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27/11/2014

quand j'étais marinier...

Une petite page d'histoire locale...

medium_marinier_souriant.2.jpg Au temps où Garonne* était plus ou moins navigable ( notre fleuve, désormais assagi, fut en effet très capricieux) , Boé avait un port actif et, bien entendu, des mariniers. Il fallait à ceux-ci beaucoup de courage pour affronter, entre Agen et Bordeaux, un certain nombre de difficultés et diriger leur gabarre chargée de vin, céréales, passagers même...dans les courants et tourbillons sur plus de 120 kms. Comme celui de la photo, ils portaient sur leur front une mâle assurance et en avaient grand besoin. La boétienne, femme du marinier, vivait des moments atroces en période de crue car le danger était grand lors de passages incertains sous les ponts et quelquefois entre les arbres, dans les prés, afin d'éviter un courant trop violent. Si j'avais le temps, je vous en raconterais des histoires sur ces intrépides navigateurs! Mais ça n'est pas la peine car vous ne me croiriez pas.
L'homme de la photo a appartenu à la première Confrérie des Mariniers de Boé. Il avait l'avantage de porter, lors de certaines cérémonies appelées "intronisations", un costume qui lui seyait parfaitement et mettait en valeur ses mollets d'ancien coureur à pieds ( je vous rappelle qu'il avait été champion junior du 80m dans le Gers...il y a pas mal de temps déjà!). Après avoir enfilé en douce un fin caleçon blanc, une chemise blanche avec jabot et manchettes bouffantes, il se culottait avantageusement, enserrait son vaste thorax dans un petit gilet bleu et se drapait d'une cape verte du plus bel effet qui tenait sur ses robustes épaules, tant bien que mal, au moyen d'une cordelette. Les chaussures noires étaient ornées d'une boucle sur le dessus. Il était coiffé d'un admirable chapeau aux origines indéfinies, création originale d'une artiste locale.
On l'avait promu troubadour car il jouait de la clarinette et soulignait avec justesse et à propos les interventions du Grand Maître et autre Chancelier; il avait en cela beaucoup de mérite car cet instrument est, moins que le trompette ou le cor de chasse, adapté à ce genre de cérémonie.
medium_les_mariniers_de_Boé.2.jpg
Voici donc la première confrérie. Le troubatour ( à gauche sur la photo) a abandonné car il n'avait pas la vocation; encore une erreur d'orientation. Mais il est fier, tout en restant modeste quand même comme on dit dans notre Gascogne, d'avoir été marinier pendant quelques années.
* ici, on dit "à garonne "; j'ai déjà expliqué pourquoi.

09/08/2014

le Médium Jazz Quintet...et plus

médium jazz quintet



podcast

Mon cher Michel,

                                               Je viens de retrouver cet article de notre journal local, le Petit Bleu de l'Agenais, article vieux d'une presque trentaine d'années! J'espère que tu te reconnaitras sur cette photo ( tu n'as pas beaucoup changé tu sais) : tu y es tout sourire, sans doute parce que mon chenapan de fiston te  raconte quelque faribole? Quant à moi, j'avais pris de la hauteur, assis en équilibre sur une branche, position instable autant qu'inconfortable que j'éviterais d'adopter désormais ...car le risque serait grand pour ma clarinette!

                                             En ce temps-là nous affectionnions particulièrement le jazz des années 30/40, le middle jazz et tu étais notre Count Basie même si, physiquement, la ressemblance n'était pas évidente. Nous avons souvent partagé de bien agréables moments musicaux. Et, comme tu t'appelles Michel Lebbe, presque comme l'autre comique, j'imaginais parfois, quelques quiproquos que je jugeais particulièrement amusants! Te rappelles-tu l'émoi du couple de restaurateurs chez qui nous devions animer le repas quand madame Lebbe, ta douce épouse, a téléphoné pour réserver une table ( ils ignoraient ton nom évidemment!). Quel accueil! Et quelle fut la perplexité de nos hôtes quand elle est venue nous embrasser! Je ne sais plus comment cela s'est terminé. Te rappelles-tu aussi...Non, cette note est suffisamment longue! Il est temps de conclure. J'ai trouvé un enregistrement de répétition* où on peut admirer tes qualités pianistiques sur un air qui semble convenir à la présente note, je le copie et je conclus en t'adressant, ainsi qu'à ton épouse, mes pensées les plus amicales.

*de concert, finalement!

                                       

 

19/07/2014

ma borne 103

Bonsoir Annie,

borne  103 rafraîchie.JPGHier matin, tu m'as fait un grand plaisir en accompagnant ma promenade ( je n'ose plus dire " ma marche" !) plus ou moins quotidienne d'une petite heure sur la piste qui longe le canal. Encore merci. Nous avons devisé fort agréablement sur divers sujets et avons échangé nos goûts littéraires. J'espère que tu prendras du plaisir à la lecture des chroniques d'Alexandre Vialatte que je t'ai confiées!  Nous aurons, je l'espère, l'occasion d'en reparler.

Nous sommes partis, bien entendu, de la fameuse borne 103 qui se trouve près de chez moi. J'ai oublié de te la montrer et, finalement, ne le regrette pas! Récemment, "on" a cru bon de la repeindre ( en blanc, heureusement!) ce qui, à mon avis, n'était pas nécessaire. Je la préférais avec sa patine acquise au fil du temps, patine témoignant de sa longévité. Placée à cet endroit il y a 150 ans et plus, elle a résisté aux assauts de divers gros engins alors que la plupart de ses soeurs ont disparu ou sont dans un état d'extrême décrépitude. Elle est inutile depuis fort longtemps, je te l'accorde. Mais je crois qu'on lui doit du respect. Oui, du respect...Or, j'ai constaté qu'on l'avait, il y a peu de temps, malheureusement bousculée, en tondant sons doute. Elle penche désormais! Je suis inquiet pour son avenir.

                                               Tu m'as gentiment conseillé d'essayer de reprendre mes petites chroniques. Voilà, c'est chose faite. Je n'ai pas choisi sans doute un sujet de la plus haute importance comme dirait le grand Alexandre! Une prochaine fois, peut-être.

                                               A bientôt donc. Je t'embrasse.

Amitiés à ton époux.

 

 

 

28/05/2013

intermède tropical...


Cette année, notre quartet a été sollicité, gentiment, pour l'interprétation de quelques intermèdes s'inscrivant dans le thème choisi pour notre spectacle: "coup de soleil". C'est donc fort à propos, nous avait-il semblé, que nous avions choisi, entre autres morceaux, ce tropical moon dont je propose la vidéo. Certains, qui maîtrisent parfaitement la langue anglaise , contesteront ce choix, je le devine. Je réponds à ces malotrus que, si je n'avais pas annoncé le titre, personne n'aurait chicané car cet air est peu connu et l'éclairage proposé par Jean-Louis qui n'était pas au courant ("éclairage...courant", astuce involontaire!) n'a franchement rien de lunaire, même sous les tropiques.

Pendant ce temps, les choristes se reposent dans les coulisses et daignent, enfin, nous rejoindre, sans se presser et dans le désordre, finissant de s'installer avant le solo de Roger, le guitariste souriant de la photo ci-dessous ( si vous croisez un jour un homme souriant, phénomène rarissime ces temps-ci, c'est Roger). Je m'engage, à la fin du morceau, dans une fausse tentative de séduction, la dame m'ayant informé au cours d'une répétition que son admiration serait feinte, qu'elle jouerait un rôle de composition, ni plus, ni moins...  

Je dois vous présenter les autres musiciens:

Le guitariste de gauche s'appelle René. Je le connais depuis peu et c'est dommage. Le bassiste au chapeau s'appelle Thierry. Je le fréquente depuis fort longtemps et ne le regrette pas. Roger sortait tout juste de l'adolescence quand nous fîmes connaissance...il souriait déjà. Armelle, une de nos plus talentueuses chanteuses ( c'est peu dire!) avait accepté, après une formation accélérée, le rôle ingrat de percussionniste. Bravo Armelle, désormais tu es des nôtres!

 

orch 5.JPG




 

18/03/2013

complexe de la truite


podcast

Le complexe de la truite , musique de Schubert, paroles de...Francis Blanche, chanté en concert par Boé si Boé la.

Il y a longtemps, trop longtemps, que je n'ai pas acheté mon permis de pêche. Pourtant, je fus un passionné de ce loisir pendant de nombreuses années. J'avais "le virus" comme disait mon grand ami Gaston qui fut mon professeur et grâce à qui je réussis parfois à ferrer et sortir de l'eau Ma truite de la matinée, alors qu'il en avait déjà cinq ou six, et des belles, dans son panier! Mais voilà: Gaston est mort et je ne suis plus motivé...

Numériser0008.jpgBeaucoup de pescofis, comme moi sans doute, ont vécu ces nuits sans sommeil, ces nuits agitées, ces nuits d'excitation... précédant le départ très matinal, nocturne même, afin d'arriver parmi les premiers au bord du ruisseau. Des histoires de pêcheurs je pourrais en raconter, croyez-moi! Des vraies...ou presque! Tiens, un jour d'ouverture, vers midi, nous étions bredouille. Nous avons tout de même partagé et mangé avec appétit la miche de pain accompagnée du saucisson à l'ail, du jambon du pays, du fromage et bu un peu de Buzet. Ces casse-croûtes champêtres, plus ou moins mérités, s'inscrivent dans une tradition de convivialité incontournable. A la suite de quoi, un peu fatigués, nous décidâmes de rentrer chez nous. Et si nous faisions un détour par la pisciculture de Réaup, proposa Gaston? ( je vous jure que l'idée ne vint pas de moi). Nous demandâmes au propriétaire s'il acceptait que nous pêchions, dans un bassin, deux truites-portion pour chacun, truites qui, évidemment, lui seraient payées. Nous avons, figurez-vous, notre fierté, notre dignité. L'homme accepta. La truite d'élevage a un comportement vorace: elle bondit sur l'appât quand celui-ci se trouve encore bien au-dessus de l'eau! Nous eûmes donc nos truites en un rien de temps! Je ressentis comme une frustration.

Voici pour notre repas de ce soir, dis-je à Roro, en vidant mon panier, avec beaucoup de modestie, dans l'évier de notre cuisine. Elle fut assez surprise, je crois, de mes "exploits" et aussi, de mon attitude. Je lui racontai tout, tardivement...au coin du feu.

Le dessin est de Duverdier.


18/02/2013

chut...

Pour Hélène, Huguette, Nicole et Henri, Michel, Roro...en souvenir de notre amie.

« Vous êtes arrivés à destination » nous dit gentiment la dame du GPS. Ce n’est pas trop tôt, lui répondis-je machinalement car nous avions emprunté, sur ses conseils, des routes de plus en plus étroites, passant de la nationale à la départementale, puis à la vicinale et, enfin, un sentier à travers bois nous conduisit au restaurant «  les Trouilles ».

Je ne vous dirai pas pourquoi nous avions choisi de nous sustenter dans ce lieu fort éloigné de notre domicile car il s’agit d’un secret que je tiens à préserver aussi longtemps que possible. Nous y avons rencontré des gens, c’est tout ce que je peux révéler. Des sujets importants ont été abordés, qui mériteront d’être étudiés plus précisément et plus tard, mais pas trop quand même. Nous avons, je vous donne ma parole, avancé sur un certain nombre de points qui méritaient d’être éclaircis. Mais, chut

hel-ne__et__huguette.JPGChacun donna le mot de passe à l’hôtesse qui put ainsi, sans hésiter, nous installer à la même table. De toute façon, comme par hasard, il n’y avait pas d’autres clients. Nous pûmes ainsi, après les chuchotements de rigueur pendant l’apéritif, élever la voix lorsque nous furent apportés, cérémonieusement, les trois poulets à l’ail que nous avions commandés deux ou trois mois plus tôt.

medium_Photo_003_2+.jpgNous fîmes ainsi la connaissance que je qualifierai sans hésiter d’heureuse, d’un couple dynamique, en excellente santé pour cause de récents ébats journaliers dans la boue d’Amélie-les -Bains pendant trois semaines. Malgré un accent nordique prononcé ( ils nous avouèrent habiter à Châteauroux), nous comprîmes l’essentiel des messages qu’ils nous transmirent fort aimablement.


IMG_2660.JPGLe clou de la rencontre, si je peux m’exprimer ainsi, fut la brillante prestation du troubadour local ( existe-t-il un féminin?) qui improvisa à la clarinette un blues rural et langoureux, une incitation à la danse rapprochée malgré les haleines lourdement chargées d’effluves fortement aillés...


 

IMG_2665 bis.jpg


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11/02/2013

secte de la tomate...

IMG_2489.JPG

L'instrument préféré de Betty ( dans le registre du jazz) était le saxophone ténor. Je lui avais offert un CD de Thierry, mon fils, qui y interprète avec son quartet, le Skylark que voici:
podcast

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Une ancienne note, souvenir de nos rencontres, de ces trop rares moments d'amitié ...

Pour Hélène, pour René.

Ce lundi-là fut un grand jour. C’est à Cahors, en effet, que se réunirent, dans le plus grand secret, quatre blogueurs de Blog 50, en vue de la création de la secte de la tomate.
Pourquoi un lundi vous interrogez-vous fort à propos?
Le lundi est le jour de la lune, astre divin dont on connaît l’influence bienfaisante sur la croissance de la tomate et des légumes en général.
Pourquoi Cahors?
Tout simplement parce que dans cette ville réside la doyenne de notre nouvelle secte, la toujours Belle Hélène.
Notre Grande prêtresse Betty sacrifia avant le repas une tomate généreusement offerte par Roro, deuxième ( et sans doute dernier) fruit d’un pied poussé spontanément dans un pot, sous la véranda. Un vrai symbole. Elle coupa en 6 parts parfaitement égales que les six membres fondateurs savourèrent religieusement.
medium_IMG_2494.JPG
René d’Héraimie, descendu pour l’occasion de sa contrée fort lointaine, établit, pour l’exemple, un chèque du montant de ses stock-options acquis lors de sa mise récente à la retraite. Une sacrée somme, croyez moi!
La cérémonie finie, tous entonnèrent l’hymne que j’avais composé pour la circonstance et dont je vous livre les paroles ( demain, je vous le chanterai...)
Tomate, ô toi divine
Nous vénérons tes appas
Car si la rose à des épines
Toi tomate tu n’en a pas...

A l’aide de nos fourchettes (nous n’avions pas de baguettes sous la main) nous clôturâmes en battant un rapata plant, rapata plant... ponctué par l’exclamation :
de TOMATES !

Sur cette note ancienne, les  nouveaux commentaires sont volontairement fermés.



27/01/2013

première rencontre...

medium_IMG_1653_.jpg

Ce que j'avais écrit en juillet 2008...

Il y avait beaucoup de monde ce soir d'été pour assister au concert de Thomas Dutronc à Montauban...
Deux dames souriantes, élégantes, distinguées même, se présentèrent en même temps que nous à l'entrée du parc. L'une d'elles, la plus jeune me sembla-t-il, fouilla dans son sac afin d'en extraire les billets nécessaires à l'accès du site. Introuvables, les billets.
Après quelques minutes de recherches méticuleuses tout autant qu'infructueuses, la dame décida de vider carrément le contenu de son sac sur le sol. Roro et moi-même fîmes bravement un rempart de nos corps afin d'éviter que la foule n'écrasât un certain nombre d'objets divers autant qu'hétéroclites éparpillés sur le bitume surchauffé cependant que l'autre dame avait entrepris une conversation animée avec le guichetier lui disant qu'elle avait pris à Cahors un train pas du tout climatisé pour assister à ce concert, un train qui s'était arrêté à toutes les gares et qu'elle avait acheté le dernier CD de Thomas qui l'avait emballée (le CD) et que les billets, si on ne les retrouvait pas, il pouvait tout de même vérifier sur son ordi si Betty (elle désigna la dame qui cherchait en vain et commençait à s'énerver) avait bien réservé ...même que son ordi à elle était en panne et qu'elle ne pouvait plus bloguer...etc
medium_Numériser0002.2.jpg
- Les voilà! s'exclama la dame accroupie.
Elle me tendit les précieux billets bleus, remit dare dare tous les objets pêle-mêle dans le sac...
- Vous vous appelez Betty?
- Comment le savez-vous?
- J'ai entendu la dame à côté...
- Votre visage ne m'est pas inconnu, dit-elle en se relevant promptement (elle ne fait pas son âge, pensai-je).
Je répondis:
- On me l'a déjà dit; souvent. Non, je ne suis pas...
Elle ne m'écoutait plus:
- Hélène...viens vite! Monsieur, voulez-vous nous prendre la photo s'il vous plaît...
Elle tendit l'appareil ( qu'elle avait oublié de remettre dans son sac, heureusement) au jeune de l'entrée lequel accepta volontiers ce qui est tout à son avantage car les photos étaient formellement interdites.
Elle me demanda ensuite des autographes sur chacun des billets que je lui avais rendus et qu'elle n'avait pas encore égarés...Je signai "amitiés de Riri"...
- C'est un pseudo? me demanda Betty.
- Oui, fis-je.
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- Ces dames sont charmantes, dis-je plus tard à Roro. Je ne pouvais pas les décevoir tout de même. J'aurais aimé les connaître davantage. Peut-être les reverrons-nous?
- Le monde est petit, répondit Roro.

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Ce fut le début d'une grande amitié, trop courte. Nous avons accompagné Betty samedi dernier au cimetière du Pigeonnier de Ramonville Saint Agne. Elle va nous manquer énormément.

Les commentaires de cette note-souvenir, dédiée à notre courageuse Hélène, sont volontairement fermés.


 
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