12.03.2010

est-ce grave?

img_Ecole-maternelle--Menilmontant--1948_Willy-RONIS_.jpgC’est la question que je me pose aujourd’hui. Figurez-vous qu’il m’arrive parfois d’inverser, de lémanger mélanger même, les lettres d’un mot … comme je viens de le faire à l’instant. Comme je pate sur mon clavier avec le majeur de la main gauche et l’index de la amin (excusez-moi) main droite, une vieille habitude dont je n’ai pas nevie de me défaire car on ne sait jamais quel traumatisme cela pourrait provoquer dans mon crâne déjà fatigué ( le « déjà » est peut-être de trop).

Je me suis inquiété (mettez-vous à ma place): quel est le doigt indiscipliné, quel est celui qui veut aller plus vite que l‘autre? Ou bien celui qui va trop lentement? Si je découvre le coupable, je ne le couperai pas certse car j’ai besoin de tous mes doigts pour jouir jouer ( voilà qu’un doigt s’est trompé carrément de lettre!) de la clarinette et du saxophone, masi je prendrai des mesures disciplinaires: je ferai appel à un remplaçant. Huit sont sur le banc de touche et n’attendent que mon signal pour crapahuter sur le clavier.

Alors, je surveille et quand je surveille, il ne se passe rien; malins ces doigts!

Je me demande tout de même s’ils sont responsables. Car ils ne font qu‘exécuter. Alors, si c’étaient les mains…ou le CERVEAU! Putaing… le cerveau! Je n’ose envisager cette hypothèse! Roro tente de me rassurer en me disant que mélanger les lettres est peut-être moins grave que les mots, les noms… Tu imagines, dimanche !

Je vous fais écouter un enregistrement de répétition récente; nous chanterons les baladins pour notre concert de début avril. Encore quelques imperfections, mais nous les corrigerons...

Il faut cliquer sur podcast NOIR


podcast

PS ( vous l'interprétez comme vous voulez): la photo est de Ronis. Aucun rapport avec la note mais j'aime.

08.03.2010

l'héritage... suite et fin

....suite de ma note d'hier...

Le lendemain, ils décidèrent de rendre visite au maire afin de lui demander conseil à propos de cet héritage compliqué.
Ce maire était aussi directeur de l'école publique donc capable de résoudre les problèmes les plus ardus. Je l'ai connu personnellement car nous étions dans la même promotion à l'école normale d'Auch, une promotion particulièrement riche en individus dotés d'une intelligence largement au-dessus de la moyenne. Et le maire de Pimpous était le meilleur en math; pour vous dire son niveau!
Il réfléchit une petite minute puis il leur dit:
vache.jpg"
Allez chez Gaston et demandez-lui qu'il vous prête une de ses vaches; c'est un de vos amis et il le fera avec plaisir. Vous aurez ainsi 18 vaches au lieu de 17 et vous pourrez faire le partage de la façon suivante:
- la moitié pour toi, Pierre ( l'aîné) soit 9 vaches
- le tiers pour toi, Paul ( le second) soit 6 vaches
- le neuvième pour toi, Jacques ( le cadet) soit 2 vaches...
Celà fait bien 17 vaches. Vous rendrez alors la dix-huitième à Gaston."

En Gascogne, les choses les plus compliquées deviennent simples... Un petit séjour dans nos vallons et vous revenez chez vous avec un ou deux points de QI supplémentaires. Garanti...

07.03.2010

l'héritage

Jules, petit paysan de Pimpous, village gascon de moyenne altitude, avait 17 vaches et 3 fils. Sa femme s'était laissé séduire par le tubiste de la Bandas Los Prunos et l’avait quitté sans tambour ni trompette quelques années après son retour des Aurès. Il faut dire que son séjour de deux ans dans ces montagnes lointaines et arides l’avait rendu taciturne, difficile à vivre…

 IMG_2282.JPGJules mourut des suites d'un repas d'ancien combattant d‘Algérie. ( Moi je n'y vais jamais; mes bribes de souvenirs me suffisent)  Il avait laissé un testament olographe qu'on découvrit dans son portefeuille en cuir de chameau acheté à Batna en 1962, au moment de sa libération.

Il léguait la moitié des vaches à l'aîné, le tiers au second, le neuvième au cadet.
Je dois vous dire que la scolarité de Jules s'était arrêtée net au niveau du certificat d'études ; il ne l'avait pas obtenu à cause d'un problème sur les fractions.
Trois enfants se partagent une croustade à l'armagnac de ...grammes. L'aîné en prend la moitié, le second... .etc. Quel poids de croustade ..........?
Jules avait de la mémoire et il trouva malin de rédiger son testament comme l'énoncé du problème en question... sans savoir d’ailleurs quel en serait précisément le résultat. Il avait fait une évaluation « à bisto de nas » ( au pifomètre si vous préférez) et cette répartition lui semblait équitable.
Les fils, qui pourtant avaient le niveau BEPC, furent incapables de trouver la solution. Alors; comment respecter les dernières volontés de leur père?
Comme Jules n'avait laissé aucune consigne particulière, ses obsèques furent religieuses bien qu'il ne soit plus rentré dans une église depuis sa première communion, et nombreux furent ceux qui l'accompagnèrent de la ferme à l'église  et de l'église au cimetière. Tous les anciens d’Algérie de Gascogne et d’ailleurs étaient présents avec le drapeau bien sûr. Le représentant local fit un discours. La tradition était respectée. Les trois fils alignés à côté du portail un tantinet rouillé, eurent droit aux bises mouillées et aux poignées de mains viriles car le gascon, comme chacun le sait, a, outre la souplesse, beaucoup de force dans le poignet ( rappelez-vous d'Artagnan)

 

………………….. demain, suite et fin………………………………..

26.02.2010

parlons perruques

- Il a les cheveux un peu trop longs  ce Lefebvre, m’ a dit Roro un soir de cette semaine en me regardant avec insistance!

Je somnolais devant le poste de télé mais je compris le message: je devais incessamment penser à une séance de coiffure car depuis la fin de cet automne, ça a poussé drôlement! Et je n’ai aucune excuse car la température s’est radoucie. Et, surtout, je ne veux en aucun cas être comparé à l’individu précédemment cité même sur le plan uniquement capillaire.

Je n’irai pas jusqu’au crâne rasé même si c’est la mode bien commode pour ceux qui perdent abondamment leurs cheveux par exemple et ne sont pas tentés par le port d’une perruque.

A ce propos, je lisais dernièrement que s’est réuni quelque part, je ne sais plus où, un congrès des spécialistes en prothèses capillaires. Un point de l’ordre du jour a fait l’objet d’un débat animé: va-t-on vers la disparition de la familière moumoute?

Celle-ci présente en effet un inconvénient: on soupçonne, à la longue, l’artifice, on devine le subterfuge, on se gausse parfois. Tu achètes ta prothèse aujourd’hui, si tu l’entretiens convenablement ce qui est souhaitable, dans 20 ans elle sera identique. C’est louche. Ta voisine de palier, ta collaboratrice, ta boulangère… ne sont pas dupes!

L’idée nouvelle ( et assez révolutionnaire) serait de proposer des perruques qui vieilliraient, raisonnablement certes, mais qui blanchiraient progressivement et se dégarniraient au fil des ans. L’étude est bien avancée.

Voilà qui pourrait relancer un marché en difficulté; comme d‘autres paraît-il..

séance coiff 4.jpg

 

 

 

 

 

Courage Antoine... après toi, c'est mon tour!

18.02.2010

mini...

Après avoir galamment salué notre jeune prof d'anglais, Monsieur F….., l’inspecteur, alla s'asseoir au fond de la classe comme il avait l'habitude de le faire pour mieux suivre le déroulement de la leçon. Il se trouva donc à côté de Toto ( tous les cancres s'appellent ainsi dans les histoires, même en Gascogne), près du radiateur évidemment.
Melle P....... était fort plaisante à regarder et c'est toujours avec beaucoup d’attention et d'émotion que nous suivions le moindre de ses mouvements surtout depuis que la mode des mini-jupes avait réussi à pénétrer dans les collèges et lycées. Nous vivions juste l'après mai 68. L'information et l'éducation sexuelles n'étaient pas encore inscrites dans les programmes scolaires et toutes les occasions étaient les bienvenues pour étancher notre soif d'apprendre. Ainsi, quand notre prof écrivait au tableau, tout en haut pour commencer, en s'étirant un peu, juste ce qu'il fallait, un grand silence s'installait dans la classe.
Un peu troublée par la présence du monsieur, elle commença sa leçon. Elle se leva, nous tourna le dos et, sur la pointe des pieds, elle écrivit une courte phrase en anglais, trop courte à notre goût. Quelques stylos et crayons tombèrent, récupérés sans hâte excessive par leur propriétaire.
IMG_2253.JPGElle se retourna et interrompant brutalement ce moment de recueillement, demanda:

" Qui peut me traduire cette phrase?..."

Suivirent quelques secondes d'hésitation. A la surprise générale, Toto leva le doigt. Habituellement, il ne faisait ce geste que pour solliciter la permission de se rendre au cabinet ( en ce temps là, on désignait ainsi l'endroit propice pour s'isoler). Notre prof hésita. Mettez vous à sa place: elle redoutait sans doute une de ces âneries dont Toto avait le secret. Finalement, personne d'autre ne se manifestant, elle lui dit, à contre-coeur:
" Je t'écoute..."
Toto, d'une voix assurée:
" Quel beau cul!" ( je vous dis ce que tout le monde a entendu, un point c'est tout)
Elle rougit et, très en colère, elle pria le malpoli de quitter la classe sur le champ et de se rendre chez le surveillant général.
Toto fourra ses affaires pêle-mêle dans son cartable et, l'air renfrogné, il se tourna vers l'inspecteur et lui dit :
" Quand on ne sait pas, on ne souffle pas! »                     
...et il sortit la tête haute.


Cette histoire est presque du vécu...à part la fin, que vous connaissiez peut-être!

…………………………………………………......................................

J’ai lu ici ou là, je ne sais plus où, que, si on interdisait le port des jupes courtes, des jeans, des baskets… dans l’éducation nationale, nous ne serions pas tombés si bas. Parler d’absence de moyens, de suppressions de postes est franchement ridicule; le gouvernement a bon dos et les syndicats d’enseignants totalement irresponsables. J’avoue avoir un peu honte de mon fils, professeur à Saintes, dont la tenue vestimentaire ne peut que nuire à son autorité. Toutefois, je n’ose pas le lui dire…

(C’était pour rire… jaune)

 

16.02.2010

en passant...


podcast

Cliquer sur podcast noir, pas sur le vert.

Cette journée est encore trop chargée et, diverses activités, essentiellement musicales, ne me permettent pas l'écriture d'une note digne d'être publiée dans ce blog. Entre la direction de chant choral cet après-midi et la répétition du quartet ce soir, je garde un peu de temps pour lire les dernières nouvelles toujours aussi catastrophiques et mon repas du soir,désormais frugal, de septuagénaire. J'ai enregistré récemment une répétition et vous livre notre nouvelle version de la Seine ou de la Marne si vous préférez; moi, ça m'est égal.

http://laissezjazzer.blog50.com/archive/2009/09/04/marne-...

11.01.2010

eden...

medium_Henri_baby_2 ailes.JPG

Un jour, Dieu décida de créer, quelque part sur la terre, un nouveau pays, une sorte de jardin d'Eden mais en plus grand et en plus beau encore. L’ange Riton ( c'est ainsi qu'on le surnommait dans le milieu) était un familier de Dieu. Quand, assis à la pointe d’un cirrus, il survola le pays en question, il applaudit avec enthousiasme en entrechoquant ses larges ailes blanches déployées et comme il était un peu fayot, il leva la tête et s’exclama:
- Putaing, Chef, que c’est beau, que c’est beau!
Car Riton était originaire de Pimpous, village gascon de moyenne altitude.
Dieu ( à cette époque il n’y en avait qu’un pour tout le monde, c’était plus pratique) répondit;
-
Ange Riton, tu as raison. Voilà à coup sûr le plus beau pays que j’aie créé jusqu’à ce jour. Regarde ces arbres couverts de fruits, ces oiseaux, ces fleurs, ces sources... C’est vraiment une réussite, je suis fier de mon travail.
Puis il ajouta, soucieux tout à coup:
- Je ne sais pas si je n’ajouterais pas aussi des hommes?
Ce qu’il fit... hélas.
Les hommes, très vite, se disputèrent pour ceci pour cela, se firent la guerre, une très longue guerre, très meurtrière, il y eut d’innombrables victimes plus ou moins innocentes… Alors Dieu, très en colère, envoya le virus de la grippe porcine qui décima illico les survivants.

Et c’est bien fait!

PS.  Ce matin, réalisant combien est effrayante la conclusion de cette note, je modère le propos et le rectifie de la sorte:

Dieu, très en colète, envoya le virus d'une grippe dite sélective ( virus mutant)  qui décima tous les méchants.

 

02.01.2010

un trou dans ma chaussette


podcast

Il y a trois ans, précisément, j’entrai timidement dans notre bloguerie. Après une première note de présentation ( politesse oblige), je rendis un petit hommage à Pierre Louki qui venait de mourir. J’écrivais:

Il est rangé sur une étagère, à côté de Georges Brassens, son ami intime. Il occupe moins de place, certes. Il vient de mourir, aussi discrètement qu’il a vécu. Rien dans les médias. C’est vrai qu’avec ces fêtes…

J’ai, depuis, proposé de temps en temps l’écoute de certaines de ses chansons. J’en ai même chanté! Bref…

chaussette trouée+.JPGCe matin, je m’apprête pour notre marche quotidienne au bord du canal. Je sors du tiroir une paire de chaussettes et, misère:

- COMMENT ! UNE CHAUSSETTE TROUEE!

Roro accours.

- Pourquoi criez-vous de la sorte, mon ami. Prenez-en une autre paire, ça n’est pas ce qui manque…

Et hop… la chaussette, à la poubelle!

Je suis sidéré! Copenhagen n’aura donc servi à rien! On jette, on consomme, on ne répare plus, on ne reprise plus… Quelle société!

- Du temps de maman Aline, lui dis-je…

Mais Roro m’attendait déjà au bord du canal.

Avant d’entreprendre avec Roro une discussion sur ce sujet, je voudrais savoir, s’il vous plaît: reprisez-vous les chaussettes? Sinon, pourquoi? ( j’espère des réponses franches)

van gogh femme reprisant un bas.jpg

 

 

 

23.12.2009

encore un rêve...

adichats.jpgIl arrive que l’enfer et le paradis se confondent; je suis navré de l’apprendre à ceux qui croient encore. Je vais, en deux mots, vous apporter la preuve de mon affirmation.

Cette nuit, je rêvai que j’étais au ciel, à un endroit indéterminé, non identifiable en tout cas. J’y rencontrai un ancien copain qui avait fait le voyage avant moi, un vieux, très vieux copain, un type bien, qui n‘avait, de son vivant, que des qualités... Bref, comme on dit, un type méritant.

Sur ses genoux, ô surprise, une femme ravissante, mais ravissante…!

Attendri de les voir ainsi, je ne pus m’empêcher de leur dire:

- Quelle chance vous avez!

- Moi oui…dit le copain

- Mais, pourquoi dis-tu « moi oui »?

- Parce qu’elle est ma récompense…

- D’accord, mais pourquoi « moi oui », insistai-je ?

- Parce que je suis sa pénitence.

 

( dessin de Duverdier)

10.12.2009

mélancolie

Dans la salle d'attente d’un psychiatre renommé, à honoraires libres, deux hommes attendaient, la tête baissée, sans mot dire. Le médecin appela le premier, le plus âgé et le fit rentrer dans son cabinet.
Grock_1a.jpgL'homme lui dit qu'il était continuellement triste, que rien ne l'attirait et que cela se communiquait à son entourage, parents, amis et qu'il en souffrait beaucoup...
- Avez-vous essayé de voyager? demanda l'éminent toubib.
- Je n'arrête pas, figurez-vous. Je suis toujours dans un train, un avion...
- Bon... Voyons. Vous devriez vous intéresser à quelque chose... Cherchons. Tiens! Une idée: et si vous alliez au cirque?
- Au cirque???
- Oui. Justement l'un d'eux, très réputé, vient de s'installer dans la ville et donne une représentation ce soir même. Vous devriez y aller car le clou du spectacle est le clown Grock dont vous avez sans doute entendu parler. Il paraît qu'il est très drôle. Voilà qui vous détendrait!
- C'est impossible
, dit l'homme triste.
- Et pourquoi donc?

- Je suis Grock... Lequel paya et sortit sans mot dire

Le médecin fit entrer le second patient. Ce dernier lui avoua qu'il souffrait de mélancolie chronique, que rien ne l'intéressait, qu'il avait en quelque sorte le blues, qu'il faisait des cauchemars, que......etc.
- Il vous faut bouger, vous divertir...
- Je ne fais que ça, figurez-vous.
- Bon; j'allais vous recommander le cirque mais... aimez-vous plutôt la musique?
- Oui...
- Le jazz, peut-être?
- Ah oui, le jazz est ma musique préférée!

- Et bien voilà! Allez donc ce soir écouter le sextet AllMoods de passage dans notre ville. Le saxophoniste est fameux paraît-il!
- Cela ne servira à rien
, dit l'homme triste.
- Et pourquoi donc?
- Je suis le saxophoniste.

Voici un morceau que nous avions enregistré en répétition, je souffle dans un ténor et l'excellent trompettiste n'est autre que Dédé. Michel "Basie" introduit le morceau...


podcast



 

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