bien vouloir m'excuser.
Une palombière est une sorte de cabane plus ou moins grande qu'on trouve dans nos bois et dans laquelle, essentiellement, on mange, on boit, on se raconte des histoires de "culs" ( c'est comme cela qu'on s‘exprime ici et ailleurs), on fait la sieste... Il n'y est pas interdit de rouler une cigarette, bourrer une pipe. C’est ce qu’on appelle « un espace de liberté ». De temps en temps, on tire sur un vol de palombes qui a eu la malheureuse idée de se poser sur les chênes autour. Car la palombe adore le gland.
L'intérieur est fort bien aménagé et confortable: l'électricité permet l'installation du frigo ( des glaçons pour le pernod, c'est mieux), d'un poste de télé, mais oui...
Et l'enquête...où en est-elle l'enquête?
- Avez-vous vu la tête, demanda Magret?
- Oui, dit le plus rouge des trois ( car ils étaient trois). C'est même Arthur qui a averti la gendarmerie de Barbotan*; n'est-ce pas Arthur?
- Oui, confirma Arthur, un jeune costaud.
- Et le corps, Arthur, vous n'avez pas une idée de l'endroit où...
- Non, trancha Arthur. Si je savais...
Le commissaire prit son carnet, nota quelques détails importants, releva l'identité des trois chasseurs, leur adresse…

Il rejoignit sa 4 CV et repartit à Auch. Inutile de vous dire qu’il avait déjà, sous son béret, une petite idée.

*Barbotan se trouve à côté de Gabarret; on peut y faire des cures… de magrets de canards, de foie gras, de cèpes et , éventuellement, de bains de boue contre le rhumatisme.

15.12.2009

la tête ( 2ème épisode)


commissaire Magret.jpgLa tête ayant été identifiée, on pouvait considérer sans trop s'avancer que l'enquête irait à grand pas ( oui, je sais…).
- Etait-il croyant, demanda le commissaire à la veuve?
- Non, hélas, dit-elle en sanglotant. Mais je prévois des obsèques religieuses afin qu'il ait toutes ses chances. Mais...pourquoi cette question?

C’était en effet une question, à priori, inopinée.
- Ses yeux étaient levés vers le ciel, comme ça, dit le commissaire en imitant le mort.
- Mon Dieu, dit la dame effrayée!
- Je ne vous le fais pas dire, et il nota quelque chose d'important sur son carnet.
Il fallait, maintenant, retrouver le corps.
- Il n'a sûrement pas été très loin, pensa le commissaire.

C’est vrai qu’un corps sans tête ça ne court pas longtemps les bois.
Il quitta Auch à bord de sa 4CV et prit la direction de Gabarret. Disons, pour être précis qu'à bisto de nas* il y avait environ une quarantaine ou plus de kilomètres à faire plus ou moins.  Il introduisit dans le lecteur une cassette du quartet " Plein jazz" ( quartête , pensa-t-il, et il se mit à rire), cassette sur laquelle son copain avait enregistré au cours d'une répétition " au bois de mon coeur", son morceau préféré…
podcast

Deux heures plus tard, il se garait, chaussait ses bottes et empruntait  le sentier qui devait le conduire vers la souche sur laquelle on avait découvert la tête de Ferdinand, tête qu'on avait pris la précaution de mettre dans une caisse vide de Madiran déposée au frais à l’hôpital d’Auch afin que les oiseaux et autres bestioles ne jouent pas avec.
Chemin faisant, il se mit à fredonner, sur l'air de "nous n'irons plus au bois":
trouver un corps sans tête
coyez-moi c'est pas chouette...
mais une têt' sans corps
alors ça c'est plus fort!

Puis de plus en plus fort:
Trouver...etc
TA GUEULE... PUTAING!
Il n'avait pas vu qu'il se trouvait tout près de la palombière!

* « à bisto de nas » : au pifomètre si vous préférez

13.12.2009

la tête ( 1er épisode)

 

Avertissement: je conseille aux lecteurs et lectrices trop sensibles de ne pas lire cette note (déjà publiée l’année dernière) le soir et dégage toute responsabilité quant aux cauchemars qu'elle pourrait provoquer...

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A la une de nos quotidiens régionaux d’un jour incertain d’un début d’automne des années 60:

LA TETE DU BOIS DE GABARRET*...ACCIDENT? MEURTRE? SUICIDE? L'ENQUETE PIETINE
la tête.jpgEn effet, un chercheur de champignons était, deux ou trois jours avant la parution de l‘article, tombé quasiment nez à nez avec cette tête, posée sur une haute et large souche. Il crut à une plaisanterie, imaginant que le reste du corps était caché derrière.

« Encore une gasconnerie, murmura-t-il »

Il contourna tout de même la souche prudemment: RIEN! Le reste du corps, disparu!
PUTAIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIING! hurla-t-il, courant à toutes jambes à travers les fougères, épouvantant le vol de palombes qui allait se poser à proximité sur les grands chênes ce qui entraîna les vociférations des chasseurs qui les attendaient de pieds fermes dans la palombière d'à côté.
TA GUEUUUUUUUUUUUUUUUUULE CO................................................!
Bref; passons sur les détails.
L'enquête fut évidemment confiée à mon ami le commissaire Magret ( Mag Do pour les intimes car son prénom est Dominique). Si cet homme n'avait pas la prestance de son ancêtre Antoine Mégret D'Etigny bien qu'il portât fièrement le béret, il était comme lui d'une intelligence exceptionnelle et d'une perspicacité qui faisait l'admiration de ses supérieurs. C'était un malin gascon ( excusez le pléonasme)... Mais, revenons à l'essentiel.
La tête appartenait à un chercheur de champignons car on trouva, à côté de la souche un panier plein de trompettes de la mort.
Voilà qui était prémonitoire, pensa le commissaire.
Un indice, peut-être, qu'il nota sur son carnet.
La photo qui parut dans la presse permit une identification assez rapide du décapité. Une dame en état de presbytie avancée et mal corrigée, crut reconnaître son mari lequel avait quitté le domicile conjugal depuis de nombreuses années. Mais ce n'était pas lui.
trompette.jpgCelle qui vint dans le bureau du commissaire le lendemain était plus crédible et fort agréable à regarder: elle fit une description très précise du visage de Ferdinand son époux qui en effet était parti cueillir des champignons trois jours avant et, bien sûr, n'était pas revenu à la maison...Magret lui demanda force détails pas très utiles à priori. Mais, l'enquête avançait… d’ailleurs nous la laisserons avancer tout au long de cette semaine qui s’annonce froide comme vous le savez. Nous ne sommes pas pressés. Peut-être cette affaire sera-t-elle élucidée avant les prochaines fêtes…

* Gabarret est une bourgade landaise où Roro passa une partie de son enfance studieuse puisqu'elle y obtint son certif, première du canton, ce qui n'était pas rien à cette époque lointaine.

03.12.2009

le noyé du pont de la Treille "fin"

   commissaire Magret.jpg  Voilà Robert, c’est tout ce que je sais. Le curé, d’après le toubib, est mort d’un infarctus. Les déclarations, pardon, les confessions de la dame, une de ses plus fidèles paroissiennes, ont provoqué sûrement sa mort.
- Peut-être Magret, peut-être, mais... quelles confessions?

Magret et le juge Robert Val partageaient une amitié sincère depuis leur scolarité au lycée d’Auch. Ils aimaient travailler ensemble et leurs rencontres fréquentes en tête à tête dans le bureau du juge, comme ce soir, leur permettait de faire avancer bon nombre de dossiers délicats... comme cette affaire du pont de la Treille où on avait trouvé le noyé supposé assassiné.
tour d'armagnac.jpg- Toujours fameux ton vieil armagnac de chez Sempé... Je soupçonne ce Fausto, le mari de Sylvia, d’être un espion pour le compte du Vatican. C’est certainement lui qui s’est introduit récemment dans la Tour d’Armagnac afin d’y dérober des documents compromettants pour le Saint Siège. Car il s’en est passé des choses, autrefois, dans cette ancienne prison épiscopale!. Et ce mot retrouvé dans une des  poches du mort disant que « les voies du seigneur ne sont plus impénétrables »  serait-il une avancée vers des vérités pas jolies jolies à révéler au grand public ?
- Cette affaire, Magret, dépasse largement nos compétences. Nous devrions laisser ce dossier aux bons soins des services secrets.
- Tu as raison, Robert. Tu permets?... Allo, allo... *Toulouse 0031? Ici Magret…Bonsoir... Comment vas-tu?... J’ai une affaire pour toi... Non, ce n’est pas urgent... bla bla bla...
Et voilà. Le commissaire Magret va pouvoir prendre , enfin, un peu de repos.

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Je devine la déception, le désarroi peut-être de mes nombreux lecteurs : toute une semaine d’enquête pour en arriver à cette soi-disant conclusion, à cette fin « e n jus de boudin » ! Mais je ne pouvais tout de même pas inventer !

«  La vérité est dans l’imaginaire » disait Ionesco.

Je vous laisse donc le soin de conclure à votre façon et selon vos convictions philosophiques, religieuses...

02.12.2009

le noyé du pont de la treille ( suite)

commissaire Magret.jpgLe commissaire Magret traversa la place en empruntant les passages pour piétons sans perdre de vue la dame en rose qui se faufilait entre les voitures et se dirigeait d’un pas décidé vers l’entrée de la cathédrale Sainte Marie…
- Tiens, tiens ..., pensa-t-il machinalement.
Elle entra sans hésiter dans l’édifice. Magret attendit un peu puis il s’introduisit à son tour, fit quelques pas feutrés vers la verrière dite du
purgatoire ( celle où on voit que le péché est entré dans le monde, hélas; mais à qui la faute?) et resta immobile dans la pénombre.
Sylvia... ( elle se prénomme ainsi, vous ne le saviez pas et moi non plus jusqu’à cet instant précis), donc Sylvia s’était agenouillée tout à fait devant et semblait prier ce qui n’était pas suspect à priori étant donné le lieu. Un curé apparut, venant, je suppose, de la sacristie. Il fit un petit signe à la dame en rose qui le suivit jusqu’à un confessionnal.
- Tiens, tiens..., se dit de nouveau Magret. Aurait-elle quelque chose à déclarer?
Il aurait du penser « à confesser » mais il était professionnel jusque dans ses pensées les plus intimes.
Il se glissa sans bruit jusqu’à un pilier qui se trouvait fort à propos à proximité du confessionnal. Il retint son souffle pour écouter. Je devine déjà votre indignation, je la comprends même mais si vous contestez cette façon de procéder mon histoire est fichue ( ça n’est déjà pas facile!).
Je vous rassure; il n’entendit que des chuchotements et, tout à coup:
- Mon Dieu... Est-ce possible... Oh!
...et comme un bruit de chute dans le confessionnal!
Sylvia en sortit précipitamment, passa pas très loin du commissaire sans le remarquer et sortit dare dare de la cathédrale.
Magret attendit un peu: le prêtre n’apparaissant pas, il alla prestement ouvrir la porte du confessionnal. Une masse sombre vint heurter ses jambes: l’homme était manifestement occis!....

( la suite, plus tard)

Pour visiter la cathédrale:

http://gersicotation.canalblog.com/archives/2008/05/31/93...

 

01.12.2009

le noyé du pont de la Treille... suite

Laissons le commissaire Magret en pleine action de filature de la dame en rose, filature assez agréable ma foi ( nous allons atteindre bientôt la magnifique cathédrale d'Auch)... Au point où nous en sommes, une pause chez une amie gersoise s'impose: celà permettra au lecteur assidu de répèrer les lieux de l'action pendant que le narrateur prépare ses instruments pour une nouvelle répétition. Impossible cette semaine  de rendre visite aux amis ... pas le temps!

http://gersicotation.canalblog.com/archives/2009/07/09/14...

 

30.11.2009

le noyé du pont de la Treille (suite)

magret.jpgCe lundi après-midi, le commissaire Magret décida de s'offrir un peu de repos après son escapade dans le pays basque. Nos amis communs en résidence à Anglet l’avaient, comme chaque fois, reçu de fort belle manière: les repas de Maïté accompagnés des vins de la cave de Raymond nécessitent, au retour, une période de diète permettant à l’organisme de se refaire une santé. Il avait donc, ce lundi, frugalement déjeuné ( ici, en Gascogne, on dit le diner à midi mais comme j'écris pour un vaste public, j'utilise le mot adéquat afin que tout le monde comprenne...), donc, il avait frugalement déjeuné d'un confit de canard arrosé d'un ballon de madiran et d'une portion de fromage de chèvre de la ferme Lou Caoubé située à Pimpous, village gascon de moyenne altitude. Il s'était installé au soleil, sur un banc des Allées Mégret d'Etigny, son illustre ancêtre, disait-il, mais sans en apporter la moindre preuve…
Il avait ouvert la Dépêche du Midi à la page des faits divers, sa préférée, et son intérêt s'était porté sur un court article disant à peu près ceci:
- On n'a toujours pas tiré au clair cette affaire de noyé-assassiné ou d'assassiné- noyé ( Magret apprécia la nuance) retrouvé sous le pont de la Treille il y a quelques jours. L'enquête, pourtant confiée à l'illustre Commissaire Magret, piétine.
- Je voudrais les y voir, ne put s'empêcher de grommeler l'illustre!

( A ce point de l'histoire, il est utile de vous reporter à ma note plus ou moins précédente, rubrique Magret, sinon vous courez le risque de ne rien comprendre à ce qui va suivre).
Il leva les yeux de son canard au moment où passait à deux ou trois mètres devant lui, assez légèrement vêtue pour cette fin de mois de novembre d’une robe de percaline rose qu’une délicate brise pyrénéenne soulevait par trop courts moments juste au-dessus des genoux, une très séduisante brune qui paraissait très préoccupée; d’ailleurs elle ne prêta aucune attention au commissaire qui pourtant la dévisageait avec beaucoup d'insistance.
- Tiens, tiens …la dame du 99 de la rue de la pousterle des Houmettous. Elle porte gracieusement le deuil de son mari! Et, diou biban, quel parfum! Magret avait un flair extraordinaire.

Quand elle fut passée, il plia son journal, le glissa dans une poche de sa gabardine beige, remit son béret d'une main preste en le calant d'abord à l'arrière du crâne, puis il tira le feutre noir vers l'avant et le pinça entre le pouce et l'index pour faire comme une pointe. C'était sa façon à lui de porter ce couvre-chef qu'il préférait aux chapeaux des policiers parisiens qu'on voit au cinéma. Il était gascon et fier de l'être, tout en conservant une certaine modestie qu'appréciaient tant ses supérieurs que ses subalternes. Voilà qui méritait d'être dit même si c'est assez inutile...
Il entreprit donc de "filer" la belle qui descendait déjà prestement les marches des allées vers la place de la Libération.

( la suite ... un jour prochain)

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